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mercredi 29 juin 2016

LE BREXIT CONTRE L' EUROPE BUREAUCRATIQUE ........

Ce Brexit contre la bureaucratie européenne

Publié le  dans Europe
Un article de l’Iref-Europe
Brexit : la bureaucratie a créé le populisme
En 1999, le magazine The Economist publiait une enquête réalisée auprès de 164 économistes britanniques qui montrait que deux tiers d’entre eux considéraient que la Grande-Bretagne allait aussi adopter l’euro.
 Fin juin 2016 : non seulement l’euro n’est pas la monnaie des Britanniques mais leur pays a même choisi de quitter l’Union européenne. Les économistes se sont trompés dans leur grande majorité mais qui aurait pu anticiper de tels changements ?
D’ailleurs, au moment où l’on apprenait les résultats du référendum, étaient rendues publiques aussi les statistiques du chômage montrant que le taux d’emploi du Royaume-Uni atteignait 77.8 %, le taux le plus élevé depuis 40 ans ! 
Et le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis 20 ans : 4.9 %, deux fois moins élevé qu’en France. Même le taux de criminalité a drastiquement baissé : les violences sur personne sont deux fois moins élevées qu’au début des années 1990.

La bureaucratie nourrit le populisme

Alors, comment expliquer cette décision de quitter l’Union européenne alors que tout va bien pour eux ? Au-delà des explications les plus farfelues, il faut remarquer l’ignorance d’une partie des médias et de la classe politique qui ne peut pas réaliser qu’un peuple puisse se prononcer contre un système et aussi avoir peur. 
Les Britanniques ont rejeté le côté bureaucratique de l’Europe, cette administration qui impose le calibre des cerises et des tomates et qui a transformé les agriculteurs en fonctionnaires ou en assistés. 
Malgré les aides européennes, il existe le même phénomène de rejet, et pour les mêmes raisons, dans des pays comme la Roumanie où les paysans disparaissent, ainsi que la qualité des vrais produits.
Bien entendu, l’aspect positif est la baisse de la pauvreté dans un pays agricole. C’est l’un des paradoxes de l’Europe : d’un côté, une politique de libéralisation, de libre-circulation et de libre-échange et, de l’autre, une politique de réglementation excessive, d’imposition de normes délirantes et de bureaucratisation grâce aux aides distribuées
Il est d’ailleurs très intéressant de noter que le vote le plus fort en faveur du Brexit l’a été dans les régions britanniques recevant aussi le plus d’aides de l’Europe !
On ne peut que saluer la politique de libéralisation et d’ouverture à la concurrence sans laquelle la France serait encore plus étatisée qu’elle ne l’est aujourd’hui. 
Nous en profitons tous, que cela soit dans le domaine des transports, de la téléphonie ou bien du commerce. Et, il ne faut pas l’oublier, ce sont les Britanniques et aussi les Allemands qui ont le plus milité pour cette Europe libérale.

Le Brexit est favorable à plus de libéralisme

Contrairement à ce que vient de déclarer notre ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, à savoir que « Les Britanniques ont voté contre une Europe ultra libérale qu’ils avaient eux-mêmes contribué à créer », leur vote a exprimé le rejet du versant bureaucratique de l’Europe et non pas son aspect libéral. 
M. Macron devrait savoir que Nigel Farage, le leader de l’UKIP et celui qui a été le fer de lance de la campagne en faveur du Brexit, est un libéral.
Sur le site web de l’UKIP, on peut lire : « nous croyons au libre-échange, aux baisses d’impôts, à la liberté individuelle et à la responsabilité »
La fiscalité représente, par exemple, l’un des aspects le plus libéral de l’UKIP. Farage souhaite une diminution drastique de l’impôt sur les Sociétés, au-dessous de 20 %.
 Il encourage aussi la mise en œuvre de la « flat tax », c’est-à-dire un taux unique d’impôt pour chacun. 
L’UKIP veut aussi réduire l’impôt des plus aisés et il abolirait l’impôt sur les successions.
 L’UKIP voudrait également diminuer la taille de l’État et de la fonction publique, ainsi que le budget des départements gouvernementaux.
Farage voudrait en effet débarrasser le gouvernement de la bureaucratie et des organisations gouvernementales superflues et aller encore plus loin que ne l’a fait David Cameron.
 Il est évident que Nigel Farage n’est pas Marine Le Pen, avec laquelle il n’a pas voulu d’alliance au Parlement européen, ni Jean-Luc Mélenchon. 
Farage tient un discours populiste, pas opposé au libre-échange mais à la bureaucratie bruxelloise.
Il a misé sur la peur de l’immigration incontrôlée et les risques terroristes pour mobiliser les masses ; c’est aussi le discours d’autres leaders politiques populistes dans d’autres pays comme les Pays-Bas, l’Autriche ou bien les États-Unis où n’existent pas de problèmes économiques. 
De ce point de vue, le Brexit est aussi une victoire indirecte des terroristes islamistes.

Farage : pour une immigration par points et décidée par les entreprises

Néanmoins, Farage est tout à fait conscient qu’on ne peut pas élever des barbelés aux frontières et il y est d’ailleurs opposé. 
Il fait des propositions concrètes concernant l’immigration, en s’inspirant du modèle australien.
Les visas d’immigration y sont accordés en fonction des points cumulés par l’immigré au titre de chaque profession qu’il a exercée, représentant chacune un nombre déterminé de points. 
C’est donc en fonction des besoins économiques du pays que les visas sont accordés et les entreprises ont la possibilité de solliciter des immigrés pour leurs besoins en main d’œuvre.
Contrairement à ce qu’on entend, il est probable que le Brexit ne débouche pas sur la catastrophe économique annoncée et que soient trouvés des solutions, de nouveaux partenariats et autres traités. 

Mais ce serait une terrible faute de ne pas comprendre le message principal de ce vote.