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samedi 27 février 2016

CULTURE: PODEMOS ET SALVATOR DALI .........

AUJOURD'HUI
Podemos veut débaptiser la place Salvador Dalí, le peintre étant jugé « franquiste »
Les « intellectuels » de madame Carmena sont comme les nôtres : 
sectaires et pauvres d’esprit.
Ecrivain, musicienne, plasticienne 
Si ça n’était aussi bête, on en rigolerait mais, hélas, le fanatisme des réformateurs est sans limites. C’est étrange, en effet, mais il est une constante universelle – j’entends par là qu’elle a cours sur toute la planète – chez ceux qui se revendiquent comme « les forces de progrès » : l’obsession de la tabula rasa.
Tous les illuminés de la révolution prolétarienne y ont succombé, tous les gauchismes en ont fait leur credo. Depuis qu’un dénommé Eugène Pottier en a écrit les paroles en 1871, « L’Internationale » préside aux destinées des réformateurs : « Du passé faisons table rase/Foule esclave, debout, debout/
Le monde va changer de base/
Nous ne sommes rien, soyons tout. »
 
Et donc vous n’êtes plus rien.
Il est vrai, toutefois, que la table rase n’est pas l’apanage des seuls nostalgiques des camarades Staline ou Pol Pot. 
Nos religions ont eu aussi leur lot d’inquisiteurs forcenés et les actuels tenants du califat sont de grands spécialistes de l’effacement de l’Histoire. Reste que, dans nos contrées européennes, ils sont encore (peut-être plus pour longtemps) devancés par les partis des travailleurs-travailleuses.
C’est ainsi que le nouveau maire de Madrid, madame Manuela Carmena, s’est mis en tête, avec ses amis de Podemos, de débaptiser toutes les rues et places de la capitale espagnole se rapportant au franquisme.
 Elle a demandé à « des intellectuels universitaires » de plancher sur le projet : ils lui ont remis une liste de 256 noms.
Mauvaise idée qui a provoqué une levée de boucliers à laquelle Mme Carmena ne s’attendait manifestement pas. 
La naïveté de ces gens est toujours réjouissante.« Il y a une vague de fond généralisée de refus massif, véhément et viscéral, à ce projet », dit le correspondant de RFI à Madrid. 
On n’hésite pas à parler de« purge idéologique », et il est vrai que ça lui ressemble fort… car « outre des généraux, des dirigeants politiques, des députés, on trouve dans cette liste des écrivains, des dramaturges, des artistes, des poètes, des toreros, des journalistes »
Jusqu’à Salvador Dalí, dont on veut débaptiser la place, « le fait qu’il ait été reçu un jour par Franco le rend(ant) aujourd’hui pestiféré ».
Comme disait, justement, Dalí, ce génial foutraque catalan : « L’activité paranoïaque critique est une force organisatrice et productrice de hasard objectif. »  
Et le hasard objectif met madame Carmena dans l’embarras. Elle reconnaît que cette liste « est une absurdité », mais pour autant elle ne veut pas fâcher ses bons amis de Podemos qui l’ont fait élire sur la promesse de faire du passé table rase. 
Que va-t-elle choisir : le bon sens ou le triomphe de la bêtise ?
Notez qu’on a tort de rigoler parce qu’il y a gros à balayer devant notre porte. Les purges idéologiques, de ce côté des Pyrénées, on connaît !
 Chez nous, 70 ans après la fin de la guerre, c’est encore la reductio ad hitlerum qui s’impose. 
Pour cela, on a débaptisé des écoles, des bibliothèques, des places et des rues, sorti de l’oubli des écrivains et des musiciens pour livrer salement leur mémoire en pâture à des gamins qui ne savaient même pas lire… 
Qu’avaient donc fait, par exemple et pour ne citer qu’eux, un Chardonne ou un Florent Schmitt pour souffrir, trente ou quarante ans après leur mort, l’indignité nationale ? 
Être réputés « collabos » par des hordes d’ignares satisfaits.
Les « intellectuels » de madame Carmena sont comme les nôtres : sectaires et pauvres d’esprit. 
Hélas, c’est un mal très répandu.