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dimanche 29 mai 2016

QUAND LE SYNDICALISME VIT DE L' ARGENT PUBLIC ??? ARRÉTONS DE LES SUBVENTIONNÉS !


Une bonne semaine pour la CGT

Publié le  dans Social, Syndicalisme
Par Nathalie MP.
Quelle semaine ! Une semaine furieusement française, pourrait-on dire.

 La presse étrangère nous observe avec un mélange de résignation et d’étonnement, et je suis certaine que vous connaissez tous un Anglais ou un Allemand qui vous a confié ses réflexions désabusées. « Vous les Français, vous marchez sur la tête, il n’y a qu’en France qu’on voit des blocages pareils », m’a expliqué Stefan Berger, ressortissant allemand qui travaille pour un fonds d’investissement et vit en France depuis plus de vingt ans. 
Il y avait comme une sorte de compassion gênée et interrogative dans sa voix.
En temps ordinaire, on vit sa vie, on travaille, on voyage, on se détend, on fait du sport, on rencontre des amis, on va au cinéma, on bouge à sa guise, et tout se passe à peu près bien, le ciel ne nous tombe pas sur la tête.
 L’actualité, les nouvelles, les infos, tout ce qui se passe dans le vaste monde nous arrivent à travers la télévision, les journaux et internet sans qu’on ait à observer un impact immédiat dans nos emplois du temps et nos façons de vivre.

Défendre les travailleurs contre les patrons

Mais cette semaine, cerise sur le quatre-heures des petits enfants que nous sommes, nous avons eu la chance inouïe de vivre l’actualité en temps réel et directement dans nos vies quotidiennes, comme chaque fois que nos syndicats préférés, abandonnant provisoirement les lourdes responsabilités administratives liées aux 184 reconductions des CDD de leurs employés, ainsi que la restauration grandiose des bureaux et des appartements de fonction de leurs chefs, décident de se mettre « en lutte. »
En lutte pour quoi ? Pour défendre les droits des travailleurs contre les abus des patrons et du grand capital, of course. Quand on sait ce que contient la loi Travail, ou plutôt tout ce qu’elle ne contient pas, on se demande comment la situation a pu devenir aussi explosive. 
Manifestement, « l’inversion de la hiérarchie des normes », cette disposition qui permettrait dans certains cas de faire prévaloir les accords trouvés au sein de l’entreprise sur les accords de branche, ne plait pas du tout à nos amis de la CGT et ils le font savoir.
De toute façon, si les étudiants de l’UNEF trouvent tous les soirs matière à refaire le monde contre la loi Travail en occupant, non sans charivari, les places publiques des grandes villes de France, plutôt que de peupler de jour les amphis des universités payées spécialement par nos impôts à seule fin de les instruire et de les préparer à entrer dans la vie active, il n’y a pas de raison que la CGT n’apporte pas elle aussi son savoir-faire inégalable en matière de merguez, pneus brûlés, blocages d’usine avec dégradations de moins en moins optionnelles, ainsi qu’intimidations et violences en tout genre envers les personnes récalcitrantes.

Quelle représentativité de la CGT ?

Elle est de plus en plus petite, la CGT, et elle représente de moins en moins de salariés, 3% actuellement. 
Raison de plus pour frapper fort et se faire entendre. 
Tiens, voilà une bonne idée : bloquons les raffineries, lançons quelques autres petites grèves et attendons patiemment que le gouvernement retire sa loi.
De son côté, le gouvernement ne veut pas reculer d’un pouce sur le terrain, vu qu’il a déjà complètement reculé dans le texte.
 Il en va de la stature de grands réformateurs que MM. Hollande et Valls aimeraient bien se voir attribuer avant de passer au round élection de l’an prochain. 
La situation est particulièrement délicate. Dans ce bras de fer entre la gauche Élysée et la gauche merguez, la seconde n’a rien à perdre, d’autant que les inspecteurs du travail ont toujours tendance à trouver de bonnes excuses à ses petits dérapages.
Mieux, une majorité assez confortable de Français, 62%, trouvent les actions contre la loi Travail justifiées, ainsi qu’il ressort d’un sondage IFOP réalisé cette semaine. 
La crainte sur les facilités de licencier, ainsi que la faible popularité initiale du gouvernement expliquent l’essentiel de ce résultat. 
C’est tellement déprimant que je préfère ne retenir que la seconde raison, assez valable tout compte fait.
Un chauffeur Uber m’a confirmé hier soir « qu’il les comprenait, les gars, faut voir ce que le gouvernement veut faire à leurs emplois. » Ça ne serait pas plutôt le contraire : faut voir ce que la CGT fait à nos emplois ? Et à notre image, à notre attractivité ? J’ai préféré ne pas discuter. 
D’ailleurs mon mari me pinçait gentiment le bras d’une façon qui voulait clairement dire : « Surtout, tais-toi. » Je savais que j’allais pouvoir me rattraper ici.
Bref, depuis le week-end dernier, il est devenu très difficile de s’approvisionner en carburant. Ma voiture est donc à sec depuis mardi.
 J’ai dû l’abandonner en plein centre de Lille après avoir parcouru à tout casser cinq kilomètres quand l’ordinateur de bord m’en accordait encore soixante. 
Un petit arrangement pour siphonner de cinq litres le réservoir d’une voiture de location devrait finalement me permettre de parcourir les quelques kilomètres qui me séparent de la Belgique, pays de cocagne où l’essence coule à flots détaxés.

La CGT contre la liberté de la presse

Jeudi, nouveau coup dur : pas de journal. 
Si le fait de ne pas pouvoir compter du tout sur sa voiture complique pas mal la vie quotidienne, l’absence d’un journal pendant un jour n’est pas forcément très dérangeante, sachant que les précédents numéros s’accumulent sur une certaine table en attendant d’être lus ou carrément jetés (attention, pas de gaffe, uniquement dans le bac prévu à cet effet). 
Mais le principe, complètement anti-démocratique, est inadmissible : la CGT a bloqué la parution de tous les journaux qui ne voulaient pas publier son tract contre la loi Travail. 
Alors que Le Figaro, L’Opinion ou Libération mettaient leurs éditions numériques à disposition gratuite du lectorat, seule l’Humanité paraissait en kiosque, témoignant ainsi qu’il y a bien une « presse aux ordres » en France, mais pas forcément celle qu’on croit et pas forcément aux ordres de qui on pense.
Et hier, avec un total manque d’humour, mon Service des impôts des entreprises m’a adressé un courrier fort explicite me menaçant d’une amende pour « non respect des obligations déclaratives » : vous avez bien déclaré et payé votre TVA de décembre 2015, merci Madame, mais votre déclaration a été faite avec un petit peu de retard, ça fera 1325 euros. 
Que répondre dans le petit cadre ménagé à cet effet ? Envoyer une photo de pneu brûlé en disant « Niet » ?
Et dire qu’il va encore falloir que je pense à me connecter au fabuleux site internet impots.gouv.fr pour déclarer mes revenus avant la date limite, histoire de continuer à contribuer, avec le sourire, à la frénésie de dépenses publiques plus ou moins judicieuses qui est la règle dans ce pays, financement direct et indirect des syndicats scandaleusement compris, ainsi que l’expliquait en 2012 un rapport rapidement enterré, le rapport Perruchot.
Merci la CGT, vive la République et vive la France !
Sur le web


ET AUSSI

 

Halte au chantage de la CGT

Publié le  dans Pushmobile, Syndicalisme
Le Parti Libéral Démocrate dénonce les multiples chantages auxquels la CGT se livre envers les Français et, jeudi, envers la presse qu’elle souhaite soumettre à son diktat. Quelques poignées de militants activistes, part infime des salariés, bloquent déjà les raffineries, les ports. Ce mouvement s’est étendu aux transports publics et aux centrales électriques. Mais la CGT du livre a aussi annoncé son interdiction de l’impression des journaux qui refusent d’insérer une page de sa propagande dans leur édition du jour. Non seulement la CGT veut paralyser la vie des Français et plonger des milliers de petites entreprises dans d’immenses difficultés, mais elle veut faire taire les voix médiatiques dénonçant son coup de force. Cette atteinte à la liberté de la presse est indigne d’une démocratie.

Prise d’otages par le syndicat

Quoi que l’on pense de ce qui reste de la loi Travail, il est inacceptable qu’un syndicat, au motif de la combattre, confonde le droit fondamental de grève avec la prise d’otage des Français par des piquets de grève qui sont, eux, illégaux. Nous appelons le gouvernement à poursuivre la CGT et tous les organisateurs de mouvements de protestation violents pour ces actions illicites et pour l’atteinte à une liberté fondamentale, celle de la presse.
dessin politique523De surcroît, ce mouvement montre l’absolue nécessité d’engager avec fermeté le chantier de libéralisation de l’oligopole actuel des organisations syndicales. En plus d’être financées à plus de 90% par l’argent public et non par les cotisations de leurs membres, leurs permanents syndicaux sont aujourd’hui intégralement rémunérés par le secteur public, emplois qui seraient jugés fictifs dans le privé. Nous appelons à la suppression de tout financement public des syndicats. Ils doivent vivre de la valeur qu’ils créent pour leurs adhérents et non du parasitisme de l’État évalué à 4 milliards annuels, et de la formation professionnelle.
Les salariés doivent être libres de choisir les syndicats dont ils se sentent proches, sans que l’État ne définisse arbitrairement la liste des syndicats prétendument représentatifs. Le dialogue social doit se dérouler au plus près des salariés et de leur employeur, au niveau de chaque entreprise plutôt qu’au niveau des branches. C’est pourquoi nous demandons l’autorisation de présenter des listes indépendantes dès le premier tour des élections professionnelles.
Finissons-en avec le syndicalisme de conflit à la Française. Permettons aux salariés et aux entreprises d’inventer les nouvelles formes du dialogue social constructif de demain.

En savoir plus sur http://www.contrepoints.org/2016/05/28/254575-halte-au-chantage-de-la-cgt#EVETxKfYIy3HPw7P.99