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dimanche 26 février 2017

LE RETOUR DES " PETITS " COMMERCES ?

Pourquoi les petits commerces vont faire leur grand retour en 2017



La disparition des commerces de proximité n'est pas une fatalité. En fait, depuis peu, ils reviennent en force ! Parce qu'ils répondent de plus en plus à nos besoins.

Depuis combien de temps nous parle-t-on de la disparition des "petits commerces" ? Au moins trente ans. Mon âge. Mais récemment le phénomène a pris une nouvelle direction.

 Paradoxalement, c'est la "grande distribution" qui se met à faire du "petit commerce" ! 

Elle remplace progressivement nos boulangeries, boucheries et boutiques de vêtements par des "magasins de proximité", ces supérettes bien pratiques. 

Ouvertes tard et souvent 7j/7, on y trouve presque tout et surtout des produits plus chers qu'en hyper. En dix ans, leur nombre a bondi de 40% en France et - tenez-vous bien - de 111% à Paris. 

Si les grands groupes veulent tant ressembler aux "petits commerces", ce n'est pas pour rien : ces nouveaux "formats" sont très rentables et correspondent parfaitement aux nouvelles attentes des consommateurs.

Nous n'avons jamais eu autant besoin des petits commerces

La grande distribution nous le montre. Ce qui existe depuis la nuit des temps n'a jamais été autant dans l'air du temps. 
C'est tout le paradoxe de notre époque. Les consommateurs, les habitants, les villes n'en ont jamais eu autant besoin. En fait, le moment est idéal pour lancer ou relancer un "vrai" petit commerce.

Avec la vie moderne et l'omniprésence du numérique, les besoins des consommateurs ont évolué vers non pas plus de numérique mais vers plus de numérique ET de physique. 

On a beau commander de plus en plus sur internet, encore neuf achats sur dix sont réalisés dans des points de vente physiques. Pour l'alimentation, la santé, les vêtements, les achats "plaisir", on préfère encore largement se rendre en boutique.


Pourquoi ? D'abord parce que l'on peut y aller pour voir, toucher, essayer, goûter le produit. Ensuite parce que c'est pratique, dans votre rue, à côté de votre travail, juste en bas de chez vos amis. Le petit commerce indépendant est avant tout un commerce proche de ses clients. Enfin, nous sommes des êtres humains.
Se faire conseiller par un spécialiste dans son domaine (bien souvent le commerçant indépendant est un passionné), c'est non seulement utile mais agréable. Dire bonjour et discuter, ne serait-ce que quelques minutes, cela améliore la vie.

Alors que les scandales alimentaires, sociaux, écologiques, fiscaux... sont désormais connus de tous, les petits commerces indépendants ont de nombreuses cartes à jouer. 

De plus en plus de consommateurs le réalisent.

 La recherche de la qualité, de l'authenticité, du savoir-faire, du local sont des tendances lourdes. Le bio, les produits et services régionaux, les petits producteurs et créateurs ne sont pas des modes, c'est l'avenir. Et il est déjà là.

Sources : étude Bonial-Nielsen sur l'évolution des enseignes de proximité, Fevad, Commerce Magazine.


A propos de Petitscommerces :
Fondée par deux fils de commerçants, Petitscommerces est une start-up attachée au commerce de proximité et à ses valeurs. 

Petitscommerces offre une visibilité de qualité aux commerces de proximité indépendants et les accompagne dans leur digitalisation en développant des solutions numériques adaptées à leurs besoins, simples d’utilisation et financièrement accessibles.

https://www.linkedin.com/pulse 


ET AUSSI




Idée reçue : « Il faut relancer la consommation » Non la relance de l'économie ne passe pas par la relance de la consommation. 

Démonstration. Par Eddie Willers. 

La semaine dernière Jean-Luc Mélenchon a présenté le financement de ses propositions sur Facebook pendant 5h. 

Une bien jolie performance en soi mais qui malheureusement ne m’a guère rassuré quant au budget de ses propositions. 

J’ai notamment halluciné devant ses déclarations sur le fait qu’1€ d’argent public investi allait générer 2 à 3€ pour l’économie (attention c’est le FMI qui l’a dit). Avec des retours sur investissement aussi élevés, notre lider maximo a sans doute loupé une magnifique carrière en fonds d’investissement. 

Le fameux multiplicateur keynésien La recette pour obtenir ces ROI est bien connue : le fameux multiplicateur keynésien. Tout le monde semble encore croire que la relance des dépenses publiques permettra de faire repartir l’économie. Cela a même été validé par un comité d’économistes dans une tribune sur le site de Libération. 

 Or le multiplicateur keynésien, fondement de la relance par la consommation, est certainement la plus grande escroquerie intellectuelle du 20ème siècle. Il serait donc de bon ton d’arrêter de croire qu’il marche. D’où vient ce fameux multiplicateur ? 

Pour Keynes, l’économie se résume à l’équation suivante : Y = C + I où Y est la richesse d’un pays, C la consommation et I l’investissement. C s’exprime de la façon suivante : ci + cY où ci correspond aux dépenses incompressibles qui ne dépendraient pas du revenu (manger, boire, se loger) et c la propension marginale à consommer, soit les autres dépenses qui augmentent lorsque le revenu augmente (sorties, loisirs, vacances etc.). 

 Dès lors si nous travaillons un tout petit peu l’équation au-dessus nous obtenons : Y = (1/(1-c)) * (ci + I) C’est là que nous voyons apparaître notre fameux multiplicateur des dépenses : 1/(1-c). 

Comment fonctionne-t-il ? Imaginons que la propension marginale à consommer soit de 80%. Lorsque l’État dépense 100€, la personne qui reçoit ces 100€ va en économiser 20€ et en dépenser 80€. 

La personne qui reçoit ces 80€ va elle en épargner 16€ et en dépenser 64€ etc. In fine l’accroissement de richesse est donc 1/(1-0,8) soit 500€. Prodigieux, tel Jésus multipliant les pains, l’État est capable de multiplier la richesse. On voit même que plus la propension des gens à consommer est élevée et plus ce multiplicateur est élevé. Tiens, allons au bout de l’exercice, que ce passerait-il si les gens ne souhaitaient plus épargner et consommer tout ce qu’ils ont ? 

u les taux d’inflation actuels au Vénézuela, pays cher au coeur de Jean-Luc Mélanchon, je pense que nous ne devons pas en être loin. Notre multiplicateur serait donc de 1/(1-1). 

Les problèmes commencent. Lorsque les gens ne souhaitent plus consommer, le multiplicateur fait face à une impossibilité mathématique. Nous pourrions arrêter notre analyse ici mais cela ne réfuterait pas l’erreur fondamentale des keynésiens. 

L’erreur fondamentale des keynésiens Ces derniers pensent que les gens échangent des biens et services contre de l’argent. Or il n’en est rien, les gens échangent des biens et services contre d’autres biens et services. 

Dans un article précédent sur la déflation, j’avais décrit le rôle de la monnaie qui n’est qu’un intermédiaire facilitant l’échange de biens et services. Nous considérerons la monnaie comme un pouvoir d’achat généralisé, c’est-à-dire le bien le plus liquide qui permet d’acheter d’autres biens et services. 

Prenons une économie à trois personnes : Alexandre produit des ananas, Basile produit des bonbons et Carole produit des carottes. Alexandre a le choix de consommer sa production pour se nourrir ou alors de l’épargner/de la vendre contre d’autres biens. En épargnant, il permet à d’autres individus d’avoir accès à sa production via l’échange. 

En épargnant, il peut aussi réserver une partie de sa production pour plus tard. Au lieu de passer sa journée dans les champs, il pourra ainsi réfléchir à la façon d’améliorer sa production et donc aura plus de chances de produire plus d’ananas dans le futur. 
Ainsi nous remarquons une première erreur de la réflexion keynésienne, la consommation n’améliore pas le sort des individus. Seule l’épargne peut le faire. 

Encourager la consommation c’est donc retarder la création de richesses. Mais continuons notre petite histoire. Au cours du temps, Basile se rend compte qu’il préfère largement les carottes de Carole aux ananas d’Alexandre. 

Il alloue donc sa production entre sa consommation personnelle et les ventes auprès de Carole. Alexandre aura beau produire 10 fois plus d’ananas, cela ne servira à rien puisque personne ne voudra les lui échanger.

Maintenant, nos trois acteurs se sont rendus compte qu’introduire une monnaie faciliterait les échanges entre eux. Carole échange une carotte contre 1€ et Basile 10 bonbons contre 1€. 

Alexandre lui n’intéresse toujours personne avec sa production d’ananas. C’est alors qu’arrive un quatrième acteur, Étienne, qui décide de force de s’arroger une épargne de 100€ sur son compte alors même qu’il n’a rien produit d’utile pour la société.

 Dans sa grande bonté, il en donne 25€ à Alexandre qui jusqu’à présent n’avait aucun euro sur son compte. En effet, il n’avait rien produit d’utile aux autres membres de la société et n’avait donc jamais pu échanger ses ananas contre des euros. 

Maintenant qu’Alexandre a ses 25€ en poche il veut les dépenser et acheter 25 carottes auprès de Carole. Sauf que Carole en voyant arriver Étienne a été démoralisée. 

Pourquoi s’échiner tous les jours à produire ces carottes que tout le monde aime si un individu peut arriver et décréter qu’il a 100€ d’épargne sans avoir rien produit. 
Carole a donc fortement réduit sa production, si bien qu’elle ne vend plus rien aux autres et garde tout pour elle. Idem pour Basile. Alexandre et ses 25€ ne servent donc toujours à rien car il ne peut pas acheter d’autres biens. 

Moralité, accroître la quantité d’argent en circulation n’améliorera aucunement le niveau de richesse d’un pays. Seule compte la structure de production de biens et services. L’argent sur notre compte ne nous permet d’acheter que ce que les autres ont produit. 

Si Carole ne vend plus ses carottes car elle a tout consommé pour elle, l’argent sur le compte d’Alexandre ne sert à rien.

 La désastreuse intervention de l’État Or l’intervention de l’État pour accroître la consommation n’est pas neutre.

Lorsque l’État investit lui-même, il entraîne un effet d’éviction de l’investissement privé. Je l’ai vu de mes propres yeux l’an passé sur le secteur du capital risque. 

L’État décide d’investir lui-même via la BPI dans plusieurs entreprises alors que le fonds dans lequel je travaille était prêt à le faire. Or un fonds qui n’arrive pas à investir n’a plus qu’à mettre la clé sous la porte car il ne gérera plus de l’argent pour le compte de tiers.

 Cette effet d’éviction est applicable à tous les secteurs où l’État intervient alors que des individus privés pourraient le faire, c’est-à-dire tout sauf le régalien. L’impact n’est pas neutre. 

En intervenant lui-même, l’État force des entreprises à mettre la clé sous la porte, incapables de faire face à un État qui peut vendre à perte puisqu’il se fiche des déficits. L’État modifie donc les structures de production dans le mauvais sens. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la fameuse relance de la consommation se fait grâce à de l’argent public qui lui-même ne peut venir que d’emprunts ou d’impôts. 

En somme il ne peut venir que de la capacité de prédation de l’État sur le contribuable, soit pour prélever l’impôt, soit via annulation de dette ou prélèvement de plus d’impôts dans le cas de l’emprunt. 

Or les individus ne sont pas stupides, lorsqu’ils voient une augmentation des dépenses publiques, ils préfèrent mettre un peu de côté en prévision des augmentations futures. 

L’augmentation des dépenses publiques ne génère donc pas une augmentation de la consommation. Milton Friedman affirmait aussi pour dénoncer le multiplicateur keynésien que les individus réfléchissent selon un revenu moyen sur l’ensemble de leur vie. Ce n’est pas parce que l’État va créditer mon compte de 300€ que je vais les dépenser tout de suite, en particulier si j’ai des projets à long terme, comme l’achat d’une maison.

 Enfin dans le cas d’une économie ouverte où la balance commerciale penche drôlement en faveur des importations (la France par exemple), une relance sert surtout à payer des biens produits à l’étranger et n’a donc aucun impact sur le chômage et la richesse du pays en question. 

Les Keynésiens méconnaissent l’économie Tous ces éléments montrent donc à quel point les keynésiens méconnaissent la façon dont fonctionne l’économie. 

À mon sens, leur problème principal réside dans le fait qu’ils imaginent que l’argent est au coeur de l’économie alors que je suis convaincu que ce sont la production et les échanges qui la définissent. Pourtant chaque lycéen et chaque étudiant se voit présenter comme une vérité absolue et indépassable ce fameux multiplicateur keynésien. 

L’infiltration dans les esprits, dès leur plus jeune âge, de toutes ces théories collectivistes est certainement au coeur de la grande inculture française en matière d’économie. 


Je terminerai cet article en rappelant quelques chiffres qui à eux seuls montrent que les belles formules mathématiques du multiplicateur keynésien n’existent que dans les esprits socialistes : Déficit moyen du gouvernement japonais entre 1995 et 2007 : -6% Dette publique japonaise 1995 : 120% ; 2007 : 240% 
Le tout pour une croissance famélique de … 0,4% en moyenne. Game over.


 Pour aller plus loin : H. Lewis (2009), « Where Keynes Went Wrong » — Sur le web Lire plus sur Contrepoints