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mardi 24 janvier 2017

LA MASCARADE DU SYNDICALISME FRANÇAIS ! TRIBUNE LIBRE !

par ,

La mascarade du syndicalisme français


Le cirque du syndicalisme français continue de plus belle, avec la bénédiction de l’Etat. Vous ne le saviez sûrement pas, mais lors des deux dernières semaines (jusqu’au 13 janvier) avaient lieu les élections des représentants syndicaux des TPE. 
Il s’agit vraiment d’un monde à part !

Bien que les courriers de propagande aient été envoyés à tous les salariés de TPE, accompagnés d’un courrier du ministre du travail Mme El Khomri, et que ce scrutin ait été ouvert pendant deux semaines pendant lesquelles on pouvait voter via internet, le taux de participation devrait être de l’ordre de 7% (il sera définitivement connu lors de la proclamation des résultats le 3 février). Il était de 10% en 2012. 

Bref, cela n’intéresse personne sauf les organisations syndicales qui vont y « gagner » des représentants puisque la barre est fixée à 8% des suffrages exprimés (soit 0,56% de suffrage reçu pour un taux de participation de 7%,). 

Pourtant, selon le ministre du travail, ces élections sont essentielles pour faire entendre les voix et défendre les droits des salariés, participant ainsi à la force de notre démocratie sociale ! L’idée, en 2017, que tous les français ne résonnent pas forcément en termes de lutte n’effleure pas le ministère. 

D’ailleurs, les Suisses sont dépourvus d’un tel ministère, ce qui ne semble pas porter préjudice au travail.

Il faut dire que même les plus militants ont bien dû se rendre compte de l’inanité de cette élection en tombant sur le site dédié, hébergé par le gouvernement, franchement débile. 

Nous prend-on définitivement pour stupides ??


Mais ce coup-ci, le petit jeu entre l’état et les syndicats sera un peu plus pimenté par la création des « commissions paritaires régionales ».

La mission de celles-ci est de fluidifier le dialogue social, entre 10 représentants des organisations patronales et 10 représentants syndicaux.

Quand enfin va-t-on sortir de ce charabia socialiste et laisser les corps sociaux s’organiser, comme cela se fait en Suisse ou en Allemagne ou des accords sont signés branche par branche ? 
Quand va-t-on enfin réformer ce modèle hérité de la seconde guerre mondiale ? 

Le PC est mort, le PS se meurt, mais la CGT, dernier dinosaure qui risque encore de bien figurer dans la plupart des régions, vit d’une rente scandaleuse.

Les syndicats ne doivent vivre que de leur représentativité réelle, et donc des soutiens de leurs adhérents. C’est ainsi qu’ils prendront, ou perdront, toute légitimité.

Mais finalement, à lire les tracts, nous sommes rassurés de voir que les idées véhiculées par ceux-ci ne trouvent pas écho auprès des « travailleurs », comme ils sont nommés.

 Pour la plupart, on y retrouve tout le discours habituel : baisse du temps de travail, augmentation du SMIC (jusqu’à 1700 euros net), primes diverses, 13ème mois généralisé, interdiction des CDD, retraite à 55 ans, avec en prime certains papiers carrément révolutionnaires (l’organisation de la lutte est un objectif affiché pour les syndicats CNT ou STC et pour l’union syndicale solidaires ou pour le CNT qui souhaite instauré un rapport de force contre les politiques patronales).

Malheureusement, malgré la participation ridicule qui prouve le total désintérêt des employés pour ces élections, il y aura bien des élus dont les palabres sauront rendre plus compliquée la vie de ces petites entreprises. 

D’autres syndicats sont néanmoins plus nuancés, mais à participer à un jeu dont on ne maitrise pas les règles, il est impossible de gagner sur le long terme.

Entre collusion avec l’état et pensée révolutionnaire, il est à craindre que le syndicalisme français soit condamné à rester une caricature pendant longtemps encore.

 Source:  http://fr.irefeurope.org/

 ET AUSSI


Pole emploi : et si les salariés se syndiquaient ?

Publié le dans Syndicalisme
 
Par Bernard Biedermann. Un article d’Emploi 2017
Ce qui suit est une suggestion qui sort des sentiers battus. Parmi les nombreuses réformes favorisant le retour à l’emploi, on pourrait lancer l’idée que les syndicats de salariés exercent des fonctions de placement sur le marché du travail. 

Les syndicats qui le souhaiteraient développeraient au sein de leurs organisations des services de placement, comme le font Pôle emploi ou des sociétés privées, et seraient rémunérés en conséquence.

Tout d’abord leur bonne connaissance des entreprises dans lesquelles ils sont présents, de la spécificité de la branche d’activité et de la situation des métiers sur le marché concerné constitue un véritable atout pour l’exercice de cette nouvelle activité.

Ensuite, ceci allégerait les charges actuelles de Pôle emploi qui connaît de grandes difficultés à atteindre ses objectifs, autant sur la quantité des dossiers à suivre, que sur les compétences nécessaires pour mettre en relation offreurs et demandeurs.

Alléger les charges de Pôle Emploi

En 2014, 2,4 millions d’offres d’emploi ont été confiées à Pôle emploi et satisfaites selon ses propres chiffres. Compte tenu du nombre de collaborateurs de Pôle emploi (54.000), en 2014 un collaborateur de Pôle emploi a placé 45 salariés.

Il y a en France près de deux cents organisations syndicales, professionnelles ou non, représentant environ 8% des salariés. Ces chiffres donnent alors une indication de ce que les syndicats pourraient réaliser pour les salariés syndiqués ou non.

De bonnes informations relatives aux profils catégoriels recherchés par l’entreprise ainsi que le vécu des aspects RH sont un atout certain pour les syndicats. 
Ceci les positionnerait de manière favorable par rapport à des sociétés privées de placement comme Le Bon Coin, dont l’activité est avant tout le matching numérique entre l’offre et la demande. De son côté, le recruteur disposerait d’une information complémentaire concernant l’adhésion syndicale éventuelle du postulant et prendrait sa décision en connaissance de cause.

Du point de vue du Code du travail, rien ne s’oppose à ce que des organisations syndicales exercent cette nouvelle activité d’ordre économique. Des activités non syndicales, voire politiques, sont aujourd’hui licites. 
Par exemple, la grève pour raisons politiques, même dans le cas où le Parlement et le Sénat traitent démocratiquement de ses raisons. 

Par ailleurs, certains syndicats jouent également un rôle de gestionnaire d’organismes fondamentaux pour les salariés : Caisses nationales d’Assurance-maladie, Caisse d’allocations familiales et d’indemnisation des chômeurs et de retraites.


En jouant le rôle d’un Pôle Emploi, les syndicats disposeraient en plus d’une meilleure compréhension des décisions stratégiques de l’entreprise et s’impliqueraient de manière plus responsable dans un syndicalisme constructif ; en 2017 on est en effet bien loin des trente glorieuses durant lesquelles, à cause d’une inflation d’anticipations, la fonction unique des syndicats était de rattraper les pertes continues de pouvoir d’achat.

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