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lundi 2 janvier 2017

V ème RÉPUBLIQUE : LA POLITIQUE ET LE MENSONGE " OBLIGATOIRE " !


2 janvier 2017



pourquoi les politiciens mentent-ils ?

Nos hommes politiques pratiquent ce sport, ou plutôt l’art du mensonge sans complexe.
Après le menteur et le traître professionnel Chirac qui a promis la même chose et son contraire à peu près à tout le monde, 

Après les mensonges de Sarkozy, après les mensonges de Hollande, très difficile de croire en la parole d’un homme politique, et ce quels que soient ses engagements.

 

Tout d’abord, pourquoi mentent-ils avec une telle constance et une telle désinvolture?
Et bien tout simplement parce que l’obligation de mentir est inscrite en toutes lettres dans la Constitution de la Vème République.

Imaginons qu’un candidat s’engage formellement à mettre à exécution, à réaliser ses promesses. 
Et bien, la Constitution nous dit qu’un tel engagement est nul.


Je n’invente rien. Qu’on en juge.

L’article 27 du Titre IV de la Constitution de la V ème République dit ceci:
«Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel.»

Autrement dit: interdiction est faite aux candidats de prendre des engagements précis auprès des électeurs et surtout de les réaliser.


Mais il y a plus grave.
Selon cet article 27, lorsqu’un député vote, il n’agit plus en tant que représentant du peuple qui l’a élu sur la base de son programme, de ses engagements, mais en tant que personne qui n’a de compte à rendre qu’à elle même! 


Une fois élus, nos élus ne sont plus des élus, mais des personnes.

Donc, toutes les lois votées au Parlement ne sont pas des lois. Car la loi est l’expression de la volonté du peuple.

Or, les lois en France sont votées par des «personnes» qui n’expriment que leur volonté personnelle. Nullement celle du peuple duquel elles tiennent mandat.

«Tout mandat impératif est nul» dit la super loi !

Je ferais confiance au premier candidat qui prendra l’engagement d’abolir cet article 27 !

Lequel serait remplacé par un article qui ferait du «mandat impératif» la règle, et qui donc, condamnerait le mensonge, la trahison, le parjure, les promesses démagogiques…

Dans aucun pays «démocratique», un tel droit de mentir n’est accordé aux élus et aux hommes politiques par la Constitution.

Comme l’a montré Kant dans son opuscule «Sur un prétendu droit de mentir par humanité»

Un tel droit ne peut exister tout simplement parce qu’entre le droit et le mensonge il y a antinomie.


S’il y a mensonge, il n’y a plus de droit. Les politiques qui pratiquent cet art du mensonge sont hors-la-loi : «Le droit ne doit jamais se régler sur la politique, mais c’est bien la politique qui doit toujours se régler sur le droit.»
 (Kant, o.c., page 72, Vrin éd. 1972)


Nous le constatons chaque jour. Nous ne sommes plus dans un état de droit. 

Mais dans «l’ Etat du politique» c’est-à-dire dans «L’ Etat du mensonge».


source    http://www.citoyens-et-francais.fr/2017/01/




ET AUSSI



David Desgouilles : « En 2017, le risque le plus grave est de voir encore un président élu par défaut »


Par Alexandre Devecchio    

ENTRETIEN - David Desgouilles fait le bilan de l'année politique 2016 pour FigaroVox [30.12] et dresse les perspectives de l'année 2017.

4021532882.pngQuel bilan tirez-vous de l'année politique ? Si vous deviez retenir trois évènements marquants ?

Sur le plan international, le Brexit et l'élection de Trump figurent comme les deux événements les plus marquants, sachant qu'ils ont forcément des interactions avec notre vie politique nationale. 

Sur le plan national, toute l'année a été jalonnée par la primaire de droite. La victoire de François Fillon figure donc parmi les évènements marquants. Il ne faut surtout pas omettre les attentats de cet été, à Nice et Saint-Etienne de Rouvray.

 Enfin, le renoncement de François Hollande puisque c'est la première fois qu'un président de la Ve République n'était pas candidat à un second mandat (si on excepte évidemment Georges Pompidou qui n'en a pas eu la possibilité).

Selon un récent sondage, Macron serait l'homme politique de l'année. Que cela vous inspire-t-il ?

Emmanuel Macron aurait en tout cas tort de se laisser griser par ce palmarès. Les hommes politiques de l'année précédant celle du scrutin présidentiel confirment rarement les espoirs portés en eux. L'an dernier, c'était qui déjà ? Alain Juppé ? Edouard Balladur, Lionel Jospin, Dominique de Villepin et d'autres encore figuraient sans doute en tête de ce type de sondage.

Cela dit, j'aurais grand tort de considérer qu'Emmanuel Macron n'a pas marqué 2016. Il a créé son mouvement politique, a démissionné puis s'est porté candidat, les sondages le créditant aujourd'hui d'un score à deux chiffres. 
Sans être béat d'admiration, on peut au minimum accorder de l'intérêt à cette trajectoire, pour un homme encore complètement inconnu en août 2014.
Qui sont les autres vainqueurs ? Les perdants ? 


François Fillon constitue évidemment l'un des vainqueurs, puisqu'il a créé la surprise en mettant à la retraite deux figures marquantes de la droite française des trente dernières années, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. 

 J'ajouterai deux personnalités : Jean-Luc Mélenchon qui a lancé une candidature dans l'esprit des institutions de la Ve, dédaignant le jeu des partis, et qui s'en trouve finalement récompensé et beaucoup plus libre de ses mouvements. 

Marine Le Pen figure aussi dans le camp des gagnants de 2016. En cette fin d'année, on observe qu'elle a encore progressé en popularité tout en adoptant une stratégie de distance médiatique.
 Mais il faudra que tout le monde tire dans le même sens qu'elle dans son parti dans la campagne et cela n'a pas l'air d'être gagné.

Côtés perdants, Sarkozy, Juppé et Hollande évidemment. Nous pouvons ajouter à ceux-là Bruno Le Maire qui, l'an dernier, figurait parmi les espoirs de 2016. Il n'a pas su les confirmer.

2016 a vu deux anciens présidents de la République disparaître définitivement de la scène politique. S'agit-il d'une année de rupture historique ?

Nicolas Sarkozy souhaitait réussir là où Valéry Giscard d'Estaing avait échoué : redevenir président après  avoir été battu. 
Tous les deux sont passés par la case « président de parti », l'un en 1988 à la tête de l'UDF, l'autre en 2014 à celle de l'UMP. Nicolas Sarkozy n'a pas su écouter ceux qui lui disaient que redevenir un chef de parti après avoir été président était rédhibitoire. 

Cette mise en garde a éclaté lors des débats télévisés de la primaire où on voyait un ancien Chef d'Etat contredit et peu respecté par ses anciens ministres. Le seul chemin, même s'il était aussi très escarpé, était de s'affranchir des contingences partisanes et d'être candidat en homme libre.
 Il n'a pas voulu de cette stratégie qui était pourtant le plan prévu en mai 2012, selon Laureline Dupont et Philippe Cohen, dans un livre publié il y a deux ans (C'était pas le plan, Fayard). Quant à François Hollande, c'est aussi parce qu'il n'était plus considéré comme un chef par son camp qu'il a été contraint à sa décision du 1er décembre. 


Mais c'est beaucoup plus grave car il est le président de la République en exercice. Pour autant, évoquer « une rupture historique » me paraîtrait galvaudé.
Au-delà des changements d'hommes, peut-on parler de rupture idéologique ?
La rupture idéologique est moins caractérisée à mon sens par le renvoi à la retraite de Sarkozy et Hollande que par les soubresauts voire les mutations sur le plan international. 

La guerre contre le djihadisme, l'Union européenne qui agonise, le rôle de Vladimir Poutine ont bien davantage d'influence sur les ruptures qui pourraient bientôt intervenir dans notre pays.

Justement, sur le plan international, l'année a été marquée par le Brexit, l'élection de Donald Trump et l'échec du référendum de Matteo Renzi en Italie. Doit-on s'attendre à de pareils bouleversements en France ?

Serai-je original en répondant qu'il ne faut rien écarter ? L'euroscepticisme marque autant notre pays que l'Italie qui a sanctionné Renzi et le Royaume-Uni qui a voté le Brexit. 

La question est de savoir s'il trouvera sa traduction politique et si les Français jugeront celle-ci crédible. Il en va de même pour François Fillon dont l'élection due à sa posture conservatrice pourrait entrer en contradiction avec un programme économique dont les tenants et aboutissants sont loin de susciter une large adhésion dans le pays. 

Il aura à surmonter deux contradictions : celle, magnifiquement incarnée par la sentence de Russel Jacoby, « d’une droite qui vénère le Marché, mais qui en maudit la culture qu'elle engendre » ; et celle portée en germe par la primaire : 4 millions de participants alors que plus de 36 millions se rendront aux urnes. 

Et face à lui, on a du mal à percevoir quelqu'un capable d'être élu avec une large adhésion à son projet. 


Le risque à la fois le plus important et le plus grave que nous risquons de vivre en mai 2017, c'est encore un Président élu par défaut, dans un monde très dangereux. 
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David Desgouilles est membre de la rédaction de Causeur. 
Il a publié Le bruit de la douche, une uchronie qui imagine le destin de DSK sans l'affaire du Sofitel (éd. Michalon, juin 2015). 

Son prochain roman de politique-fiction, Dérapage, paraît le 11 janvier 2017 aux éditions du Rocher.

Alexandre Devecchio      http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2017/01/01/