La France est bi : un pouvoir législatif bicamériste, un pouvoir exécutif bicéphale, un pouvoir judiciaire dyarchique, mais surtout un pouvoir politique doublonné.
 
Un Parlement qui est composé de deux chambres, un gouvernement qui a deux têtes (Le Président et le Premier ministre), une gestion de la justice par deux voies (procureur de la République et président du tribunal) mais surtout un pouvoir politique partagé entre les pouvoirs du Parlement et du gouvernement et les pouvoirs des syndicats, dits les plus représentatifs. C’est ce dernier point qui nous intéresse surtout aujourd’hui.
Cette conception de la représentativité des syndicats, en droit français, aboutit, lorsqu’elle est appliquée à la représentation des groupes professionnels auprès des pouvoirs publics, à un système de représentation des citoyens parallèle à celui qui fonctionne à partir des circonscriptions territoriales, et qui est fondé sur l’élection politique. 
Cet autre type de participation au pouvoir, qui paraît furieusement en progrès aujourd’hui, et qui s’exerce par l’intermédiaire des syndicats considérés comme représentatifs (cinq syndicats [CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC] étant qualifiés comme organisations représentatives jusqu’en 2017, parce qu’ayant obtenu plus de 8 % des voix aux élections professionnelles dans le secteur privé – critère majeur retenu), devient inique et problématique quand un seul syndicat entend faire la loi à lui tout seul.
En octobre 201, le journaliste Antoine Krempf citait la députée Les Républicains Nathalie Kosciusko-Morizet, qui semblait formelle : « Il y a effectivement très peu de syndiqués en France si l’on compare avec nos voisins. Entre 7 et 8 % de la population active française adhère à une organisation syndicale, ce qui représente environ deux millions de salariés. 
En Europe, seule l’Estonie a un taux de syndicalisation plus faible, d’après les chiffres de l’OCDE. » Des chiffres récents confirmeraient ce chiffre de 8 % : 5 % public, 3 % privé (CGT 2,6 %).
 
Mais quand, comme en France, elles deviennent elles-mêmes bien plus représentatives, en nombre d’adhérents, que les partis politiques et, qui plus est, qu’un seul de ces syndicats peut paralyser économiquement un pays entier, en défiant la légalité, à cause de la faiblesse du vrai pouvoir politique émanant du peuple, cela devient un facho-bolchevisme extrêmement dangereux pour l’unité de la nation.
Il est impératif de remettre en cause les règles de la représentativité syndicale en créant une harmonisation au sein de l’Union européenne où, pour le moment, en Belgique et en Espagne, la notion de représentativité syndicale existe avec une acception comparable à la nôtre ; où la notion de représentativité syndicale existe aux Pays-Bas, mais a un sens assez limité ; où la reconnaissance mutuelle des partenaires sociaux prévaut en Allemagne, au Danemark et en Grande-Bretagne ; et où, en Italie, la notion de représentativité n’a jamais été définie clairement, de sorte que la reconnaissance mutuelle l’emporte…

Le cancer syndical procède du fait de cette fameuse crispation sur la « hiérarchie des normes » à savoir Loi > Accord de Branche > Accord d’entreprise > Contrat de travail ; cela ne vous rappelle-t-il pas cette fameuse assertion, jugée réactionnaire, voire fascisante par certains : Famille > Voisin > Concitoyen > Étranger ?
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