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mardi 10 janvier 2017

LECTURE: " LA CAUSE DU PEUPLE " DE PATRICK BUISSON !




 

Deux ou trois choses sur « La cause du peuple », de Patrick Buisson


Mur-bleu gds.jpgHilaire de Crémiers et Jean-François Kahn ont été d'accord tous les deux pour louer l'ouvrage que nous vous avions déjà présenté ici-même, et au sujet duquel nous avons donné, le dimanche 18 décembre, une assez courte vidéo de 22', où Patrick Buisson s'exprime pour Boulevard Voltaire.


C'est « un chef d’œuvre », écrit Jean-François Kahn ; et Hilaire de Crémiers affirme - avec raison - que « le commentaire s’élève jusqu’à la philosophie politique à laquelle sont malheureusement étrangers tous les protagonistes de ce mauvais drame. C’est une leçon.

 Au-delà de Bernanos et de Péguy, il y a du Maurras et du Bainville dans ce livre magistral. »

C'est que ce livre ne se contente pas d'être une chronique historique, celle du quinquennat d'un président « ondoyant, fluctuant, versatile là où il eût fallu rigueur, constance et cohérence ». 

A ce sujet, on ne soulignera jamais assez l'importance (pour le pire) qu'a eue l'arrivée de Carla Bruni, bobo de gauche s'il en est, et incarnation de cette mouvance jusqu'à la caricature, dans les « cercles » de l'ex président : nous l'avons écrit, et c'est sans doute là que réside l'une des explications (bien sûr, pas la seule, ni même la principale) des changements entre le Sarkozy « d’avant » et celui « d’après » Carla Bruni...


Chronique historique, ce livre est aussi un programme politique. C'est dans le « non » au référendum de 2005 - « non » à la Constitution européenne - que Patrick Buisson voit, et date, le réveil des classes populaires, oubliées et tenues pour rien par ce que l'on appelle - on se demande bien pourquoi - « les élites ». 


Avec Richelieu, Vergennes, Talleyrand... on pouvait parler d'élites. Pense-t-on, sans rire, que les actuels ministres des différents quinquennats puissent leur être comparés ? 
Si seul surnage un Hubert Védrine - pour ce qui est des Affaires étrangères - c'est bien parler par antiphrase que d'employer le terme « élite » pour les ministres qui conduisent, si mal, les affaires de la France. Finkielkraut a d'ailleurs relevé, avec raison, l'inculture ambiante et dominante... 


Ce souci qu'ont les classes populaires de leur destin, cette certitude de le voir bafoué par les dirigeants, ce sursaut et cet intérêt pour la mémoire collective, ressentie par elles comme vitale et garante de la cohésion nationale : voilà ce qu'a saisi Patrick Buisson dès les premières années du XXIème siècle ; et ce qu'il aura tenté de faire partager à Nicolas Sarkozy. Parler de Jeanne d'Arc, poser au Mont Saint Michel, évoquer ce temps où « la France se couvre d'un blanc manteau d’églises » ... c'est aussi cela qui explique la vraie victoire de 2007, et le siphonage des voix du Front national. 


Comment, alors, en est-on arrivé à l'échec de 2012 ? C'est que le quinquennat a contredit bon nombre de ces promesses, et c'est là que l'on retrouve, sans aucun doute - même si c'est sans l'exagérer - l'action contraire à toutes ces idées de Carla Bruni, de son monde, de son milieu, de son influence. 


Un exemple, cité par Patrick Buisson : la Manif pour tous, où il voit le clivage entre «la France qui défile » et « la France qui se défile », Nicolas Sarkozy et ses proches ne prenant aucune part à ce mouvement qui avait tout d'une lame de fond ; et qui, à ce titre, symbolisa parfaitement le divorce total entre les électeurs « de droite » (même si le mouvement ne pouvait être intégralement circonscrit à un parti, ni à une tendance...) et ceux qui, censément, les représentaient.


« La droite qui défila s'insurgeait contre la tyrannie de ce nouveau Mammon libéral-libertaire... 

La droite qui se défila s'enfonçait, quant à elle, dans le relativisme moral, ne voyant aucun inconvénient à sous-traiter à la gauche le volet sociétal du libéralisme » : tout est dit...


Curieusement, François Fillon - qui, lui non plus n'avait pas défilé, et s'était défilé, lors de LMPT - raflera, trois ans plus tard, les voix de cette France méprisée, lors de la récente primaire de la droite et du centre...


« Et nunc, reges, intelligite, erudimini... » : et maintenant, rois, comprenez, instruisez-vous... 
Patrick-Buisson-La-cause-du-peuple-240x352.jpg
A lire ou relire, voir ou revoir dans Lafautearousseau ...




http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2017/01/09/ 




ET AUSSI


Nouvelle Ecole n°66 sur Charles Maurras vient de paraître ! 

Charles Maurras Nouvelle Ecole N°66

Nouvelle Ecole n°66 sur Charles Maurras vient de paraître !

Charles Maurras (1868-1952) fut pendant des décennies à la fois un écrivain, un poète, un théoricien, un chef d’école et l’animateur d’un mouvement politique dont l’influence s’est révélée remarquablement durable. 

C’est là un cas extrêmement rare.

Les chefs politiques ont rarement été de véritables théoriciens, et les idéologues ont rarement eu la capacité (ou le désir) d’animer des mouvements politiques. S’y ajoute un magistère intellectuel qui, avec des fortunes diverses, et non sans avoir suscité bien des dissidences, s’exerce encore aujourd’hui sur bon nombre de ceux qui veulent « penser clair et marcher droit ».

Maurras et l’Action française, enfin, sont indissociables, et c’est pourquoi le parcours individuel de l’auteur d’Anthinéa ne peut être séparé d’une aventure collective. 

Toutes ces caractéristiques justifient à elles seules l’intérêt qu’on doit lui porter. (…) À partir d’une vision assez idéalisée de l’Ancien Régime, Maurras, convaincu que la monarchie se démontre à la façon d’un théorème, tendait à tout ramener au problème des institutions. 

Ce faisant, il ne voyait pas que des institutions différentes peuvent aller de pair avec un état social identique, et qu’à l’inverse, d’une époque à l’autre, ou d’un pays à l’autre, des institutions identiques peuvent fonctionner de manière toute différente – surtout quand ce sont les mœurs qui déterminent les lois (et non l’inverse).

Les paradoxes de la pensée de cet apologiste de la culture catholique qui fut de 1926 à 1939 condamné par le Vatican, de ce royaliste finalement désavoué par le prétendant au trône, ont été maintes fois relevés. (…) 

Il fait gloire à la France d’avoir constamment lutté contre l’Empire mais fait en même temps l’éloge de la romanité, dont le principe impérial était exactement le contraire de celui de l’État national. 

Il affirme hautement son souci de l’« universel », mais ne conçoit d’application de ses principes qu’au niveau hexagonal. 
Sa conception même du politique est pour le moins équivoque, ce dont témoignent les contresens dont n’a cessé de faire l’objet le fameux « politique d’abord ! » (…) 

Quoi que l’on pense de sa doctrine, on ne peut avoir que de l’admiration pour ce vieux lutteur qui a consacré toute son existence à ses idées, et qui a su les servir avec autant de courage, de passion et de désintéressement.

Au-delà de ses erreurs et de ses jugements parfois si injustes, ce courage, ce désintéressement, cette exigeante passion, sa sincérité extrême, sa ténacité et la somme incroyable d’efforts qu’il a su déployer au cours de sa vie, commandent le respect. 

Il y a chez Maurras, ce Don Quichotte dont Léon Daudet fut le Sancho Pança, quelque chose de très proprement héroïque. 

Il n’y a pas beaucoup d’hommes publics dont on puisse en dire autant.


Nouvelle-Ecole-66-Charles-Maurras 

Au sommaire du n°66 de Nouvelle Ecole :

Un portrait de Charles Maurras (Olivier Dard)
Le jeune Maurras, félibre et fédéraliste (Rémi Soulié)
Maurras et l’abbé Penon (Axel Tisserand)
Heidegger et Maurras à Athènes (Baptiste Rappin)
La République, la bourgeoisie et la question ouvrière (Charles Maurras)
Kiel et Tanger ou la géopolitique maurrassienne (Martin Motte)
Entretien avec Gérard Leclerc
Maurras et le romantisme (Alain de Benoist)
Charles Maurras et le positivisme d’Auguste Comte (Francis Moury)
Maurras en Amérique latine (Michel Lhomme)
Antigone (Charles Maurras)
Pierre Boutang ex cathedra (Francis Moury)
Bibliographie maurrassienne : 2004-2016 (Alain de Benoist)



Et aussi :
Le slavophilisme, une utopie conservatrice russe (Vassily Leskov)
Siva et Dionysos (Jean Haudry)


Dépendance des États et globalisation (Teodoro Klitsche de la Grange)

CHARLES MAURRAS, Nouvelle Ecole n° 66 / Année 2017. Responsable de publication: Alain de Benoist, prix 25€ et 3.90 de frais de port (étranger et outre-mer compris). Contact : Nouvelle Ecole.
 
Source:   http://metamag.fr/2017/01/09/