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samedi 7 janvier 2017

L' ÉPIPHANIE ET LES PAGANO-CHRÉTIENS .......

Le christianisme d’aujourd’hui est-il le paganisme de jadis ?

Le paganisme n’a pas succombé par la force, mais parce qu’il avait perdu la foi en ses dieux et en lui-même.



Juriste et historien 

Qui se souvient que l’Épiphanie, plus ancienne que Noël, fut jusqu’à la fin du IVe siècle la fête unique célébrant l’Apparition du Messie ? 

Apparition dans sa naissance au sein d’Israël ; dans sa révélation aux autres peuples symbolisés par les mages ; dans son baptême comme fils unique ; dans sa puissance aux Noces de Cana. 

Nul n’aurait prévu, sous le règne de Tibère, le succès de cette Apparition. Et pourtant, quatre siècles plus tard, Palladas, un poète grec, disait des derniers païens cultivés de sa génération : « Si nous sommes des vivants, c’est que la vie même est morte. » 

 Dans cet Empire romain tardif, le christianisme supplantait progressivement les antiques religions que nous désignons sous le nom générique de paganisme. Certes, celui-ci restait majoritaire, mais il ne survivait plus que dans les campagnes : le paganus est le paysan, le villageois, par opposition au citadin. 
Le mot était devenu péjoratif. Mutatis mutandis, pour les chrétiens des villes, les pagani étaient ce que sont les péquenots pour les citadins d’aujourd’hui. 

La victoire du christianisme a de multiples raisons. Mais l’une d’elles vaut qu’on la médite aujourd’hui, puisqu’elle n’est autre que l’affaiblissement endémique du paganisme. 

Le paganisme n’a pas succombé par la force, mais parce qu’il avait perdu la foi en ses dieux et en lui-même. 
Comme l’écrit Lucien Jerphagnon, « il y avait la grande masse des païens très ordinaires […], attachés à leur religion de famille plus par tradition que par conviction. Si les sondages avaient existé, ils s’y seraient définis […] comme païens. Mais pour eux, sans peut-être oser se le dire […], tout cela était de l’histoire ancienne, du folklore, et en tout cas du réchauffé.
[…] » « Tout au contraire, dit Eric Dodds, le christianisme était jugé digne qu’on vive pour lui parce qu’on l’estimait digne qu’on meure pour lui. » Et, de fait, si le sang des martyrs fut la semence du christianisme, il y eut peu de martyrs païens « parce que le paganisme était devenu trop misérable pour qu’on mourût pour lui ».

Mille six cents ans plus tard, où en est le christianisme ? À s’en tenir à l’Europe et à la France, ne devient-il pas, à son tour, « de l’histoire ancienne, du folklore, et en tout cas du réchauffé » ? 
Un peu plus de 6 Français sur 10 se disent chrétiens, mais combien par conviction plus que par tradition ? Probablement fort peu, pour qu’un Chirac ait osé déclarer que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ».

 Et les Européens guère davantage pour que la notion de racines chrétiennes fût évacuée du projet de Constitution européenne.

Plus grave : les Églises catholique et protestantes courent derrière la société. À cet égard, l’attitude du pape François laisse songeur. 
Il baise les pieds d’immigrants musulmans devant les caméras, mais il ne s’interroge pas sur les conséquences, pour le christianisme, d’une submersion migratoire en Europe. 
Il s’insurge contre les dégâts de la mondialisation, mais il ne veut pas voir que l’invasion migratoire fait partie des plans de l’hyper-capitalisme global et de ses prêtres du veau d’or.

S’ils laissent leur troupeau en déshérence, nos princes politiques et religieux le livreront à d’autres bergers. À des bergers qui croient en eux-mêmes et en leur religion. À des bergers qui se sentent d’autant plus forts qu’ils amènent leurs propres ouailles chez nous. 

Faudra-t-il qu’un jour prochain, comme Palladas, nous constations que « si nous sommes des vivants, c’est que la vie même est morte » ?


Peut-être pas. Le soleil se lève à l’Est.
 Le martyre des chrétiens d’Orient atteste que le christianisme n’est pas du « folklore ou du réchauffé » pour tout le monde.

 Et la renaissance de la sainte Russie assise sur son puissant pilier orthodoxe démontre qu’un peuple qui retrouve ses racines spirituelles se libère des pires tyrannies. 

Puisse l’Europe le comprendre.

Les Mages venaient d’Orient, selon la Tradition.  De l’Est.

Je vous souhaite une bonne Épiphanie.
 
ET AUSSI
 
 Cette gauche de l’Église qui déteste ses frères en toute charité chrétienne

Ne voyant que racistes en ses frères chrétiens ou français, Koz utilise la reductio ad hitlerum.

L’ami Koztoujours, alias Erwan Le Morhedec, commet un nouvel ouvrage au titre évocateur : Identitaire : le mauvais génie du christianisme. Ceci dans la droite ligne de son dada : l’exclusion de ses frères chrétiens.

Nous ne pourrons le lire que le 13 janvier. Mais nul doute, au vu de ce que cet auteur en dit dès maintenant sur son blog, qu’on y trouve de délicieuses perles qui mériteront cette sage parole : ne fais pas à ton frère…

Koztoujours y va en affirmant haut et fort « [qu’il] connaît l’Église ». Il doit avoir un instrument pour sonder les reins et les cœurs. Qui peut, en effet, prétendre connaître et comprendre l’ensemble des réseaux, les amitiés et l’avenir d’un tissu de plus de 16.500 paroisses en France ?

Le ton de la suite vaut son pesant de cacahouètes. 


Extrayons-en quelques points :

Le pape n’est pas le « défenseur de la chrétienté », dit-il. Faudrait-il, dès lors, songer à réviser l’Histoire ? Courir à Rome et faire supprimer jusqu’au souvenir de Lépante et Urbain II ? Demandons-nous plutôt s’il demeurerait encore des chrétiens en Israël si tout cela n’avait pas eu lieu ? Plus essentiel : Israël serait-il l’État juif que l’on connaît, sans la présence occidentale maintenue là-bas des millénaires durant, ou ne serait-il qu’un État musulman de plus, comme tous ses voisins ?

Poursuivons : « Si j’ai des proches, les miens ne sont pas d’une race ou d’une ethnie. » 

 Le génocide fratricide lui démange la plume… Là où l’ont eût aimé un « Au-delà de ma famille, sont mes proches tous ceux que je connais, qui sont dans le besoin et que je peux secourir », on ne voit qu’un délire obsessionnel. 
Ne voyant que racistes en ses frères chrétiens ou français, Koz utilise l’argument éculé auquel seule une minime partie des évêques et les Loges croient encore : la reductio ad hitlerum.
« Vous ne pensez pas comme moi, vous êtes donc comme les nazis. » 
 Selon lui, nous voudrions « concilier la foi catholique avec le racisme le plus évident »

 Plus évident que ceux ayant sévi dans les dictatures socialistes ? Alors, oui ! Koz met en rogne les braves gens. D’où vient qu’il se permette ces jugements assenés sans mesure ? Où, donc, trouve-t-il de quoi alimenter ces calomnieuses accusations ? 

Hormis Vincent Peillon et sa nouvelle religion laïque, plus personne ne fait ce procès-là à la droite de la droite. 
L’insulte est tellement facile quand le serpent la souffle et quand Erwan Le Morhedec la siffle dans l’air comme le fouet de la bise glaciale et sans racine.

Assez de ces délires ! Assez de ces obsessions ! « Le christianisme ne saurait être outil d’exclusion », dit-il. Et nous le disons tous, autant que nous sommes. Mais force est de nous souvenir, aussi, que le Christ est venu apporter la division… Qu’Il fut saisi de colère et de violence quand on offensait la maison de son Père. 


Devrait-on, par exemple, ne rien dire des 100 crimes et délits commis chaque mois en France contre des églises et contre lesquels on ne l’entend guère protester ?

Feu Emmanuel Ratier le disait bien, lui qui parlait de « cette gauche de l’Église qui nous déteste en toute charité chrétienne » ! 


Erwan Le Morhedec l’affirme : « Notre angoisse est véritablement celle de l’avenir du catholicisme en France, alors je crois qu’il nous faut dépasser le réflexe simpliste de défense et d’affirmation identitaires pour chercher le sens et l’apport que peut avoir la présence catholique dans la société française. 
 
» Nous faisons nôtre cette phrase, nous la revendiquons, même, haut et fort. Mais sans exclusive. 
Sans besoin de rejeter une quelconque partie des ouailles de bonne volonté.

 http://www.bvoltaire.fr/