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samedi 14 janvier 2017

TRIBUNE LIBRE, POINT DE VUE ET CONSTAT !




15 janvier 2017


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 Vous avez déclaré qu’ »une société multiculturelle est une société multiconflictuelle ».
 Une nation, aujourd’hui, n’est-elle pas condamnée à l’ouverture?
Je n’aime pas l’idée qu’une nation soit condamnée à quoi que ce soit: c’est la preuve qu’elle n’est plus maîtresse de son destin. 
Prenons le cas français. La France a choisi la voie de l’assimilation. Elle voulait offrir aux nouveaux arrivants la possibilité de s’imprégner de l’histoire et de la culture nationales, pas les fondre dans le même moule. 
Or, cette assimilation est remise en question par un nombre grandissant d’immigrés et d’enfants d’immigrés qui s’insurgent contre la civilisation française.
Le résultat: la société crispée et violente et le séparatisme culturel croissant d’aujourd’hui. Les Français autochtones des classes moyennes ou pauvres se sentent devenir minoritaires. 
Ils ne se sentent plus chez eux. Je ne sais pas si une société multiculturelle est toujours multiconflictuelle mais je ne peux qu’être inquiet de la fragmentation et de la dislocation du tissu social, en France comme dans d’autres pays européens.

Le Brexit et la victoire de Donald Trump soulignent-ils une intolérance croissante d’une partie des opinions publiques occidentales vis-à-vis de la mondialisation?
Il faut distinguer les deux phénomènes. Certes, dans les deux cas, on a à faire à la colère des peuples contre l’abolition des frontières et une mondialisation qui ne tient pas ses promesses et qui, au contraire, fait beaucoup de dégâts. 
Les Britanniques ont voulu, face à une Europe à la fois tatillonne et lointaine, retrouver la maîtrise de leur destin. C’est tout à fait compréhensible et légitime puisque l’Union européenne ne se soucie absolument pas de perpétuer la civilisation européenne telle qu’elle a été façonnée par la diversité de ses nations. 
L’Union est fondée sur la détestation de toute forme de nationalisme, c’est une Europe des normes, des procédures et du marché. 
Les Britanniques ne sont pas anti-européens mais veulent que l’Europe et la Grande-Bretagne restent elles-mêmes (…)

L’Italie et la Grèce, pour des raisons essentiellement géographiques, sont en train de porter le poids des récentes vagues migratoires alors que plusieurs pays de l’Union refusent la répartition des migrants selon le système de quotas établi. Que faire?
C’est une question extrêmement délicate. Il faut absolument ralentir l’immigration et se donner même pour objectif de l’arrêter. 
Certes, le droit d’asile doit continuer d’être appliqué mais l’immigration économique ne doit plus être favorisée de quelque façon que ce soit. 
 Sinon nous avons deux avenirs possibles: la soumission, pour parler comme Houellebecq, ou la guerre civile
 Il faut un ressaisissement de l’Europe. Elle se pensait comme une sorte de processus en expansion indéfini, elle doit maintenant tracer ses frontières et savoir les défendre.
Peut-on raisonnablement espérer en Europe une intégration des communautés musulmanes qui soit entière, pacifique et pleinement égalitaire?
On peut l’espérer mais à condition que les règles du jeu soient fixées de la manière la plus claire. 
Il faut demander aux musulmans d’accepter l’apostasie, c’est-à-dire le droit pour chaque musulman de changer de religion ou de ne plus en avoir du tout, et leur demander, dans le même cadre, d’admettre le mariage avec des non-musulmans. 
Si ces conditions sont respectées, la preuve sera faite de la volonté des musulmans de vivre dans les sociétés européennes en acceptant leurs principes et leurs règles (…)

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ET AUSSI



15 janvier 2017
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Policier depuis une quinzaine d’années et affecté au sein d’une compagnie républicaine de sécurité depuis plus de dix ans, je suis un des très nombreux témoins de cette lente mais inexorable descente aux enfers d’une démocratie en mal de repères. […]
Où est la laïcité dans ces quartiers qui ne sont plus aujourd’hui que des zones de non-droit et où le communautarisme règne en maître? 
Où la police ne peut plus entrer sans faire déplacer une compagnie de CRS pour assurer sa propre sécurité?
Nombre de nos concitoyens sont totalement laissés à l’abandon et placés sous la coupe de tel ou tel caïd ainsi autoproclamé. Je travaille dans ces lieux où les pompiers refusent désormais d’intervenir et où les médecins ne se déplacent plus.
J’y passe des nuits entières loin des caméras qui accompagnaient, le temps d’une visite éclair, les costumes sombres de nos élites dirigeantes et leur aréopage de thuriféraires depuis longtemps éclipsés. J’y ai été invectivé, sali, agressé, blessé, même.
Les «nique la police» succèdent aux «sales blancs» ou «Allah va vous niquer» que l’on peut entendre à longueur de vacation ou lire sur les murs pourtant régulièrement repeints par les plans d’urbanisme successifs.
Le délaissement de ces quartiers s’accroît à mesure que s’enracine la radicalité, exacerbée par les événements tragiques de janvier 2015 et les actes terroristes accomplis ou déjoués depuis. 
Les actes de racisme antiblancs n’ont cessé d’augmenter depuis le début de l’année dans ces pans entiers de notre territoire où certains habitants revendiquent de plus en plus haut et fort de n’être «pas français», où le sentiment d’appartenir à la même nation, de construire ensemble le monde de demain s’étiole jour après jour.
L’angélisme n’a plus cours.
 L’urgence frappe à la porte de notre République.

J’ai rencontré depuis plusieurs mois de nombreux collègues expérimentés de toutes les compagnies de France qui me font part de leurs inquiétudes légitimes face à des situations de plus en plus tendues.
 
Galvanisés par les événements de janvier 2015, et avant eux par les tueries perpétrées par Mohammed Merah en 2012 à Toulouse et à Montauban, certains délinquants n’hésitent plus désormais à braver l’autorité des fonctionnaires de police, notamment en lançant, sous forme de provocation à peine voilée des phrases telles que: «On vous a bien eus en janvier», «Ce n’est que le début, vous allez voir», «Encore quelques années et Allah va prendre le pouvoir».
via http://www.fdesouche.com/810973-camille-crs-en-banlieue-temoigne