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mercredi 18 janvier 2017

FRONT NATIONAL ET POPULISME À LA FRANÇAISE ?

Lu, Vu et Entendu.......

Front National : le « populisme » à la française, bien ringard, est mal parti…

[Tribune libre]

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Les points de vue exposés dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Site de réinformation, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. 

Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place. 
P. Le Grand

  
La vague « populiste » déferle sur l’Occident… une révolution est en marche ! L’époque est aux changements historiques majeurs. Mais les dangers sont grands que ça se passe mal en France…

Toute une série de fondamentaux du passé récent sont partout radicalement remis en question :
  • la fin de l’indépendance des nations européennes, suicidées dans les deux guerres mondiales, déchirées par les totalitarismes criminels ; celles-ci n’existent plus depuis 1945 que dans le cadre d’un dangereux nanisme politique sous dépendance militaire des Etats-Unis ; ayant perdu la maîtrise de leur destin parce que privées de souveraineté, elles sont désormais menacés d’éradication et leurs peuples se révoltent ;
  • le coup d’État technocratique européen a aboli des pans entiers de la démocratie par obsession centralisatrice et rejet du fédéralisme ;
  • l’immigration de masse devenue une immigration de peuplement a pris la forme d’une guerre latente de basse intensité, de remplacement radical des populations et, à travers l’islam intégriste, d’une guerre civilisationnelle menaçant de substituer aux démocraties ou aux despotismes éclairés un régime théocratique arriéré antidémocratique, phallocrate et suprématiste favorisé par un gauchisme totalitaire qui n’a jamais renoncé à l’État des tortionnaires et des criminels contre l’humanité ;
  • la révolution culturelle de mai 68 entonne son chant du cygne. En dépit de son échec politique dès le départ, elle avait tout de même connu un immense succès par la suite jusqu’à aujourd’hui. 
  • Une idéologie idéaliste et nihiliste niant ou inversant par le biais de manipulations sémantiques la réalité ou tout simplement le bon sens dans tous les domaines sociétaux part dans les poubelles de l’histoire.
Les privilégiés paniqués vocifèrent et menacent. Le « populisme » a le vent en poupe dans tout le monde occidental. 
« Populisme » : vocable manipulateur d’une logorrhée de pensée terroriste et totalitaire à travers lequel les ayant-droits du système manifestent leur rejet de la démocratie.

Dans les détails :

  • Aux États-Unis, l’élection de Donald Trump à la présidence annonce un bouleversement radical de la politique américaine et mondiale ;
  • En Grande-Bretagne, le succès du référendum sur la sortie de l’Union Européenne a semé un vent de panique à Bruxelles ;
  • Le « Groupe de Visegrád » a commencé à étendre la fronde à une Europe Centrale peu encline à passer d’un totalitarisme à un autre, l’Allemagne étant coupée en deux entre Est et Ouest ;
  • En Autriche, le candidat du FPÖ Norbert Hofer a été à deux doigts de remporter la présidentielle de 2016 et son parti est bien placé pour remporter un succès aux législatives de 2018, qui pourrait tout de même l’amener au gouvernement ;
  • Partout en Europe, les partis « populistes » volent de succès en succès, arrivée au pouvoir de Syriza (Συνασπισμός Ριζοσπαστικής Αριστεράς, Coalition de la gauche radicale) en Grèce, montée du Movimento 5 Stelle (Mouvement Cinq Étoiles) en Italie, succès de Podemos (Nous pouvons) en Espagne…
  • … et succès électoraux relatifs d’un FN qui se met à rêver en France.
Les opposants exultent. Trop vite. Car les journalistes ont fortement tendance à tout mettre dans le même sac sans aucun examen de fond. Il faut se garder de cette erreur et rester lucide par rapport à la situation réelle.

Des « populismes » très contrastés : clivage entre une Europe du Nord anti-islam et eurosceptique mais démocrate et libérale, et une Europe du Sud islamo-gauchiste, anticapitaliste et antilibérale

Le terme de « populisme » est tout à fait inadéquat. Il englobe dans une même logorrhée manipulatrice des réalités politiques extrêmement contrastées, voire parfaitement inversées.

On trouve ainsi aujourd’hui, dans le sac « populisme » :

  • le président républicain des États-Unis Donald Trump ;
  • et en Europe :
    • du Nord le FPÖ (Freiheitliche Partei Österreichs, parti libéral autrichien) en Autriche, l’UDC (Union Démocratique du Centre) en Suisse, l’AfD (Alternative für Deutschland, alternative pour l’Allemagne) en Allemagne, le PVV (Partij voor de Vrijheid, parti pour la liberté) aux Pays-Bas, le DF (Dansk Folkeparti, parti populaire danois) au Danemark, le FP (Fremskrittspartiet, parti du progrès) en Norvège, le SD (Sverigedemokraterna, démocrates de Suède) en Suède et le PS (Perussuomalaiset, parti des vrais Finlandais) en Finlande ;
    • et du Sud Syriza en Grèce, le Mouvement Cinq Étoiles en Italie ou encore Podemos en Espagne.
En France, le FN (Front National) est également qualifié à la fois de « parti d’extrême-droite » et de « parti populiste ». 
C’est en fait un OVNI politique du point de vue du clivage nord-sud européen.


Une analyse plus minutieuse fait en effet ressortir des tendances lourdes extrêmement divergentes :
  1. Il faut mettre à part le cas américain, fort différent de l’Europe. Donald Trump ne propose nullement de changer les institutions réellement démocratiques de son pays. Ses propositions ne sont pas typiquement néo-conservatrices, ce qui fait planer une grande incertitude sur les contours exacts de sa présidence future sans parler de ce qu’il faut attendre de sa gestion de la colossale dette américaine ;
  1. En Europe du Nord, les partis « populistes » sont démocrates, libéraux, anti-immigration de peuplement, islamosceptiques et eurosceptiques, et pro-israéliens.

Le FPÖ, l’UDC, l’AfD, le PVV, le FP, le FD et le PS veulent en effet :

– restaurer la totale souveraineté de leurs pays, ils sont eurosceptiques et hostiles à la monnaie unique,
– limiter l’immigration quantitativement et qualitativement sur la base de critères raisonnables (qualification professionnelle et travail, acceptation culturelle de la société d’accueil…),
– rejeter l’islamisation de leurs pays,
– restaurer le plein libéralisme économique,
– restaurer un certain conservatisme sociétal (protection de la famille, etc.).


Notons qu’aucun parti « populiste » d’Europe du Nord de culture protestante ne saurait être qualifié d’extrême-droite.
 Le terme d’extrême-droite doit nécessairement désigner une tendance politique visant à instaurer un État autoritaire et non démocratique – ou bien il n’a plus aucun sens. 
 Or aucun des partis « populistes » d’Autriche, de Suisse, d’Allemagne, des Pays-Bas et des pays scandinaves ne souhaite abolir la démocratie.


Tous souhaitent au contraire la rétablir (fin du coup d’État de Lisbonne) et la renforcer (élargissement de la démocratie directe). 
Partout, l’islamo-gauchisme est bel et bien le nouveau totalitarisme qui a repris le flambeau des horreurs du 20ème siècle. 
Pas le « populisme » fantasmé. Le FPÖ par exemple a gouverné la Carinthie pendant des années et a participé à des coalitions au niveau fédéral sans avoir jamais attenté à la démocratie. Sachant que l’Autriche est une vraie démocratie, contrairement à la France…

Le fait de désigner systématiquement des partis politiques démocrates d’extrême-droite est extrêmement significatif de la pensée totalitaire régnant en France. 

Dans ce pays, le nombre de lois politiques criminalisant toute pensée dissidente au nom de manipulations sémantiques est devenu vertigineux ; le nombre des procédures judiciaires violant ouvertement tous les principes de la justice dans un pays démocratique (présomption d’innocence, séparation des juges et des parties, droit à une défense digne de ce nom, jugement portant sur des faits et des preuves et non des interprétation abusives et arbitraires, droit à un procès équitable…) ne peut qu’affoler tout démocrate.

En France, tous les débats sont interdits, toute opposition politique est réputée illégitime avec des conséquences considérables en termes de violence institutionnalisée, ce cancer des dictatures totalitaires. 
Le parti unique de fait est, à travers la pensée unique imposée, déjà là.

Par contraste, on ne peut que constater que dans le Sud de l’Europe, des partis comme Syriza, Movimento Cinque Stelle ou bien encore Podemos sont bel et bien d’extrême-gauche : ils sont peu démocrates, anticapitalistes et antilibéraux. Ils se moquent comme d’une guigne de l’immigration de peuplement et de l’islamisation.

Ça n’est d’ailleurs là qu’un x-ième retour de l’histoire. On se souvient que l’Europe du Nord avait choisi le protestantisme au 16ème siècle, évolué vers des régimes parlementaires au 17ème et au 18ème siècle, évité une (contre-)révolution ratée à la française au 19ème siècle (débouchant sur un césarisme qui a fait la suture entre la monarchie absolue de droit divin et les totalitarismes du 20ème siècle) et avaient bien négocié leur industrialisation et leur gestion de la question sociale avant de parvenir à une démocratie acceptable dès le 20ème siècle.

Les pays de l’Europe du Sud avaient quant à eux choisi le catholicisme au 16ème siècle, s’étaient ensuite enlisés dans des monarchies absolues de droit divin oblitérant leur avenir au 17ème et au 18ème siècle avant de se lancer dans des révolutions hasardeuses au 19ème siècle, et avaient dans la foulée raté leur industrialisation sans être parvenus à devenir de véritables démocraties jusqu’au 21ème siècle.

La France fait partie de ce lot-là. Notons que les pays de culture catholique ont été fortement affectés par les idéologies totalitaires au 20ème siècle.

 La France, quant à elle, a trouvé très judicieux de passer du pétainisme à la sauce Action Française à une culture de marxisme latent dans le cadre d’un régime néo-bonapartiste rationalisé. Elle continue au 21ème siècle à se penser comme étatiste, anticapitaliste et antilibérale. 
Des erreurs de fond qui pourraient oblitérer son avenir comme elles ont oblitéré son passé.

En France, un FN ringard, sans vision et aux idées peu modernes, nationaliste au sens de l’État-nation, contradictoire par rapport à l’immigration et à l’islam, anti-identitaire, anticapitaliste et antilibéral est un OVNI politique peu porteur d’espoir


Résumons ainsi le cas FN :

  • A la différence des partis « populistes » d’Europe du Nord, le FN n’est pas un parti démocrate. Il ne souhaite en effet en rien changer les institutions non-démocratiques de la Vème République : pas de séparation verticale des pouvoirs, pas de séparation horizontale des pouvoirs, peu de liberté d’expression et peu de libertés en général, faux pluralisme partisan, absence de pluralisme des médias, scrutin électoral confiscatoire, absence de contrôle démocratique de la justice et de démocratie sociale, sans parler d’un système social étatisé et d’une Éducation Nationale digne des pires dictatures totalitaires. 
  • Le seul élément que le FN envisage d’introduire, c’est une dose de proportionnelle aux élections. C’est bien maigre.
  • Notons que rien, en revanche, ne le sépare à ce niveau des autres partis français puisqu’aucun d’entre eux ne souhaite instaurer la démocratie ici ; le FN est un parti « républicain » au sens d’attaché aux institutions antidémocratiques de la Vème République, et c’est ce que tout démocrate pourrait justement lui reprocher, à lui comme aux autres partis…
  • Le FN est un parti jacobin et partant anti-identitaire, portant donc en lui LE problème structurel majeur de la France depuis le Consulat de Bonaparte. Pierre-Joseph Proudhon, anarchiste fédéraliste et démocrate (antimarxiste) avait décrit l’État français comme une sorte de résidu de l’Empire Romain, un État colonial totalement étranger aux peuples autochtones considérés comme des sujets et non des citoyens, dont il a toujours radicalement nié l’existence en tant que nations plurielles. 
  • Le FN est enkysté dans cette idéologie. 
  • La dernière sortie de Marine Le Pen sur les régions qu’elle veut supprimer afin de rétablir pleinement le niveau des départements s’inscrit pleinement dans cette vision passéiste et rétrograde.
  • J’en profite pour évoquer la question fondamentale des niveaux politiques en France :
    • Avant la Révolution Française totalitaire, la monarchie reconnaissait parfaitement l’existence de plusieurs nations, les fameuses « provinces réputées étrangères », la continuité de l’État étant assurée par le système féodal. 
    • Le royaume était alors dual : les Pays d’Élection étaient entièrement administrés de façon centralisée, tandis que les Pays d’États étaient gérés par des assemblées de notables qui représentaient un contre-pouvoir au pouvoir royal et ne demandaient qu’à être démocratisées pour évoluer vers un parlementarisme moderne à l’anglo-saxonne ;
    • La Révolution Française totalitaire et l’Empire césariste qui lui a succédé ont imposé une régression politique inouïe : au lieu d’étendre le système des Pays d’États à tout le pays et de démocratiser ses assemblées, ils ont généralisé le système des Pays d’Élection à tout le pays en remplaçant les intendants par les préfets et en abolissant les États partout où il y en avait.
    •  Pire : ils ont carrément supprimé les anciennes provinces historiques, les « provinces réputées étrangères » et les provinces françaises pour les remplacer par des « machins », les départements, affublés de noms de fantaisie et déconnectés de toutes histoires, terroirs, solidarités humaines etc. 
    • Le pays tout entier est devenu ainsi une « zone » sans réalités humaines sur le terrain, un no man’s land colonial, un « hexagone » abstrait. Une structure étatique pré-totalitaire, colonialiste et suprématiste. 
    • Cette contre-révolution a été accompagnée d’une monstrueuse innovation idéologique : l’invention de l’État-nation, en fait déification d’un État autoritaire inversant le sens du mot nation, dont la triste carrière idéologique en Europe a débouché sur le colonialisme et les deux guerres mondiales suicidaires.
    • La Révolution Française a durablement écarté toute possibilité de séparation verticale des pouvoirs nécessaire dans toutes les démocraties. 
    • Les maires de communes volontairement éclatées afin d’être réduites à l’impuissance politique ont été longtemps nommés. Par la suite, ils ont été progressivement élus, mais sans autonomie de décision pour leur niveau de compétence et sans autonomie fiscale et budgétaire. 
    •  Puis des régions plus ou moins artificielles ont vu le jour. 
    • D’abord purement administratives, elles ont progressivement été dotées de compétences politiques, mais toujours sans autonomie politique, fiscale et budgétaire. Jamais les partis d’État n’ont accepté d’instaurer la démocratie : ils se sont contentés d’accumuler les niveaux politico-administratifs, communes et communautés de communes, départements et régions tout en laissant en place les préfets dépendant uniquement du pouvoir exécutif central et dotés du pouvoir d’invalider à tout moment tout pouvoir local. 
    • Cette évolution ubuesque a généré le fameux « millefeuille administratif » redondant, conflictuel, pléthorique, extrêmement onéreux pour le contribuable, inefficace et incapable de gérer les défis de l’époque. 
    • Clientéliste, népotiste et corrompu.
    • Il est donc évident que LES réformes territoriales majeures dont la France a besoin sont :
      • de fusionner massivement les communes (en un seul niveau) de manière à faire passer leur nombre de 36.000 à 6.000 environ.
      •  
      •  La France n’a pas à réinventer l’eau chaude, la roue et le fil à couper le beurre : c’est la structure des pays démocratiques ! 
      • En Autriche, Suisse, Allemagne, Pays-Bas et pays scandinaves, les grandes communes ont à peu près la taille de nos départements. 
      • Elles sont donc assez puissantes financièrement pour gérer efficacement des questions essentielles pour la population, mais quand même très près de ces dernières, la condition sine qua non à cette capacité étant de leur accorder une totale autonomie politique, fiscale et budgétaire pour leur niveau de compétence, sachant que la commune est LE niveau politique idoine pour la démocratie directe.
      • de fusionner les départements et les régions en rendant à ces dernières leurs contours historiques les plus raisonnables, en leur accordant une totale autonomie politique, fiscale et budgétaire pour leur niveau de compétence, sans possibilité d’interférences des autres niveaux politiques (suppression des préfets), en complétant la démocratie provinciale représentative par des référendums d’initiative populaire.
      • de remplacer le sénat par une assemblée des régions (en diminuant au passage le nombre des élus des deux assemblées des 2/3).
      • de réduire le périmètre de l’État central transformé en État fédéral, en complétant la démocratie fédérale représentative par des référendums d’initiative populaire.
Ceci fait par ailleurs partie des réformes structurelles de l’État les plus à même de résoudre un des problèmes majeurs du temps : le catastrophique déficit budgétaire renouvelé tous les ans depuis 40 ans, qui est la cause de la dette abyssale du pays qui tue tout avenir.
 De telles réformes, outre le fait d’instaurer la séparation verticale des pouvoirs, permettraient de réduire considérablement les effectifs pléthoriques et inutiles de la fonction publique – car c’est une évidence qu’il y a entre 1 et 2 millions de postes de fonctionnaires en trop en France, dont la suppression est une condition sine qua non au rétablissement de l’équilibre des comptes et à la fin incontournable du déficit public qui menace le pays de mort pure et simple.

La suppression d’une multitude de doublons découlant du millefeuille administratif permettrait de dégager des moyens de renforcer par ailleurs les effectifs de fonctionnaires dans les domaines régaliens où ils sont insuffisants, notamment l’armée et la police, voire d’augmenter les rémunérations des petits et moyens fonctionnaires mal payés.

 Car la question des effectifs des fonctionnaires doit être abordée de façon très différenciée, et non grossièrement forfaitaire.

Une telle réforme territoriale, à laquelle il faut ajouter la désétatisation de la sécurité sociale (une des propositions réellement bonnes de Fillon) et l’abolition de l’Éducation Nationale, permettrait largement de réduire les effectifs de la fonction publique d’un million de postes (qui seront mis à la retraite anticipée, non renouvelés en fin de carrière ou transférés au privé et ne seront jamais de futurs chômeurs) et de rétablir l’équilibre budgétaire des comptes publics.

Les autres partis « populistes » d’Europe du Nord n’ont pas à se préoccuper de ces questions, parce que ces institutions politiques sont déjà en place dans leurs pays et que non seulement ils n’ont aucune intention d’y toucher, mais ils veulent au contraire renforcer la démocratie directe et rétablir la liberté d’expression…
Les propositions du FN sont délirantes : non seulement elles ne résolvent pas les problèmes politiques (absence de démocratie par absence d’autonomie et de séparation verticale des pouvoirs, dimensionnement inefficace des niveaux politiques), mais elles ne résolvent pas les problèmes économiques liés au déficit et partant au poids des impôts et des charges pesant sur les entreprises qui oblitèrent la croissance et l’emploi.

Les obsessions anti-identitaires du FN soulèvent par ailleurs de graves interrogations quant à la manière dont ce parti prétend réellement gérer la crise migratoire et la crise civilisationnelle posée par l’islam intégriste. 
 On ne trouve dans le programme du FN rien qui ressemble aux propositions concrètes très pragmatiques de l’AfD allemande : instauration d’un système d’immigration à points à la canadienne encadrant cette dernière aux plans quantitatif et qualitatif, obligation faite à l’islam d’accepter totalement les principes de la constitution, ce qui favorisera accessoirement l’indispensable réforme libérale de cette religion – partout dans le monde.

Contrairement à ce que croient les partis politiques français, une nation démocratique est tout à fait une nation civique. 
La Suisse par exemple est bel et bien une nation civique et non ethnique, qui reconnaît parfaitement l’existence de plusieurs communautés sur son territoire et accorde à ces dernières des droits politiques, culturels et linguistiques.
 L’obsession « anticommunautariste » française est incompatible avec la démocratie. 
Pour que l’unité de l’État soit préservée, il faut par contre que l’ensemble des communautés adhèrent pleinement au pilier central de la nation civique, c’est-à-dire aux valeurs démocratiques, égalité hommes-femmes, liberté de conscience et de religion etc. 
Les membres d’une communauté qui rejetteraient radicalement ces principes ne peuvent plus faire société avec les autres. C’est un des défis du siècle, qui se pose bien sûr à toutes les vraies démocraties confrontées au paradoxe de la tolérance de Karl Popper.

Le reste du discours du FN reste tout aussi sidérant d’archaïsme : ce parti se considère comme « anticapitaliste » et « antilibéral ». 
Il y a en France une confusion dans l’identification des problèmes engendrés par une mondialisation non maîtrisée et déséquilibrée :
  • d’une part, la perte de souveraineté des nations est due non à la « mondialisation libérale » en soi, mais à des coups d’État de hauts fonctionnaires (UE, ONU…)
  • d’autre part, l’expérience a montré que le libre-échange ne peut être vertueux que s’il se passe dans des conditions équitables (et donc qu’il ne peut pas être accepté sans autre forme de procès avec des pays n’ayant aucune norme fiscale et sociale, aucune sécurité du travail, aucune protection des consommateurs, aucun respect de l’environnement et par-dessus le marché ne respectant aucune propriété intellectuelle et falsifiant leurs prix en manipulant leur monnaie)
  • mais cela ne doit en rien aveugler sur le fait que le capitalisme (la pleine sanctuarisation de la propriété privée mise à mal en France) et surtout le total rétablissement de la pleine liberté d’entreprise (libéralisme) sont les conditions sine qua non au redémarrage de la croissance et au rétablissement du plein emploi en France ; il faut bien séparer les problèmes posés par les multinationales et les PME-PMI.
Le FN veut maintenir voire renforcer les effectifs de la fonction publique (donc ne peut pas résoudre le problème crucial de l’équilibre budgétaire), veut rétablir les « services étatiques de proximité » (faux problème, le problème est la compétence des niveaux politiques et donc la réforme territoriale précédemment évoquée), n’a donc pas de propositions concrètes pour libérer les PME-PMI dont il s’affirme proche puisqu’incapable de baisser simultanément les impôts et les charges ET les déficits publics. 
Il qualifie les quelques propositions intelligentes de Fillon « d’ultralibérales », ne veut rien changer aux graves déficits démocratiques des institutions françaises, ne propose aucun solutionnement concret des questions liées à l’immigration et à l’islam intégriste, garde une vision anti-identitaire du pays…
C’est un parti rétrograde, sans idées modernes, proposant non des réformes nécessaires, mais plutôt d’autres régressions à la place des régressions déjà existantes. Il a adopté les pratiques de clientélisme politique des autres partis.

 Il n’a aucune vision globale.


Non, le FN n’a vraiment rien à voir avec les partis « populistes » d’Europe du Nord démocrates, libéraux, anti-immigration de peuplement, islamosceptiques et eurosceptiques qu’il félicite régulièrement comme s’ils étaient des partis frères. 
Alors que c’est parfaitement faux.

Le « populisme » à la française, bien ringard, est décidément mal parti…


Philippe Perchirin
traducteur, écrivain et auteur d’essais philosophiques et politiques, notamment sur la matière celtique

Photos : DR
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