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mardi 10 janvier 2017

CE N' EST PAS L' EXTÊME DROITE: C' EST LA RÉACTION ! TRIBUNE LIBRE !

Ce n’est pas l’extrême droite : c’est la Réaction!

Drago Le Leviathan

Ce n’est pas l’extrême droite : c’est la Réaction!

Fernando Sánchez Dragó, écrivain, essayiste et journaliste espagnol ♦

Si j’avais aujourd’hui à fonder un journal ou un parti, je l’appellerais La Réaction . 

Un bon mot, qui désigne, selon l’Académie, l’attitude adoptée en réponse à un stimulus ou à une action qui s’oppose à d’autres mesures.

Réactionnaire est celui qui condamne ou combat les changements de nature politique, social ou moral, quels qu’ils soient, mais le qualificatif astucieusement idéologisé par les philanthropes de la guillotine, s’est très vite converti en insulte pendant la Révolution française. 

Les partisans de cette dernière désignèrent ainsi tous ceux qui défendirent l’Ancien Régime et depuis lors, aussi arbitraire et sectaire que soit cette insulte – la première chose qui caractérise le totalitarisme étant de corrompre la sémantique – le mot s’est répandu dans le monde entier.

Tous ceux qui se qualifient de progressistes comme s’ils appartenaient à un club élitiste brandissent dédaigneusement ce couperet de « Réaction » contre tous ceux qui ne militent pas dans leurs rangs. 

On en parle de « flatus vocis », de la vessie d’un bouffon qui urinerait dans le vide ou se prêterait à tous les paradoxes. Réactionnaires seraient, par exemple, pour rapprocher deux exemples, ceux qui souhaiteraient que le capitalisme cède à nouveau le pas au communisme ou les séparatistes de l’autonomie régionale en Espagne. 

Or la « Réaction », c’est rien moins qu’une des formules de Newton qui décrira, dans la troisième de ses lois, le principe de l’action et de la réaction. 

Dans sa Phénoménologie de l’Esprit publiée en 1808, Hegel en fit la pièce maîtresse de son concept de  »dialectique » que Platon envisageait comme  »dialogue » ou  »discussion » en vue de découvrir la vérité.

Quarante ans plus tard, Marx préemptera la force d’un tel outil philosophique pour définir le capitalisme comme thèse, le prolétariat comme antithèse et la société communiste comme synthèse. 
Thèse antithèse, foutaises. Mais les choses depuis l’avènement de l’Internet (la Toile), du politiquement correct, du consensus et de l’euro-islamisation ont changé. 

Le monde reste bipolaire, mais ses pôles ne sont plus les mêmes ce n’est ni la droite, ni la gauche, ni le capitalisme ni le socialisme, ni  le libéralisme ni le  protectionnisme, ni la Raison ni la Foi.


Non, le pendule oscille maintenant entre le centrifuge (la mondialisation, l’ immigration, le multiculturalisme, le plagiat) et le centripète (le souverainisme, l’identité, l’homogénéité, la tradition).


Or, le fléau de la balance s’est cette fois incliné vers le centripète. 


Prenez note contemporains de ce qui est déjà là – Poutine, Orban, le Brexit , Trump – et de ce qui est à venir … Fillon, Le Pen, Hofer, Wilders ? Et les autres… 

Ce n’est pas l’extrême droite. Ils sont – nous sommes – la Réaction.


Traduction de l’espagnol par Michel Lhomme.

Article publié  dans le quotidien espagnol El Mundo et repris par le site ami El Manifiesto. Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Illustration : le Léviathan ou Traité de la matière, de la forme et du pouvoir œuvre écrite par Thomas Hobbes ( partie) .