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mercredi 19 octobre 2016

POLICIERS ET POPULATION DANS LA RUE LE 26 OCTOBRE À PARIS

 

Manifestations de policiers à Paris. « A force de garder notre sang froid, c’est le sang chaud de nos collègues qui coule » [interview]

police
19/10/2016 – 06H45 Paris (Breizh-info.com) –  Pas loin de 500 policiers ont manifesté à Paris, dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 octobre, sur les Champs Elysées. Une manifestation inédite qui visait clairement leur hiérarchie, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Dans des véhicules de fonction ou banalisés, venus majoritairement de l’Essonne et de toute la région parisienne, ils ont perturbé la circulation pendant une demi-heure afin de protester contre la passivité de leur hiérarchie face aux agressions qu’ils subissent au quotidien, comme dernièrement à Viry Châtillon, où ils ont été attaqués au cocktail molotov par des racailles qui ont cherché à les tuer (un policier est toujours entre la vie et la mort à l’heure actuelle). 

Une hiérarchie dont les directives, notamment dans l’Essonne, ne passent plus du tout.

Nous avons pu interroger quelques instants un policier – qui était présent sur les Champs Elysées – et qui, étant par ailleurs lecteur de Breizh-info.com, nous a fait part de sa colère et de son désarroi.

 Nous protégeons, bien entendu, son anonymat, ce dernier  voulant être défini auprès de nos lecteurs simplement comme « un flic comme les autres ».



Breizh-info.com : Pourquoi avoir manifesté avec vos collègues cette nuit du 17 au 18 septembre ?

Un policier parisien : Pour mettre en garde notre hiérarchie. Notre travail devient impossible. On est payé à coup de lance pierres, pour faire des horaires de fou, et pour finir par se faire attaquer et incendier par des tueurs de flics qui ne craignent plus l’État. Cela suffit.


Breizh-info.com : Quelles sont vos revendications ?

Un policier parisien : On en a ras le bol d’entendre notre ministre saluer « le sang froid » des collègues. A force de garder notre sang froid, c’est le sang chaud de nos collègues qui coule . Le policier devrait avoir le droit de faire usage de son arme pour se défendre, et même être incité à le faire, et protégé par sa hiérarchie.
Actuellement, soit on se laisse faire et on termine carbonisé dans une voiture, soit on tire dans le tas, et on termine lynché par les médias qui nous détestent, fichés par les voyous, traqués par l’ultra gauche qui a fait de l’anti-flic sa spécialité.
 Il faut que cela cesse : le policier doit bénéficier de la présomption de légitime défense, avant le début de toute discussion. On ne rentre pas dans la police pour assassiner des gens mais pour protéger nos concitoyens.
Aujourd’hui, on laisse tranquille des tueurs des flics, des types qui vendent de la mort dans leurs quartiers, sous prétexte qu’il ne faut pas prendre le risque de déclencher une émeute. L’État se couche, et les principaux responsables sont tout en haut de la hiérarchie…


Breizh-info.com :  Pourquoi les syndicats n’ont ils pas appuyé cette manifestation spontanée ?

Un policier parisien : C’est très compliqué le syndicalisme policier. Il y a des intérêts d’organisations qui ne sont pas forcément directement ceux des policiers, bien que les syndicats soient fondamentaux pour défendre nos droits en terme professionnel. Mais en terme idéologique, c’est autre chose… il doit y avoir aussi des pressions sur les responsables syndicaux pour qu’il n y ait « pas de vagues » au sein de la base.
Mais c’est terminé tout cela, nous sommes à bout. On voit nos collègues se faire cracher dessus, insulter, humilier toute l’année, certains se suicident tellement ils n’en peuvent plus.
Et maintenant, notre ministre nous félicite parce qu’on a pas fait notre devoir, c’est à dire celui de mettre hors d’état de nuire un individu qui présente un danger immédiat pour notre sécurité et celle de nos concitoyens.
Le système marche sur la tête.


Breizh-info.com :  Quelles solutions préconisez vous pour mettre fin à la criminalité dans les cités notamment ?

Un policier parisien : Il n’y a aucune solution toute faite. Mais elles ne doivent pas être prises par des petits fonctionnaires qui n’ont jamais mis un pied dans une cité ou par un ministre qui a des intérêts politiques.
Déjà, la police manque de moyens.
Trouvez vous cela normal qu’un policier, censé assurer l’ordre, n’ait pas plusieurs entrainements au tir par semaine ? Idem pour l’entrainement aux sports de combat, à la gestion du stress ? Est-il normal qu’on nous demande parfois d’acheter nous même notre équipement ?
Certains jeunes collègues seraient presque incapables de se servir de leur arme en cas de gros coup de pression !
Aujourd’hui en France, nous avons sans doute l’élite mondiale en terme de forces d’interventions, mais force est de constater que pour la base, les moyens ne sont pas mis en œuvre pour avoir une police efficace globalement. Je vous le répète, j’ai des collègues qui vont dans les cités la trouille au ventre, comme n’importe quel citoyen.

Leur arme de service et une formation technique et physique, ainsi que l’assurance d’être protégés en cas de pépin pourraient faire diminuer cette peur.

Pour les solutions, elles doivent être radicales aujourd’hui, parce que nous avons trop attendu. Il y a certains pays qui ne s’embarrassent pas de cas de conscience concernant les dealers par exemple ou les délinquants multirécidivistes.

L’honneur d’une démocratie comme la nôtre devrait être de protéger ses citoyens avant tout, quitte à punir définitivement certains voyous …

L’honneur d’une démocratie comme la nôtre serait aussi de réunir police et justice autour d’une table et de se mettre enfin à travailler ensemble. Et de sanctionner les magistrats qui réduisent trop souvent à néant le travail de nos collègues.


Breizh-info.com :  N’est-ce pas un peu « violent » tout cela ?

Un policier parisien :  N’y voyez pas là un surplus d’émotion liée à l’actualité du moment. Si tout cela n’est pas mis en œuvre, alors un jour, le citoyen regrettera que sa police n’ait pas eu l’autorisation d’être plus ferme et plus offensive, et que la justice n’ait pas eu la consigne de faire son travail sans arrière pensée idéologique.

Le pouvoir des bandes, des gangs, s’il se développe comme actuellement, va transformer nos villes en jungles urbaines ultra violentes. Et passé un certain cap, la police ne sera plus là pour vous défendre…


Photo : DR [cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine


ET AUSSI 

 

 "Ras-le-bol" des policiers : Cazeneuve va recevoir les syndicats "en urgence", appel à une manifestation silencieuse le 26 octobre

Le mouvement des policiers, lancé hors de tout cadre syndical, a été rejoint mercredi par le syndicat Unité SGP police FO qui appelle toutes les organisations syndicales à une "marche de la colère policière et citoyenne" le 26 octobre à Paris et en province.


Des policiers protestent devant l'hôpital Saint-Louis, à Paris, le 19 octobre 2016. 
Des policiers protestent devant l'hôpital Saint-Louis, à Paris, le 19 octobre 2016.  (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

France Télévisions
Mis à jour le
publié le
Après deux nuits de manifestations spontanées de policiers pour exprimer leur "ras-le-bol", Unité SGP Police-FO appelle mercredi 19 octobre à une "marche de la colère policière et citoyenne" le 26 octobre à Paris et en province.

 Les policiers reprochent au Premier ministre, Manuel Valls, et au ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, de multiplier les déclarations et de ne pas leur donner réellement les moyens humains et matériels d'exercer leurs missions. 


"Ce sera à Paris et en province et sans banderoles ni prises de parole", a déclaré à l'AFP Nicolas Comte, le porte-parole du deuxième syndicat de gardiens de la paix. 


"Nous y appelons la population pour soutenir leur police".


Bernard Cazeneuve recevra les syndicats de police mercredi à 17 heures

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur recevra mercredi à 17 heures les syndicats qui réclamaient une réunion "en urgence" , a annoncé le ministère. 

Deux syndicats de gardiens de la paix, Alliance et l'Unsa-Police, auxquels s'est joint Synergie (second syndicat d'officiers), ont demandé mercredi matin une réunion "en urgence" avec les ministres de l'Intérieur et de la Justice, a dit à l'AFP le secrétaire général d'Alliance, Jean-Claude Delage.

 "Les policiers veulent une réponse pénale aux agressions et à la violence dont ils sont victimes", a plaidé Jean-Claude Delage.


La manifestation surprise de centaines de policiers, en pleine nuit lundi à Paris, a poussé mardi les autorités à adresser un ferme rappel à l'ordre à ces agents, même si elles ont dit comprendre leur "exaspération"

Des manifestations ont eu lieu à nouveau lieu dans la nuit de mardi à mercredi, les policiers revenant notamment devant l'hôpital Saint-Louis à Paris où est hospitalisé un de leurs collègues.


Le patron de la police nationale Jean-Marc Falcone, qui a rencontré mardi soir des policiers de l'Essonne à Evry, a dit comprendre leur exaspération, est reparti sous les huées de quelque 400 fonctionnaires rassemblés pour soutenir leurs collègues menacés de sanctions. 

Un adjoint de sécurité de 28 ans a été très grièvement brûlé aux mains et au visage après l'attaque au cocktail Molotov de son véhicule à Viry-Châtillon dans l'Essonne.


source et publication:   http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/