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vendredi 29 janvier 2016

TRIBUNE LIBRE, POINT DE VUE ET CONSTAT !

Les calculs tout simples de « Nicolas Philippot »
Nicolas Sarkozy est quelqu’un qui se définit par ses non-convictions.
Incompréhensible Sarkozy. 
En reniant ostensiblement sa promesse d’abroger la loi Taubira, il se prive de l’électorat catholique conservateur et perd toute chance à la primaire de la droite.
Aurait-il renoncé à la présidentielle ? On pourrait le croire, mais il ne se serait pas donné la peine, dans ce cas, de faire écrire un livre et de le relire.
Alors, a-t-il fait le calcul de Florian Philippot au moment de la Manif pour tous ? 
Ces questions de mœurs sont un détail quand l’Europe est envahie, et menacée par le mondialisme, l’électeur me suivra sur l’essentiel ? Peut-être, mais il oublie une chose. 
Sur cet essentiel, le Front national, à tort ou à raison, passe pour parfaitement « safe » grâce à l’ombre portée du grand méchant loup Jean-Marie. 
Ce n’est pas le cas de Mister Kärcher Girouette.
Reste une troisième hypothèse. Sarkozy sait lire les signes que lui envoie le système, les sondages en particulier. 
Il a compris qu’à soixante-dix balais, Alain Juppé a conquis ses galons de prince charmant, et que lui-même, Nicolas le mal-aimé, peut considérer la primaire des Républicains comme fichue si tout se passe comme à la manœuvre. Alors, il la dynamite. 
En se parjurant sur le mariage pour tous, il ouvre une voie royale à un tandem Villiers-Fillon (deux amis du bocage) sur sa droite. 
En même temps, il ravit les militants homos et les francs-macs, espérant leur appui et le réflexe légitimiste de l’appareil quand la droite éclatera et que, dans la déroute d’un combat imprévu, Juppé retournera comme Balladur et Rocard à son destin d’ectoplasme.
Lire aussi : Adieu, Nicolas !
On aurait donc les candidats suivants : Marine Le Pen, peut-être Dupont-Aignan, Fillon, Sarkozy, et, à gauche, qui vivra verra. D’où un émiettement général et la fin de l’hypothèse de travail qui gèle tout depuis des années : Marine en tête au premier tour et le second qui gagne au second.
Car le tandem Fillon-Villiers ne se contentera pas de dynamiter la primaire à droite, il peut siphonner l’électorat qui se porte par défaut sur l’extrême droite et retrouvera, ainsi, une offre qu’il estimera politiquement équivalente et beaucoup plus gratifiante sur le plan des convenances sociales. 
Donc la première place ne se jouera pas à 25 %, mais entre 15 et 20, surtout si Mélenchon entre dans la danse, avec quatre ou cinq candidats qui peuvent se placer.
 Sans doute Nicolas Sarkozy, dans sa modestie profonde, s’estime-t-il le meilleur et capable de l’emporter.
Mais pourquoi, me demandera le lecteur curieux, Sarkozy ne tiendrait-il pas lui-même la place ainsi assignée au fantasmatique « tandem Fillon-Villiers » ? 
Ben, parce qu’il a déjà joué le rôle en 2007 et qu’il ne serait plus très crédible aujourd’hui. Et pour une raison plus surprenante : par conviction. 
Ou plus exactement par non-conviction.
Nicolas Sarkozy est quelqu’un qui se définit par ses non-convictions. Il veut bien, lui qui disait naguère « Ce pays ne me dit rien », se donner à la France pour la vie, mais cette conviction viagère ne fait pas de lui un catholique traditionnel. 
Il ne croit pas qu’une famille se compose d’un homme, d’une femme et des enfants qu’ils ont élevés ensemble. Il ne croit pas que la vie est sacrée. 
Il ne veut donc pas se laisser lier par ces convictions obsolètes, ni devoir son pouvoir à des gens qu’il méprise et combat dans son for intérieur. 
C’est très honorable de sa part.
Bd Voltaire