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mercredi 24 février 2016

IVG ET RÉFUGIÉS ! QUI A PEUR D' UN DÉBAT ???

IVG et réfugiés : on peut en débattre ?
Les féministes craignent la réouverture du débat sur l’avortement.
Auteur, militante féministe
Membre du CNDF (Collectif national pour les droits des femmes), du CERF (Cercle d’Etudes de réformes féministes)
Le pape François se mobilise pour les migrants, pas pour leurs victimes Patrick Sébastien
On brûle un évêque en effigie et il s’empresse de minimiser la chose. « C’est Carnaval, c’est le Sud », ajoute l’abbé de Tanoüarn. 
Tout commence par un tweet de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, accusant la France d’inconséquence parce qu’elle facilite l’avortement tout en combattant « Daech ».
Minimiser cette violence du bûcher ? Il ne faut pas. Elle est très inquiétante, très grave. 
Comme il très grave d’en arriver à un point, en Europe, où non seulement le débat sur l’avortement, mais même l’information sur l’IVG sont progressivement interdits.
Mais pour que les femmes acceptent sans crainte majeure un débat sur l’avortement, il faudrait au préalable que l’Église révise tous ses commandements qui aboutissent à l’assujettissement des femmes, de leur corps, au pouvoir et desiderata des hommes. 

Il faudrait qu’elle prouve qu’elle ne prône rien qui mène à imposer à une femme de concevoir sans avoir réellement, librement, désiré une conception éventuelle.
C’est bien tout le contraire d’une réflexion sérieuse en ce sens que traduit le tweet de Marc Aillet.
Comparer les femmes qui avortent aux assassins de l’État islamique est odieux. Que cherche l’évêque de Bayonne : le débat sur l’avortement ou la violence ? Dans la vidéo de l’interview qu’il a donnée après son tweet, il affiche un sourire amusé.

Visiblement, il n’a aucune conscience de la violence que représentait la situation des femmes avant l’obtention des droits à la contraception et à l’avortement.

 Les femmes n’avaient ni le droit d’être informées sur leur corps, ni le droit de refuser que des hommes les rendent enceintes, et quand, désespérées, elles avortaient, elles risquaient la mort par septicémie, le curetage à vif par des médecins sadiques et, pour certains catholiques, la prison ou la guillotine.
Marc Aillet expliquait qu’il veut, sur l’avortement, un réveil de consciences anesthésiées. Il disait : « Ce n’est pas un progrès quand, pour résoudre un problème, on supprime une vie humaine ». Il disait également son « refus d’opposer dans ce débat le droit des femmes et le droit des enfants ». Puis il expliquait que l’Église a toujours défendu les plus vulnérables, et qu’à ce titre, le rôle de l’Église est de défendre les migrants, qu’il décrit comme fuyant la guerre et les persécutions.
Affirmations bien contradictoires entre elles alors que nombre d’arrivants « migrants » ou « réfugiés » commettent des viols, et alors que les syndicats patronaux se réjouissent ostensiblement de l’arrivée de réfugiés comme nouvelle main-d’œuvre que le FMI recommande d’employer sous les salaires minimaux.
Les féministes craignent la réouverture du débat sur l’avortement, car elles craignent le retour des grossesses forcées, du mépris pour la vie des femmes et pour les enfants ainsi conçus au nom des « droits » des hommes sur le corps féminin. Ce genre de tweets ne peut qu’aggraver nos craintes.
ET AUSSI




Et si on lâchait les basques de Mgr Aillet ?
Pourquoi un tel déchaînement contre cet évêque, depuis ses deux fameux tweets sur l’IVG ?
On peut minimiser. Invoquer la dérision outrancière propre au carnaval – oui, mais pourquoi cette cible-là, clairement désignée, quand elles n’étaient, les autres années, jamais identifiables ? -, parler de tradition populaire – qu’elle nous arrange, la tradition, ça a du bon…
On peut ne pas en faire un plat, pardonner et tourner la page de ce qui n’est, finalement, qu’un martyre de papier mâché : il en est, sous d’autres cieux mais de même confession, qui, eux, sont brûlés pour de bon. 
C’est ce qu’a fait Mgr Aillet, avec intelligence, et c’est tout à son honneur.
Mais on peut aussi s’interroger : pourquoi un tel déchaînement contre cet évêque, depuis ses deux fameux tweets sur l’IVG ? Condamné par un ministre, montré du doigt par un député dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, et maintenant brûlé, par mannequin interposé ? Sans parler du tsunami d’articles de presse.

Toutes proportions gardées, Mgr Barbarin, que d’aucuns, ces dernières semaines, ont soupçonné d’avoir étouffé une affaire de pédophilie, a été moins malmené.
Mgr Aillet, pourtant, n’a pas fait dans l’extravagant ni le transgressif. Il a même été terriblement peu original. Il s’est contenté de rappeler ce que l’Église répète encore et toujours, inlassablement : avorter, c’est mettre volontairement fin à une vie. Dit autrement, c’est tuer. 
Le pape lui-même, dont tout le monde semble raffoler quand il pagaye dans le sens du vent, vient encore de l’affirmer sans ambages, sur fond d’épidémie Zika : « L’avortement est un crime. »  
Alors, quoi ? On brûle le pape François ? Ou il peut encore servir, sait-on jamais, pour le dossier « migrants » ?
Mgr Aillet serait américain et militerait contre la peine de mort, il aurait affirmé trouver « illisible » la politique de tel État, prétendant protéger les citoyens contre les meurtriers de Daech tout en tuant lui-même légalement par injection létale.
 Il aurait ensuite demandé pitié pour les pauvres hères du couloir de la mort, tout le monde aurait considéré le point de vue avec intérêt, on lui aurait peut-être même obligeamment ménagé une tribune dans le Huffington Post ou leCourrier international. Pour qu’il développe un peu.
Mais être contre la peine de mort est une bonne opinion quand être contre l’avortement en est une mauvaise. Très mauvaise. Exécrable. Et même indicible. 
Nous ne sommes pas le pays de la liberté d’expression, mais le pays de la liberté d’UNE expression, toujours la même, préformatée, exclusive. Il est vrai que, pour cette expression autorisée, la liberté est grande, gigantesque, elle est même infinie. 
On peut cracher, éructer, insulter, piétiner, humilier, brûler, s’en donner à cœur joie. Pourvu que l’on ne sorte pas du cercle soigneusement circonscrit, pas même du bout de l’orteil. 
Que l’on ne tente pas d’escalader le mur hérissé de barbelés idéologiques, surveillé par les Vopos médiatiques. 
Nos politiques n’ont pas attendu Trump pour s’essayer à la maçonnerie.  Et ils y excellent.
 
Bd Voltaire