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vendredi 27 mai 2016

GRÈVES, BLOQUAGES, LES FRANÇAIS INQUIÉTS ! SONDAGE........

Grèves, blocages : risque d’explosion sociale ?

Publié le  dans Économie générale, Politique, Social


tick tock tom credits tom simpson (CC BY-NC-ND 2.0)Un sondage IFOP pour Atlantico de mai 20161 s’intéresse à la perception du risque d’explosion sociale par les Français en ces temps marqués par les grèves et les blocages.

Face aux grèves, l’inquiétude des Français

En mai 2016, les Français sont 72% à estimer qu’il existe un risque que la France connaisse une explosion sociale. 
Cette proportion évolue assez peu sur les dates pour lesquelles elle était connue depuis 1998. Pour autant, depuis 2013, elle semble osciller autour de 70% alors qu’elle était plus proche des 65% auparavant.
Grèves risque d'explosion sociale
Les extrêmes, de droite comme de gauche, sont les plus enclins à penser que le risque d’explosion sociale est fort, alors que ce sont les sympathisants du Parti Socialiste qui en doutent le plus. 
Ces différences sont portées par la proportion de sondés qui pensent que la France connaîtra « certainement » une explosion sociale ces prochains mois.
 La proportion de Français qui pensent que la France connaîtra « probablement » une explosion sociale ces prochains mois étant elle assez indépendante du bord politique.
Grèves risque d'explosion sociale

Une menace perpétuelle

Évidemment, le contexte de grèves et de blocages de ces dernières semaines se prête à la spéculation sur un risque d’explosion sociale. 
Les résultats du sondage font apparaître un inquiétude dans la fourchette haute des enquêtes menées ces dernières années. On pourrait interpréter la répartition par bord politique comme un souhait, plus que comme une inquiétude, les extrêmes étant souvent plus enclins à recourir à l’agitation pour faire avancer leurs idées.
Quoi qu’il en soit, ce qui frappe le plus, c’est que les Français sont perpétuellement majoritaires à penser qu’il y a un fort risque d’explosion sociale.
 Les émeutes de 2005, du Trocadéro ou encore la succession de grèves, plus ou moins importantes, ces 20 dernières années tendent à leur donner raison. 
La situation de la France aussi. 
Le pays est profondément malade d’une économie atone
Le pays est profondément malade d’un dialogue social absent, à l’image de syndicats qui ne représentent qu’eux-mêmes. 
Le pays est profondément malade d’une liberté économique largement insuffisante. 
Le pays est profondément malade d’une classe politique qui a perdu le sens de l’intérêt général.
Dès lors, l’inquiétude des Français est parfaitement rationnelle. 
Lorsque l’on voit les idées et les personnages emblématiques des mouvements sociaux, qui vont à l’encontre de réformes pourtant insuffisantes, on ne peut que partager cette inquiétude.
  1.  L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 
  2. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. 
  3. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 19 au 20 mai 2016. 

Après les blocages, la censure : c’est la CGT qui dirige le pays ?

Publié le  dans Politique
La contestation de la loi travail a pris depuis le début de la semaine un tournant rocambolesque. Aux yeux d’une fraction de l’extrême-gauche, la réforme est devenue le symbole de cet « ultra-libéralisme » censé détruire le pays. L’absence de consensus à gauche sur le texte, qui a conduit Manuel Valls à utiliser l’article 49.3, a fini par éclater complètement. La loi réformant le Code du travail n’apporte pourtant rien de vraiment nouveau, et ne promet en aucun cas de sortir la France du marasme.
Peu importe, les éléments les plus radicaux de la gauche de la gauche n’ont pas eu besoin de justification pour mettre à sac le centre-ville de Rennes. Là encore, la violence et la destruction pénalisent les citoyens qui paieront pour les débordements, et cela devant l’impuissance des pouvoirs publics.

Impuissance des pouvoirs publics

Impuissance réelle ou gestion tactique des débordements par le pouvoir ? La question reste posée, tant l’inertie des pouvoirs publics sidère. François Hollande serait-il déjà en campagne ? Espère-t-il faire monter le Front national pour s’assurer plus facilement la division de la droite et une victoire aux prochaines présidentielles ? A-t-il vraiment en tête cette stratégie du pire, c’est-à-dire de l’usage politique de la guerre civile ?
Quelques jours plus tard, ce sont les éléments les plus radicaux du syndicalisme français qui entrent dans la danse : plusieurs raffineries sont bloquées, et maintenant, ce sont plusieurs régions qui doivent gérer la pénurie d’essence. Depuis hier, ce sont des centrales électriques qui se mettent en grève. 
 Une poignée de syndicalistes locaux réussit là le tour de force d’enfoncer un peu plus le pays dans la déprime économique et sociale, le tout pour défendre des privilèges qu’un récent rapport (retiré de manière opportune) proposait d’écorner.
Mais que serait la lutte sociale sans la solidarité ? À la casse, aux blocages, est venue s’ajouter la grève dans les transports, les cheminots de SUD rail et de la CGT Cheminots ne pouvant rester insensibles aux appels du pied des camarades bloqueurs. Le but de l’action semble clair : il s’agit de court-circuiter les canaux habituels du dialogue social afin de pétrifier le Code du travail, dont la lourdeur, l’injustice et la technicité incarnent jusqu’ à la caricature le modèle social que le monde entier nous envie.
Peu importe le chômage de masse, le sacrifice de l’emploi des jeunes, l’émigration de nos forces vives : il faut que rien ne bouge et laisser le pays mourir tranquillement.

Maintenant la censure

Seulement, jusqu’à présent, il s’agissait essentiellement de faire payer aux usagers le droit de garder ses privilèges de caste. Depuis ce matin, la CGT s’est arrogée le pouvoir de censurer la presse. Seule L’Humanité, ce parangon de la liberté de la presse, a été épargné par les censeurs.
La confiscation de la démocratie représentative par certaines classes particulièrement protégées des aléas de l’économie devrait nous conduire à une remise à plat du modèle social et politique français : comment une minorité de privilégiés peut-elle tyranniser la classe des citoyens qui la fait vivre ? 
Comment expliquer le louvoiement des pouvoirs publics contre ces multiples atteintes à la liberté de circulation, de commerce et d’expression ? 
Comment tolérer au XXIe siècle l’existence d’une extrême gauche violente qui n’a visiblement aucune intelligence du monde contemporain et persécute les plus faibles ?
Ce n’est pas un nouveau président qu’il faut à la France, mais des institutions libres.


En savoir plus sur http://www.contrepoints.org/2016/05/26/254417-apres-les-blocages-la-censure-cest-la-cgt-qui-dirige-le-pays#PR6VjVPV2XFrfoUe.99