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dimanche 26 juin 2016

LE BRAS D' HONNEUR À L' UNION EUROPÉENNE ......

L’Union européenne est morte

 
grande bretagne
Le peuple ne veut plus de l’UE.
 Le Brexit pourrait déclencher une avalanche d’événements, à l’exemple de la chute du Mur de Berlin en 1989, même si leur ampleur et sens sont encore à mesurer, estime Pierre Lévy, spécialiste des questions européennes.
Brexit ! L’événement est littéralement historique.
Pour les élites mondialisées, il dépasse les pires cauchemars et était, en réalité, inconcevable. 
Pour ceux qui suivent attentivement l’actualité européenne, et sont conscients du rejet populaire croissant que l’UE inspire à juste titre, il était au contraire prévisible.
Tout d’abord, un constat saute aux yeux. Certes, une partie de la bourgeoisie anglaise a soutenu le choix de sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne. Il n’en reste pas moins que le clivage est saisissant : d’un côté, les élites institutionnelles et politiques (et syndicales, à quelques louables exceptions près), la City, les banques, les patrons des grandes entreprises (1300 d’entre eux avaient lancé un ultime appel deux jours avant le scrutin) – et les milieux urbains huppés ; de l’autre, les quartiers populaires, les villes ouvrières et les banlieues délaissées, les régions entières désindustrialisées et à l’abandon.
« Cette opposition entre « le haut » et « le bas » de la société est une constante qu’on retrouve dans toutes les consultations sur l’Europe »
C’est ce fossé qui a avant tout déterminé le résultat. Il suffit du reste d’écouter les quolibets haineux qui fusent contre ces « milieux défavorisés » dotés d’« un niveau d’éducation inférieur », « irrationnels et mus par la haine ». Ce mépris de classe, rehaussé par la hargne de la défaite, en dit long sur la nature réelle de l’enjeu.
De même qu’en dit long l’interminable liste des membres de la Sainte-Alliance qui, des mois durant, a tout tenté – en particulier un incroyable chantage au chaos – pour éviter le « cataclysme » annoncé : G7, chefs d’Etat et de gouvernement, ministres, dirigeants de multinationales, banquiers, agences de notation, OCDE, FMI… et même OTAN. Les USA remportent à cet égard la palme, avec une visite à Londres tout exprès du président Obama …
Certes, chaque pays a sa propre culture politique. 
Mais cette opposition entre « le haut » et « le bas » de la société est une constante qu’on retrouve dans toutes les consultations sur l’Europe. 
Car ce bras d’honneur adressé à Bruxelles est le quatrième en moins d’un an. Les Grecs (juillet 2015), les Danois (décembre 2015) et les Néerlandais (avril 2016) avaient déjà fait entendre un Non retentissant lors des référendums portant sur l’Europe.
« Le terme même de « communauté de destin » dit tout : interdiction de faire des choix différents de ceux de la « communauté » »
Cette géographie sociale du refus de l’intégration européenne avait été particulièrement impressionnante lors du référendum français de mai 2005 qui rejeta le traité constitutionnel européen (TCE). Un scrutin qui constituait en quelque sorte un premier tremblement de terre au sein de l’UE.
A l’époque, ce sont bien les ouvriers, et plus généralement le monde du travail, les exploités, les dominés, qui s’étaient révoltés contre le projet européen dont on pourrait résumer ainsi l’objectif le plus essentiel : enlever aux peuples (« peuples » au sens politique, et non ethnique) la liberté de déterminer les grands choix qui conditionnent leur avenir. 
Le terme même de « communauté de destin » (comme se définit l’UE) dit tout : interdiction de faire des choix différents de ceux de la « communauté » ; et, surtout, le « destin » dépasse la volonté humaine…
On notera au passage que la plus haute distinction accordée par l’Union européenne s’appelle le « prix Charlemagne ». Un choix qui en dit long sur les ambitions impériales de cette « construction », qui fut, dès l’immédiat après-guerre, activement promue par Washington.
Certes, cette volonté de récupérer sa liberté politique collective – le terme juridique est « souveraineté », un concept souvent caricaturé, alors qu’il s’agit du cadre même de la démocratie réelle – relève plus souvent de l’aspiration collective que d’une motivation explicite de chaque citoyen. 
Reste que les électeurs britanniques n’ont sans doute pas oublié comment fut bafoué le Non français au TCE, de même que la manière humiliante dont furent traités les Irlandais lorsqu’on leur demanda – par deux fois – de recommencer leur vote parce qu’ils n’avaient pas donné la bonne réponse du premier coup…
Une telle forfaiture ne sera pas possible avec les Anglais. Ceux-ci viennent de délivrer un message simple : on peut s’en aller. La conséquence est certaine : l’Union européenne est morte. Seules la forme et l’échéance de l’agonie sont inconnues.
En 1989, la chute du Mur de Berlin ouvrait une ère où les dirigeants occidentaux ont espéré étendre leur domination sur le monde entier, dessaisir les peuples de leur liberté, et en profiter pour imposer des reculs sociaux littéralement sans précédent.
La suite n’est pas écrite. Mais un formidable retournement du rapport de force s’est esquissé le 23 juin 2016. 
On suggère à tous les progressistes d’en mesurer l’ampleur.
Et le sens.
Pierre LEVY | 24 juin 2016

ET AUSSI

Brexit: Les perdants sont ailleurs qu’en Angleterre…

Crises UE
Avec 51.9%, soit 17 410 742 de voix, la Grande Bretagne quitte avec fracas le paquebot  européen!Les médias grand public leur annonce les pires calamités… Mais ici nous n’y croyons pas.
Au contraire, dans l’article « Brexit ou pas, le navire UE commence à tanguer…« , nous relevions deux points essentiels:
  • la panique des tenanciers de Bruxelles à l’idée de voir sortir la grande Bretagne de l’UE. Preuve en est l’accord signé entre les deux parties qui y acceptaient de remettre en question les textes fondateurs de l’union sur des sujets aussi sensibles que le financement de l’immigration, la monnaie unique ou la souveraineté des Etats.
De fait, le management de Bruxelles est le grand perdant du Brexit. Ce référendum vient sanctionner une gouvernance typique du 21ème siècle qui pense se passer des peuples pour imposer SA vérité.
  • Nous relevions aussi dans cet article, les dangers quotidiens et systémiques que faisaient courir les banques européennes quotidiennement à l’ensemble de la zone euros.
Bien que la Grande Bretagne ne soit pas membre de cette plateforme T2S à risque atomique, le signal envoyé par le Brexit fut effectivement hautement néfaste à ce noeud gordien supranational qui regroupe même des pays qui sont officiellement hors de la  zone euros. 
Voici quelques données relevées ce jour (pour des raisons de confort, les graphiques illustratifs sont publiés ci-dessous en annexes)

1.- Des pertes considérables sur la bourse de l’Eurozone:

  • L’Eurostoxx 50 qui regroupe 50 groupes de l’Eurozone. Il perd en ce moment plus de 9%
  • Le « palmarès » des banques françaises n’est guère brillant: Société générale est à plus de 21% de perte, BNP à 18,245 et Natixis à 16,6%…
  • Les banques allemandes, talon d’Achille de l’Eurozone, effectuent  une sérieuse plongée. Commerzbank n’en menait pas large cette nuit avec 5, 41 euros l’action…
Quant à la Deutsche bank, elle perdait plus de 155 sur son titre…Bref, les pertes sur le marché boursier de l’Eurozone sont considérables…

2.- Les pertes sur le marché boursier britannique

Avec -4,37% les pertes sur le FTSE sont nettement plus limitées… Les prévisionnistes mainstream annonçaient l’apocalypse pour la Grande Bretagne.
Les faits leur donnent tort. Il suffit de regarder les données pour comprendre où se trouve la faiblesse…

3.- Les impacts sur les monnaies

Au niveau des monnaies, effectivement la livre est en train de perdre près de 8.58% par rapport au dollar. Mais est-ce une mauvaise chose? Nous venons de vivre des années de politique monétaire non conventionnelle supposée dans le cas de la Banque centrale suisse affaiblir un franc trop fort et donc néfaste aux exportations.
D’un coup, dans le cas du Brexit, on nous explique que la chute de la livre est mauvaise.
Alors une  monnaie faible est bonne ou mauvaise pour les experts du 21ème siècle? Faudra se mettre d’accord une fois pour toute.
Force est de constater qu’en quelques heures, la Banque d’Angleterre a atteint à zéro frais les objectifs recherchés par la BNS  qui ont coûté des centaines de milliards…

4.- Au niveau américain (cf mise à jour ci-dessous)

Le dollar américain est en train de gagner face à toutes les monnaies y c face au franc suisse… (graphique ci-dessous).
Pertes mais limitées à 2,54% sur le Dow Jones à la mi-journée et de 2.63% sur le S&P 500…
Bref, si nous disions il y a deux jours que le bateau bruxellois tanguait. Nous pouvons dire aujourd’hui, que la zone euro pourrait risquer la faillite. Une faillite systémique grandeur nature qui relèguerait les crises de 2008 ou de 2011 à des épiphénomènes… 
Les sauveteurs qataris qui ont renfloué plusieurs banques dont le Credit suisse ou la Deutsche Bank n’y pourraient plus rien cette fois tant la zone euro et ses partenaires ont été financiarisés de manière systémique et systématique dans une grande fuite en avant…
L’ampleur du crash qui menace aujourd’hui encore plus qu’hier des banques comme la Deutsche Bank ou la Commerzbank est à prendre très au sérieux dans les temps à venir. Nous suivrons de près l’évolution de cet ensemble….
Voilà ce qu’il en coûte à vouloir construire un projet sans le facteur humain. Bruxelles a voulu gouverner par la force en augmentant la résilience des peuples à travers des normes écrasantes et aliénantes. Le tout  se retourne aujourd’hui contre elle.
La propension à l’échec se poursuivra jusqu’au jour où le facteur humain sera intégré dans la réflexion, la vision et les actions qui en découlent.
 L’humain est la base et l’assise sans lesquelles aucune structure ne peut tenir et encore moins durer…
Faire sans l’Humanité mènera systématiquement à l’échec. C’est une loi de la nature.
Liliane Held-Khawam | 
Annexes:
  • Des pertes considérables sur la bourse de l’Eurozone:

Banques européennes
commerzbank
Eurostoxx 50.PNG
  • Les pertes sur le marché boursier britannique

  • FTS 100
  • Au niveau américain

  • Franc suisse brexit
dow jones brexit

MISE A JOUR! Et voilà l’histoire de Septembre 2011 qui se répète mais avec un multiple inconnu à ce jour

LE BAIN DE SANG SUR LES BANQUES EURO. Bruno Bertez

Le dollar funding en difficulté, on manque de dollars, la Fed a promis d’en donner 
The Federal Reserve is carefully monitoring developments in global financial markets, in cooperation with other central banks, following the results of the U.K. referendum on membership in the European Union.
The Federal Reserve is prepared to provide dollar liquidity through its existing swap lines with central banks, as necessary, to address pressures in global funding markets, which could have adverse implications for the U.S. economy.