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vendredi 17 mars 2017

FRONT NATIONAL, HISTOIRE ET IN MEMORIAM !

François Duprat       26 octobre 1940 – 18 mars 1978



duprat 

François Duprat est né le 26 octobre 1940 à Ajaccio.

Dès 1958, il adhère à Jeune nation de Pierre Sidos, puis au Parti nationaliste, dont il devient le responsable pour Bayonne, puis pour tout le sud-ouest, avant d’entrer en khâgne à Paris où il est un des membres fondateurs de la Fédération des étudiants nationalistes. 

Son activité, et les liens qu’on lui prête avec l’OAS, lui valent alors d’être jugé et emprisonné pour « atteinte à la sûreté de l’État ».


En 1964, François Duprat participe à la création d’Occident avant d’être engagé par le gouvernement congolais de Moïse Tschombé et de diriger ses services de propagande jusqu’à sa chute en octobre 1965.

De retour en France, il collabore à Rivarol et devient membre du Bureau politique d’Occident; il coordonne sa propagande et est rédacteur en chef de son organe Occident-Université. 

Cependant, en mars 1967, en désaccord avec la direction du mouvement, il en démissionne. Il travaille alors étroitement avec Maurice Bardèche qui le considère comme son fils spirituel et en fait le rédacteur en chef officieux de Défense de l’Occident.

Il signe en 1967, une contribution à la revue Défense de l’Occident de Maurice Bardèche intitulée « Le mystère des chambres à gaz».


Il crée de nombreuses publications, dont la Revue d’histoire du fascisme .


À une époque où les nationalistes français (de Dominique Venner à Xavier Vallat, en passant par François Brigneau et Lucien Rebatet), sont quasi unanimement en faveur de l’entité sioniste, François Duprat -appuyé par Maurice Bardèche et Pierre Sidos, ainsi que Coston et ploncard d’Assac- insiste sur l’importance de se positionner contre Israël et pour le monde arabe. 

En juillet 1967, il rédige seul un numéro spécial de Défense de l’Occident qui est titré « L’Agression israélienne » et dont l’éditorial se termine ainsi : « À bas les agresseurs impérialistes d’Israël ! La liberté pour la Palestine arabe ! ». 


 Parallèlement, il crée un Rassemblement pour la libération de la Palestine qui entretient des liens avec le Front populaire pour la libération de la Palestine et le Parti social nationaliste syrien.

François Duprat est de l’équipe qui fonde en 1970 le mouvement Ordre nouveau. Il est naturellement membre du BP de celui-ci et tout aussi naturellement, il s’occupe de sa propagande, il crée le « style Ordre nouveau : provocateur, belliqueux, violent ».

C’est Duprat impose la création du Front national en juin 1972, conçu comme un rassemblement électoral devant démultiplier l’influence d’ON.

En décembre 1973, il publie le n° 1 de l’hebdomadaire Les Cahiers européens et en créant les Comités d’union des nationaux qui, en 1974, apportent un soutien important à la première campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen.

En juin, le leader du FN leur adresse un message clair; il y affirme : « La place des nationalistes révolutionnaires est au sein du FN, qui autorise la double appartenance et respecte les choix idéologiques de ses adhérents. » En conséquence, en septembre 1974, Duprat et ses partisans entrent au FN ; dès novembre ce sont eux qui créent Le National, l’organe du parti.


Au sein du FN, Duprat est chargé de la Commission électorale, c’est-à-dire qu’il est responsable des questions stratégiques et propagandistes: en somme, c’est lui qui fait tourner la machine. Pour Alain Rollat (in Les Hommes de l’extrême droite, Calmann-Lévy, 1985.) « François Duprat apparaît comme le véritable numéro deux du parti. 

Il est un remarquable organisateur en même temps que l’éminence grise de Jean-Marie Le Pen.
 Le FN lui doit sa discipline interne. »


En parallèle, François Duprat développe sa tendance. Pour ce faire, en 1976, il crée les Groupes nationalistes révolutionnaires dont l’influence au sein du FN est bientôt importante : Alain Renault – qui est le bras droit de Duprat – devient secrétaire général adjoint du Front et aux législatives de 1978 un tiers des candidats sont issus des GNR.


  Le 18 mars 1978, sur la départementale menant à Caudèbec-en-Caux (Seine-Maritime), une explosion retentit et pulvérise la voiture de François Duprat. 

 Il se rendait au collège où il enseignait l’histoire quand une bombe télécommandée, placée sous le siège du conducteur, explosa. 

Sa femme, Jannine, assise à ses côtés, grièvement blessée, échappera miraculeusement à la mort 
mais restera lourdement handicapée

 
                        

   Jean-Marie Le Pen aux funérailles de François Duprat


    Cet attentat sera immédiatement revendiqué par deux groupes terroristes inconnus des services de police, le « commando du souvenir habiroux » et le « groupe habiroux révolutionnaire ». 

Revendications qui furent rapidement jugées fantaisistes par les enquêteurs. 


Aujourd’hui encore, la vérité sur les commanditaires de cet assassinat n’est jamais sortie du puits et toutes sortes d’hypothèses, souvent contradictoires, ont été avancées: une piste proche-orientale du fait notamment de liens tissés par Duprat avec le parti Baas syrien, une piste barbouzarde puisque le frontiste s’apprêtait à publier un livre intitulé Argent et politique contenant des révélations fracassantes sur le financement des partis politiques de droite. Cet ouvrage n’est finalement jamais paru. 

D’autres y ont vu la main de l’extrême gauche…



Patrice Chairoff avait publié peu avant l’assassinat de Duprat les noms et adresses des publications dirigées par ce dernier, dont l’une se trouvait être aussi son domicile privé, dans son Dossier néo-nazisme, paru aux éditions Ramsay en 1977 et préfacé par Beate Klarsfeld.

ET AUSSI



 TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !

Les amis de François Duprat par Jean Castrillo

 

Voilà vingt-six ans, disparaissait notre camarade François Duprat, lâchement assassiné alors qu’il commençait à donner au Front national une impulsion militante dynamique et révolutionnaire qui faisait de l’ombre aux conservateurs droitiers de l’entourage de Jean-Marie Le Pen.


Je faisais partie, à cette époque, du Comité central du FN, en compagnie de mes camarades Pierre Bousquet et Pierre Pauty et, tout particulièrement en 1978, j’assurais la permanence régulière de la rue de Surène, dans l’immeuble du FN avec Alain Renaud, ami personnel du couple Duprat et, à l’époque, secrétaire-général du mouvement.


C’est dire que je me suis trouvé mêlé aux circonstances de cette tragédie puisque quelques temps après l’attentat survenu sur une route de Normandie, j’allais à Rouen avec mon épouse apporter un peu de réconfort à la compagne de François qui lui avait, certes, survécu mais sortait de cet horrible drame profondément mutilée. 

Je me souviens d’autant plus de toutes les péripéties qui précédèrent le drame que, pour la première fois, je représentais le Front national, en mars 1978, à une élection législative, avec mes camarades de l’équipe nationaliste de Militant.


Notre revue avait, depuis plusieurs mois, sa liberté d’action en dehors du Front national dont elle avait été l’organe officiel et les camarades qui, comme moi, se présentaient sous l’étiquette lepéniste avaient néanmoins payé leur campagne de leurs propres deniers. Nous étions encore au Front national mais mentalement nous étions déjà ailleurs.


Je vais donc, aujourd’hui, vous exprimer mon sentiment personnel devant cette tombe, sentiment qui m’étreignait à l’époque au moment des funérailles.


Jean-Marie Le Pen avait été profondément affecté par ce drame, d’autant plus que, quelques années auparavant, il avait failli sauter dans l’appartement qu’il habitait avec sa famille, villa Poirier à Paris.

Il s’était bien conduit dès l’annonce de l’assassinat et ce fut lui-même qui prit soin des obsèques puis de l’inhumation. 

Mais il régnait alors une atmosphère trouble dans l’entourage du président du Front national, une sorte de gêne qui m’apparut dans le comportement de certains, comme la manifestation d’un lâche soulagement. 
La disparition de François Duprat n’était pas un deuil pour tous car il faisait de l’ombre, une ombre encombrante.


Il faut ajouter à cela qu’au dernier congrès du Front national tenu à Bagnolet, 

Duprat avait tenu la vedette et il s’était établi, ce jour là, une contestation évidente entre les nationalistes plutôt révolutionnaires et les nationaux droitiers plutôt conservateurs.


Je ne dis pas que l’assassinat de François fut l’œuvre du FN, et encore moins celle de son chef, les auteurs de l’attentat, il ne fallait pas les chercher bien loin dans les officines du pouvoir en place, policières et maffieuses à la fois, autant qu’auxiliaires des cellules apatrides.

De toutes manières, François faisait de l’ombre à beaucoup de gens, y compris à certains conseillers de Jean-Marie Le Pen qui ne pouvaient pas « encadrer Duprat » et tenaient les nationalistes pour des gens encombrants.


Pierre Bousquet et moi-même, avions appartenu aux troupes combattantes sur le front de l’Est face au bolchevisme ; c’était évidemment intolérable, bien que la Serp, maison d’édition de disques appartenant à Le Pen, gagna parfaitement sa vie en éditant main disques « subversifs ».


A cela, j’ajouterai qu’en juin 1978, j’échappais de justesse à l’explosion d’une bombe incendiaire sur le palier de l’immeuble de la permanence FN, rue de Surène. 
Elle ne m’était pas particulièrement adressée, mais l’on savait néanmoins que j’étais souvent seul le matin sur les lieux.

Tout cela pour vous dire qu’aujourd’hui, vingt-six ans après les faits, je constate tout simplement que le Front national n’a plus connu de drame semblable dans l’entourage de son président.


Le Front national, quoiqu’on en dise ou quoiqu’on en pense, est resté depuis 1978, un mouvement protestataire et non contestataire. 

Le régime prétend que le FN est « fasciste » parce que cela l’arrange mais il n’en croit rien.

 Il le tolère car il lui sert de repoussoir. 

Duprat savait cela. Duprat en a subi les conséquences.


Pour le régime ? Le Pen : oui, Duprat : non !


Voilà pourquoi nous avons perdu notre camarade et depuis lors, tout comme sœur Anne dans sa tour, nous attendons le « grand jour » nationaliste.

C’est l’espoir qui nous fait toujours vivre.

Voilà pourquoi nous sommes une poignée à témoigner encore aujourd’hui sur cette tombe « parce que tout se paye et que cet assassinat se paiera un jour ».


C’est une certitude, ne soyons donc pas lâches et n’oublions jamais quel est notre devoir.

                                                                 
    Jean Castrillo,        
                                                                       Intervention au cimetière Montmartre le 21 mars 2004.

 

About Jacques Lacroix      http://www.jeune-nation.com/culture/