Google+ Badge

lundi 23 janvier 2017

ÉTATS-UNIS : DONALD TRUMP LE NOUVEAU ABRAHAM LINCOLN ???

Vers une nouvelle guerre de Sécession aux États-Unis ? [Tribune libre]

Les bobos new-yorkais ou californiens défendront-ils le droit d’employer clandestinement une femme de ménage mexicaine avec l’énergie que mirent les fermiers du Sud à défendre l’esclavage voici un siècle et demi ?


Aux États-Unis, l’élection d’un président républicain mal aimé suscite des manifestations hostiles. 

Le peuple s’agite : « Il n’est pas mon président », proclament les mécontents. 
Physiquement, déjà, l’homme est contesté pour son aspect physique un peu étrange, largement caricaturé. 

Ses idées bouleversent de vieilles habitudes de la politique américaine. Son électorat est mal réparti. 

Certains États lui ont fait un triomphe. 


 D’autres l’ont massivement rejeté. Les États-Unis s’enfoncent dans une crise politique et morale qui finira très mal. Nous sommes en… 1860.
 
La comparaison entre Abraham Lincoln et Donald Trump est tentante. 

Les deux présidents républicains ont ont prêté serment sur le même exemplaire de la Bible. 

Tous deux mettent en avant une politique visant à priver leur pays d’une main-d’œuvre docile et peu coûteuse, les esclaves noirs pour l’un, les latinos illégaux pour l’autre. 

 Ils ont tous deux insisté dans leur discours inaugural sur le dialogue et la compréhension entre Américains.
En paroles, cependant, Donald Trump s’est montré plus radical que son prédécesseur. 

« Aujourd’hui, nous ne transférons pas seulement le pouvoir d’un gouvernement à un autre, ou d’un parti à un autre », a-t-il déclaré. « Nous transférons le pouvoir de Washington D.C. pour vous le rendre, à vous, le Peuple américain » Lincoln s’était affiché beaucoup plus conservateur.

« Je n’ai aucune intention, directement ou indirectement, de m’en prendre à l’institution de l’esclavage dans les États où elle existe », avait-il assuré. « Je considère que ne n’en ai aucunement le droit et je n’ai aucune envie de le faire. »

Malgré cette modération affichée, l’élection d’Abraham Lincoln a été suivie d’un « Americanexit » : sept États du Sud décidèrent de quitter les États-Unis pour former une Confédération. 

Le rétablissement forcé de l’Union au terme de la Guerre de Sécession tua plus d’Américains (entre 600.000 et 750.000) que les deux guerres mondiales réunies.

La « sécession morale » des Américains qui défilent aujourd’hui en clamant « Not my President » pourrait-elle avoir des conséquences aussi tragiques ? 

Les bobos new-yorkais ou californiens défendront-ils le droit d’employer clandestinement une femme de ménage mexicaine avec l’énergie que mirent les fermiers du Sud à défendre l’esclavage voici un siècle et demi ? 

L’Amérique d’aujourd’hui n’est plus celle de l’époque. 

Cependant, dans un pays où les armes sont plus nombreuses que les habitants, un dérapage est vite arrivé.


Erwan Floc’h

Photo d’Abraham Lincoln par Henry F. Warren, domaine public, Wikimedia Commons
Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine