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jeudi 30 juin 2016

TURQUIE / EUROPE : TRIBUNE LIBRE À L' ABBÉ ALAIN ARBEZ !

PUBLIÉ PAR ABBÉ ALAIN ARBEZ LE 29 JUIN 2016
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Paradoxe, car pendant ce temps, Erdogan proclame partout que la Turquie est en Europe, et que son pays doit de ce fait intégrer l’Union… quitte à marchander avec Frau Merkel les conditions de parcage des migrants en transit.

Depuis des années, Erdogan n’a jamais perdu une occasion de remettre la compresse en adjurant les Européens de se rendre à l’évidence : oui, dit-il, la Turquie est en Europe…
Lors du sommet de Copenhague, fin 2003, les dirigeants de l’Union européenne ont cédé à la demande pressante du gouvernement islamiste turc d’entamer le cycle des fameuses discussions à tiroirs pour l’intégration de la Turquie.
Les Turcs argumentaient leur requête urgentissime sur la base des pourparlers de 1964, selon lesquels une promesse leur aurait soi-disant été formulée par la CEE ! 
En fait, il ne s’agissait que d’un partenariat avec le marché commun de l’époque organisé autour du charbon et de l’acier.
Les accords économiques spéciaux issus de cette étape ont d’ailleurs fonctionné et opèrent encore actuellement. 
Mais la perspective d’alors n’impliquait en aucune manière l’union politique et s’arrêtait à ce seul traité d’ordre commercial.
Aujourd’hui, les ex-conquérants de Constantinople se montrent empressés de faire partie dès que possible d’une aire de civilisation dont ils ont, durant des siècles, âprement combattu les valeurs et les symboles.
Qu’on se souvienne des menées ottomanes jalonnées de massacres dans l’Europe centrale et les Balkans. 
Qu’on pense aux interminables périodes de racket en Méditerranée par les pirates albanais qui ont enrichi Istanbul de leurs pillages et de leurs rapts, qu’on n’oublie pas ces cruelles méthodes d’enlèvements permanents de jeunes gens et jeunes filles tragiquement livrés aux notables Turcs (le devshirme) de l’Empire ottoman…
Malgré la réputation abusive de tolérance dont certains le parent, l’Empire de la Sublime Porte a éradiqué par étapes les chrétientés byzantines, anatoliennes et arméniennes. 
Mais outre le fait que la Turquie est géographiquement et culturellement tout sauf occidentale, le projet d’intégration dans l’ensemble européen revient sans arrêt sur le devant de la scène à la manière d’un chantage.
Ce scénario catastrophe présente évidemment de graves menaces pour la cohésion et la sécurité des peuples européens : les frontières d’une Union repoussées à l’est vers des zones totalement déstabilisées, le rapport des équilibres religieux entièrement bouleversé, tout porte à croire que l’opération serait hautement problématique pour les acquis des nations occidentales déjà profondément fragilisées dans bien des domaines. 
Sans parler de l’excroissance mouvante de l’État islamique, discrètement soutenu par Ankara.
A ces risques s’ajoutent ceux de fortes disparités démographiques ainsi que de trafics est-ouest renforcés par l’intermédiaire de filières déjà puissantes (drogue, prostitution, armes, clandestins, etc.).
Pour impressionner les opinions publiques, la litanie des partisans de l’adhésion turque s’appuie sur deux postulats peu crédibles : premièrement, en refusant d’accueillir la Turquie, l’Europe montrerait qu’elle est un « club chrétien », et deuxièmement, elle prendrait le risque de voir l’islamisme proliférer à sa porte.
Il est cependant difficile — honnêtement — de nier l’importance fondatrice des valeurs judéo-chrétiennes dans l’histoire du vieux continent, et qui se plaindrait des avantages civilisationnels manifestes qu’elles ont générés ? Sans aucun doute, les révisionnistes laïcistes, toujours prêts à scier la branche sur laquelle ils sont installés.
Rappelons quand même qu’il y a eu, en 4 décennies, des transferts massifs de populations musulmanes allogènes à l’intérieur de ce « club chrétien » européen (50 millions ?), et le basculement s’accélère ces derniers mois avec les flux migratoires qui forcent les portes d’entrée de l’Europe, pays de l’Union et hors de l’Union. 
Au sein même des nations européennes, on voit s’activer de plus en plus les groupes islamiques au profil menaçant : alors qu’en revanche, il ne reste plus beaucoup de chrétiens dans l’actuelle Turquie ! (0,05 %). 
Les meurtres de prêtres y sont perpétrés, y compris il y a quelques années avec la décapitation du chef de l’Église catholique, Mgr Padovese, aux cris de Allah ou akbar.
La Turquie peut-elle décemment exiger en sa faveur l’ouverture et la tolérance qu’elle a manifestement toujours refusé d’accorder aux autres ? La montée permanente de l’islam radical turc, le triomphe réitéré du parti d’Erdogan, les multiples attentats antichrétiens et l’antisémitisme ne sont pas là pour inverser la tendance !
Quoi qu’il en soit, le bon sens impose de prendre en compte la montée en puissance de cette idéologie politico-religieuse hostile aux valeurs constitutives de l’Occident.
 Aujourd’hui encore, malgré des campagnes internes et externes, le gouvernement d’Ankara ne veut toujours rien savoir du génocide arménien.
Lorsque ces derniers jours le pape François a fait mémoire du génocide d’un million et demi d’innocents en 1915, le sultan d’Istanbul l’a traité de « croisé ».
De plus, Erdogan n’envisage ni de rapatrier les occupants turcs illégaux du nord de Chypre ni d’offrir un réel espace d’expression culturelle aux Kurdes et de liberté cultuelle aux chrétiens ! 
Celui qui nie toujours les traces historiques d’un Kurdistan n’hésite pas à faire référence fréquemment à un État palestinien qui lui n’a jamais existé !
L’entrée de la Turquie dans l’espace politique européen ouvrirait les vannes aux 75 millions de musulmans de ce pays, auxquels s’ajoutera la poussée inévitable des 120 millions de turcophones des nations limitrophes, comme aspirés par ce raz de marée : le million et demi d’arrivants dans l’Allemagne de 2016 ne sera qu’un groupuscule à côté d’une telle déferlante ; alors adieu l’Europe, adieu la laïcité, adieu ce qui reste des communautés juives et chrétiennes encore potentiellement libres d’expression sur leurs territoires ancestraux !…
Des voix s’élèvent dans de nombreux pays d’Europe pour demander un sursaut d’idéal commun en phase avec les aspirations actuelles des peuples déconcertés par le rouleau compresseur de Bruxelles.
 La logique de l’après-guerre qui a présidé aux accords du marché commun pour pacifier l’Europe meurtrie ne correspond plus aux attentes de 2016.
 La mondialisation a aussi offert de nouvelles stratégies au terrorisme qui changent la donne.
Porteuses de sens, à l’inverse des réseaux mercantiles, les identités culturelles et spirituelles revendiquées par les populations indigènes du continent cherchent à retrouver leur place centrale dans une Europe de nation souveraines et partenaires.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez pourDreuz.info.