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mardi 26 avril 2016

QUAND LES MÉDECINS SE REBIFFENT ........


« Laissez-nous soigner ! » : les médecins se rebiffent

Publié le  dans Social


Ce que demande Jérôme Marty dans l’article Foutez-nous la paix ! n’est rien d’autre que la fin de la Sécurité sociale telle que créée par les ordonnances de 1945. 
C’est probablement involontaire si l’on se réfère à ses précédents articles http://www.ufml-asso.org/.
« Foutez-nous la paix ! Laissez-nous soigner ! » est le titre et le leitmotiv de son papier. Cela revient à « Laissez faire, laissez passer, le monde va de lui-même » qui était le crédo desPhysiocrates au XVIIIème siècle. 
Les physiocrates sont les premiers à s’être appelés « économistes ». Ils sont considérés comme faisant partie des précurseurs des Libéraux tels que Frédéric Bastiat qui écrivait « Je dis : Laissez faire, en d’autres termes, respectez la liberté, l’initiative humaine… » (Responsabilité chapitre XX Harmonies économiques).
Si les gouvernants, touchés par la grâce, foutaient la paix aux médecins il faudrait aussi qu’ilsfoutent la paix aux patients donc aux Français en général. « Foutez-nous la paix ! Laissez-nous soigner ! » équivaut donc à réclamer la liberté économique. 
Un individu est économiquement libre quand il peut disposer librement de sa propriété telle que Bastiat la définit. « L’homme est propriétaire de lui-même, par conséquent de ses facultés, et, par suite, du produit de ses facultés. »
Baccalauréat et socialisme. C’est-à-dire utiliser comme il l’entend le fruit de son travail. 
Les individus sont libres de travailler, produire, consommer et investir de n’importe quelle manière qui leur plaît, sans intervention de l’État, et cette liberté est protégée par l’État. 
La protection des libertés individuelles concerne aussi bien les atteintes que pourraient se porter les individus entre eux, que les atteintes que les États pourraient porter aux individus. Cela met fin à l’arbitraire d’où qu’il vienne.
 Donc cela va au-delà de l’autonomie matérielle de l’individu. D’une plus grande liberté sort une plus grande justice et ce n’est pas accidentel.
C’est un changement complet de paradigme. 
Cela implique la fin de la Sécu, le libre choix du prestataire de santé, le libre choix du prestataire de retraites, etc. 
Cela implique la fin des multiples codes et règlements qui étouffent la société et nuisent aux relations entre les personnes. 
Cela impose que les Français puissent choisir, échanger des services et contracter librement. 
Pour ce faire il faut leur rendre les moyens de gérer leur vie comme ils l’entendent. 
Cela passe par la restitution aux salariés de leur salaire complet c’est-à-dire le salaire net avec lequel ils ont l’habitude de vivre, majoré des charges prétendument patronales et de tous les autres prélèvements qui grèvent leur rémunération. 
Pour les non-salariés c’est le chiffre d’affaires diminué des frais nécessaires à l’exercice de leur profession. Bien entendu il ne faut pas que les gouvernants reprennent d’une main, avec les prélèvements obligatoires, ce qu’ils ont donné de l’autre. `
Il y aurait donc simplement « Une contribution unique, proportionnelle à la propriété réalisée, prélevée en famille » (Justice et Fraternité). Il n’y aurait donc qu’un seul et unique impôt, qui ne serait bien évidemment pas prélevé à la source, et qui aujourd’hui  s’appellerait la flat-tax.
Mettre fin à la Sécu revient à mettre fin à la spoliation légale qui conduit notre pays à la ruine. C’est faire œuvre salutaire. 
Cela dit, ne nous berçons pas d’illusions. 
Les négociations conventionnelles entre les médecins et la Sécu sont en cours. 
Aucun syndicat ne réclame la fin de la Sécu. Ce n’est peut-être pas le cadre.
Les présidentielles de 2017 seront-elles le moment où jamais de mettre la France sur les rails ? 
Malheureusement tous les candidats sont adeptes de la spoliation légale et le système de l’élection est verrouillé.
La plupart des Français ne voient « que la main douce de l’État, cette bonne main qui donne et qui répand, sera fort occupée sous le gouvernement des Montagnards. 
Vous croyez peut-être qu’il en sera de même de la main rude, de cette main qui pénètre et puise dans nos poches ? » 
 Ils sont persuadés que la France ne pourrait vivre sans spoliation légale.
Ce n’est pas demain qu’il y aura quelqu’un en lice pour défendre et proposer le « Foutez-nous la paix ! »


Patrick de Casanove

Le site de l'auteur
Président du Cercle Frédéric Bastiat, Patrick de Casanove est docteur en médecine. Il exerce à Ondres, commune dont il a été maire de 1995 à 2001. Il est l'auteur de "Sécu, comment faire mieux" (éditions Tatamis).

http://www.contrepoints.org/2016/04/26/249163-