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samedi 14 janvier 2017

ÉCONOMIE ET ÉCLATEMENT DE L' EUROPE ! TRIBUNE LIBRE !


 L'éclatement de l'Europe selon Sigmar Gabriel, ministre de l'économie allemande


Madame, Monsieur,
Chère amie, Cher ami,

"Nous serions maudit par nos enfants et nos petits enfants".

Sigmar Gabriel, Vice-Chancellier allemand, ministre de l'économie et chef de file des sociaux-démocrates (SPD) a choisi la fin de l'Europe comme thème pour son entrée en campagne contre Angela Merkel qui briguera un 4e mandat à la tête de l'Allemagne en octobre prochain.

"Je sais où en est l'Europe" a-t-il affirmé au Spiegel, le grand hebdomadaire outre-Rhin. "Il n'est plus impensable qu'elle puisse éclater".

C'est vous dire si ma recommandation, la semaine dernière, de diversifier le placement de vos économies en dehors d'actifs libellés en euros est d'actualité. Ne laissez pas toutes vos économies sur des comptes libellés en euros (parmi les alternatives : monnaies étrangères, métaux précieux, biens d'usages...).

À ma connaissance, c'est la première fois qu'un ministre en exercice d'une grande puissance européenne évoque aussi clairement et sombrement l'échec de la construction européenne.

La presse française n'a pourtant pas daigné relever cette interview explosive dans laquelle le ministre est finalement forcé d'avouer son impuissance :

Oui, "l'Allemagne est le plus grand bénéficiaire de la construction européenne" mais de là à persuader l'électorat allemand qu'ils devraient aider davantage leurs voisins européens..." je sais qu'il s'agit-là d'un débat hautement impopulaire" a-t-il bien dû admettre.

Le cercle vicieux de l'Euro

Vous le savez, l'Euro a perdu 30% de sa valeur depuis 3 ans, en grande partie à cause de la politique accommodante de la Banque Centrale Européenne obligée de soutenir à bout de bras les économies du sud de l'Europe, y compris la France.

Cette chute de 30% de notre monnaie aurait dûe donner un coup de fouet aux produits français, aussi bien sur le marché intérieur qu'à l'exportation.

Il n'en est rien. La balance commerciale de la France continue de se dégrader, signe du déclin préoccupant de notre économie qui ne bénéficie même pas des effets d'une chute de sa monnaie : l'Euro a davantage renchéri les importations qu'il n'a profité aux exportations. Mauvais signe.

L'Allemagne, dont l'économie est très puissante, profite en revanche doublement de cette chute :

Auprès de ses partenaires européens pour qui les produits allemands restent compétitifs grâce à la monnaie unique : sans la réévaluation d'un hypothétique Deutsche Mark, une BMW série 3 coûte le même prix à l'achat qu'une Peugeot 508 (32 000€) ;

Au-delà des frontières européennes grâce à une monnaie dont la faiblesse est complètement décorélées de la puissance économique allemande.

Résultat, force est de constater que la politique monétaire accommodante de la BCE —quoique les Allemands en disent— contribue à creuser la tombe des "pays du Sud", France y compris... Avec une pelle allemande.


Le risque, c'est une sortie par le haut

On agite régulièrement le chiffon rouge de la sortie de pays comme la Grèce ou l'Italie de la zone Euro, moi y compris.

Un tel événement serait préoccupant car il créerait un précédent.

Il mettrait la France devant un choix comparable au "tournant de la rigueur" de 1981 mais dans des conditions fortement détériorées par 40 ans de dettes accumulées et de réformes ratées.

Peut-être faut-il en passer par là mais cela engendrerait trop de violences pour être souhaitable.

En revanche, si l'Allemagne décidait de sortir de la zone Euro afin d'éviter d'avoir à soutenir les autres pays de la zone alors le choc serait terrible et l'Euro dévasté presqu'instantannément.

Il n'est pas anondin que le premier concurrent d'Angela Merkel choisisse l'éclatement de l'Europe pour se lancer dans la course.

Il y a une campagne qui aura peut-être plus de poids sur notre avenir que celle du mois de mai... elle se passe outre-Rhin.

Comptez sur moi pour la suivre attentivement.

À votre bonne fortune,





Olivier Perrin,
Le vaillant petit économiste