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mercredi 8 mars 2017

JUSTICE ET BIENPENSANCE ! PETIT FLORILÈGE !


Avez-vous le droit de critiquer la justice en France ?

À écouter les habitués de la bienpensance, non. 



Et plutôt deux fois qu’une. En effet, le maire de Paris, Anne Hidalgo, considère que la critique de la justice “met en danger les principes républicains”.

Si vous êtes comme moi, vous levez les yeux au ciel dès qu’un homme politique se réclame de “la République” afin de clore n’importe quel débat.

Or, c’est bien ce dont se réclamait le maire de Paris. Elle réagissait à la manifestation organisée par le candidat à la présidentielle, François Fillon.

Dans les bureaux de l’IPJ, nous ne connaissons que trop bien ce type de réactions.

Maître Gilles-William Goldnadel, un de nos experts associés, a dès lors décidé de monter au créneau.

Il dénonce la situation dans cet article sur le site du Figaro.

Avec son éloquence habituelle, il n’y va pas par quatre chemins.

Petit florilège:

“On pourrait donc, en permanence, conspuer, cracher, entarter, gifler, lancer des oeufs durs ou pochés, sur le personnel politique (...) mais il ne serait pas permis de mettre en cause le système juridico-médiatique, lorsqu’on pense qu’il déraille.

“Ainsi, je n’aurais pas le droit de dire que je n’ai aucune confiance dans ces juges tellement aveuglés qu’ils punaisent sur leur mur d’infamie les noms des parents de victimes d’assassinats et leurs adversaires politiques.

Et je n’aurais pas le droit de préciser qu’ils représentent tout de même 25% des magistrats syndiqués et que c’est parmi eux qu’une certaine ministre de la justice a puisé pour placer ses pions aux endroits stratégiques de la chancellerie et des juridictions ?”

Maître Goldnadel parle ici de l’affaire du Mur des Cons, inscrite dans l’ADN du Syndicat de la Magistrature.

Petit retour en arrière. L’histoire commence en avril 2013, lorsqu’une vidéo tournée clandestinement grâce à un téléphone par un journaliste de France 3, est diffusée sur Atlantico.

Sur les images, on y découvre un panneau accroché à l’intérieur des locaux du syndicat de la magistrature. Sur ce panneau, avaient été collés les portraits de dizaines de personnalités.

Vous pouviez y découvrir la plupart des anciens gardes des sceaux, mais également des ministres, un Président de la République, le criminologue Alain Bauer, des magistrats réputés pour être intraitables, des éditorialistes, des journalistes.

Mais il y a encore pire. Sur ce Mur des Cons, se trouvaient aussi les parents de victimes de récidivistes relâchés dans la nature par une justice incompétente.

Ainsi, Philippe Schmitt figurait en bonne place - le père d’Anne-Lorraine Schmitt, assassinée en 2007 dans le RER D par un récidiviste tout juste remis en liberté.

Il expliqua aux journalistes du Figaro:

“Si un juge avait craché sur la tombe de ma fille, cela n’aurait pas été différent.”

Et ira jusqu’à se poser une question légitime: s’agit-il d’un mur ou d’une liste noire ? Qu’y a-t-il derrière ces photos, un fichier sur ces gens qui dérangent les magistrats ?

Et on ne pourrait pas critiquer la neutralité de cette justice ?

Ce n’est pas tout. Car le Syndicat de la Magistrature s’est illustré dès le début comme une officine politique très à gauche.
Prenez les propos d’Oswald Baudot, un des fondateurs de ce groupuscule:

“Soyez partiaux. Ayez un préjugé favorable (...) pour le voleur contre la police.”

Pour eux, vous êtes systématiquement le privilégié. Le délinquant n’est que la victime de la société. Les rôles sont inversés, au nom de la justice sociale.

Mais le pire reste à venir.

Aux dernières élections professionnelles, le Syndicat de la Magistrature a engrangé près d’un quart des voix.

Cela veut dire que vous avez UN RISQUE SUR QUATRE d’être jugé par un juge sous influence politique.

Un risque sur quatre d’être considéré d’office comme un criminel, vous, la victime.

Vous comprendrez maintenant pourquoi l’Institut pour la Justice est constamment affublé de quolibets comme “ultra-droitier”, “très conservateur” ou “très répressif”.

Est-ce la réalité ? Sommes-nous vraiment de vilains “ultra-droitiers”, “conservateurs” et partisans d’une répression sans borne ?

Je vous laisse seul(e) juge. Est-ce être si “méchant” que de dénoncer les dysfonctionnements judiciaires tels que:

… les errements de la légitime défense à la française, qui empêchent les forces de l’ordre de répliquer aux menaces ?

… la conception “marxisante” selon laquelle le squatteur doit être protégé contre un vil propriétaire capitaliste, qui s’avère bien souvent être une personne âgée à l’hôpital ?

… les résultats prévisibles - ou plutôt, l’absence de résultats - des centres de déradicalisation ?

… l’inefficace réinsertion des détenus, rendue difficile par l’impossibilité de travailler en prison ?

Alors, est-ce être si vilain que de dénoncer de pareilles choses ?

Pour toutes ces raisons, nous sommes la “tête de Turc” des médias et de la justice politisée. Il faut le voir pour le croire.

Parfois, les attaques envers nos sympathisants sont si violentes qu’elles méritent des poursuites.

Rappelez-vous du mur des cons, où notre délégué général avait été épinglé aux côtés de ceux qui dénoncent la politisation de la justice… ou encore de Maître Eolas, qui usa et abusa d’insultes scatologiques à l’encontre de l’IPJet de ses sympathisants ?

C’est pourquoi j’ai beaucoup apprécié cet article de Maître Gilles-William Goldnadel - et j’espère que vous l’aimerez aussi. 




Je vous invite donc:

(1) à la lire

(2) à le commenter.

Ce second point est très important. C’est votre liberté d’expression qui est en jeu. En effet, il faut que vous montriez que vous aussi, vous défendez le droit à critiquer la justice envers et contre les bien-pensants.

Ce droit n’est pas cosmétique. Il est vital pour la démocratie.

Quand Anne Hidalgo voit toute critique de la justice comme “un acte grave de faillite morale et politique”, j’y vois une nouvelle tentative d’enterrer la liberté d’expression.

Non, Madame Hidalgo, la justice n’est pas blanche comme neige.

Non, tous les juges ne rangent pas leurs convictions politiques au placard avant d’exercer.

C’est pourquoi le travail de l’Institut pour la Justice est si important. Les lanceurs d’alerte sont des piliers de la démocratie.

Vous pouvez nous soutenir de deux manières:

D’abord en lisant cette excellente tribune et en la commentant.

Ensuite, en faisant un don pour nous permettre de continuer le combat. Tout dépend de vous.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel  /  L' Institut pour la Justice 



ET AUSSI





Jean-Yves Le Gallou : « L’autorité judiciaire est en train d’accaparer le pouvoir » 


08/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, n’est pas de ceux qui hurlent avec la meute. 

Il le prouve une fois encore dans l’hebdomadaire Minute en dénonçant la « forfaiture » des juges qui parasitent la campagne présidentielle. 

Au-delà, il aborde la véritable question qui est celle de la censure permanente, par la justice, des décisions du pouvoir politique, au point que les juges s’approprient les pouvoirs exécutif et législatif. Et il en appelle à une limitation de la faculté de censure du Conseil constitutionnel. 


Court extrait de cet entretien de trois pages à découvrir dans le numéro de Minute de cette semaine.
Minute 2812 Fillon Le Gallou 


Minute : François Fillon a parlé d’une entreprise d’« assassinat politique » à son encontre, ce qu’Alain Juppé lui a d’ailleurs reproché. Qu’en pensez-vous ?

Jean-Yves Le Gallou : Il y a évidemment une manœuvre politique derrière l’opération anti-Fillon, qui n’était pas le candidat du système. 
Mais le candidat du système, Alain Juppé, a été démoli par les médias alternatifs et les réseaux sociaux, et les électeurs de la primaire se sont prononcés pour François Fillon parce qu’il leur paraissait représenter un courant plus conservateur sur le plan des valeurs. C’est ce qui a déplu et la campagne de démolition de Fillon a été engagée au lendemain de sa victoire à la primaire et elle a été relayée à l’intérieur des Républicains.
Ceux qui lâchent actuellement Fillon sont les hommes politiques les plus dépendants des médias, qui ne doivent leur petite notoriété qu’à la complaisance des médias à leur égard, laquelle est proportionnelle à leur complaisance vis-à-vis du politiquement correct.

Il semble qu’il y ait une rage du système après le Brexit et après l’élection de Trump. La présidentielle française est marquée par cette volonté du système de prendre sa revanche à tout prix en essayant de faire élire Macron ou, jusqu’à lundi matin, en essayant de remettre en selle Alain Juppé.
Si le second tour oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron, vous verrez comment la machine médiatico-judiciaire va se déchaîner. Avec, probablement, la révélation de nouvelles affaires accompagnées de leurs lots de perquisitions et de mises en examen, et, pourquoi pas, de mises en détention.



Minute : Le débat s’est focalisé un instant sur le pouvoir des juges dans la campagne mais la question de fond n’est-elle pas plutôt celle du pouvoir des juges sur toutes les décisions politiques, dans la mesure où chaque décision ou presque fait l’objet d’un contentieux ? 

Jean-Yves Le Gallou : On peut citer de nombreux exemples. La gestation pour autrui est interdite en France ? Pas grave ! Il se trouvera toujours un juge pour « légaliser » une gestation pour autrui réalisée à l’étranger.
S’il est un domaine sur lequel le rôle du juge est central, c’est celui de l’immigration. Depuis quarante ans, la politique migratoire de la France n’est absolument pas décidée par les élus, ni par les ministres, mais par les juges.
Je vrai prendre un exemple très concret et méconnu. On nous dit que le regroupement familial est la faute majeure de Valéry Giscard d’Estaing. C’est tout à fait injuste. 

S’il est vrai que Giscard, Jacques Chirac étant premier ministre, a instauré le regroupement familial en 1976, il est revenu dessus en 1979, alors que Raymond Barre était à Matignon et Christian Bonnet au ministère de l’Intérieur. 
Or cette décision a été cassée par le Conseil d’Etat, qui a interprété à sa manière la Convention internationale des droits de l’enfant!
Autre exemple : aujourd’hui, 97 % des clandestins ne sont pas expulsés – ils ne sont pas « reconduits à la frontière » –, parce que chaque procédure fait l’objet d’un recours et que les juges trouvent toujours l’élément de procédure qui permet de rendre ce renvoi impossible. C’est du délire judiciaire !
Lorsque le préfet du Pas-de-Calais a voulu démanteler une partie de la « jungle de Calais », des associations, évidemment subventionnées, ont contesté cet arrêté. 
A ce moment-là, on a assisté à cette scène tout à fait surréaliste d’un juge administratif se baladant dans la jungle entouré d’une forêt de micros et de caméras, et prenant une décision qui interdisait la destruction de certains « lieux de vie » (des cabanes appelées mosquées par exemple) ! Là, c’est ce juge qui a exercé le pouvoir exécutif !
De manière générale, ce sont les juges qui exercent le pouvoir législatif puisque toute la législation sur l’immigration est susceptible d’être censurée par le Conseil constitutionnel, qui lui-même interprète à sa manière les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme, qui elle-même a sa lecture politiquement correcte de textes extrêmement généraux.
On est bien loin de Montesquieu et de la séparation des pouvoirs : avec l’appui des médias, l’autorité judiciaire est en train d’accaparer la réalité du pouvoir. 

Et les idiots utiles prétendent qu’il serait interdit de la critiquer.


Extrait de l’entretien publié dans Minute n° 2812 du 8 mars 2017