« Nous sommes en guerre »

PUBLIÉ PAR DREUZ INFO  

LE 15 NOVEMBRE 2015

7781474107_capture-d-ecran-de-la-revue-de-propagande-de-l-etat-islamique

« Accepter la guerre comme horizon et la préférer à un pacifisme meurtrier, c’est le choix d’Israël bien avant que le champ de bataille ne devienne celui d’autres nations condamnées à cette même alternative par les événements. »

Les provinciales, 2006

« Nous sommes en guerre »

Nous ne voulions pas ! Qui nous y a mis ? C’est l’ennemi.
Nous avons donc un ennemi
Mais qui est-il exactement ? Dans les jours qui viennent, notre ennemi prendra, c’est à craindre, tous les noms possibles et imaginables. Surtout, on ne manquera pas d’affirmer clairement qui il n’est pas, afin de prévenir tout risque d’amalgame et d’épanchement phobique.
CJ4Jjv6W8AIN1WO

« Nous sommes en guerre»

Et pour ne pas avoir à entendre le silence qui règne après ces quatre mots, on se like les uns les autres, sur Facebook, dans une belle communauté d’émotion. Avec fraternité, on partage des photos émouvantes ; on est tous « Paris », on est tous « France », on se tient chaud et on se souvient de Charlie, qui n’a encore rien vu venir. Un voile tricolore sur la photo de profil, on frissonne peut-être, la gorge serrée, de se découvrir patriote ; certains vont jusqu’à parler vaguement de nation, en se disant que le mot les dépasse un peu quand même, que c’était mieux avant, quand on disait « vivre-ensemble ».
On s’indigne, bien sûr, contre les dérapages nauséabonds et les tentatives de récupération, qui ne sont pas sans rappeler les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. Car même dans une guerre inédite, restons old-school et n’oublions pas de poser en résistant anti-fasciste des années SOS Racisme…
Allons, nous sommes en guerre, le sarcasme n’est plus de mise.

« Nous sommes en guerre »

Voulons-nous vraiment comprendre ce que cela veut dire ? Souhaitons-nous réellement connaître ce que cette guerre signifie, le rôle qu’elle nous assigne ? Car ils deviennent étranges, ces mots, quand on les soupèse sans hâte dans la solitude, après une conversation avec un voisin. Ils nous blessent lentement, lorsque notre conscience les examine, alors même que nos enfants, dans la pièce d’à côté, poursuivent leurs jeux innocents. Ils provoquent une peur sourde qui nous rappelle un peu nos peurs de petit garçon : on est un homme aujourd’hui, mais la guerre ne vous trouve jamais prêt.

« Nous sommes en guerre»

La mort hante ces mots, et à toute force, nous ne le voulons pas. Notre ennemi, lui, la fréquente et la connaît mieux que nous : elle est devenue son odeur même, il la transpire dès qu’il nous approche, et elle ne l’effraie pas puisqu’il la veut de tout son cœur. La mort est déjà sa demeure. Mais la mort est vaincue, croyait-on savoir ! Cette pensée ne nous est à présent d’aucun secours. La mort a dévoré hier des centaines d’entre nous qui ne reviendrons plus.

« Nous sommes en guerre»

Sommes-nous seulement un nous ? Oh, nous voudrions l’être, dans ces moments tragiques. Seulement, le réel se chargera de nous détromper bien vite : la France n’est plus qu’une vieille idée désincarnée, un écho du passé, un parfum éventé. Que reconstruire sur les ruines à peine fumantes de cette vieille nation disloquée ? Qu’espérer trouver d’autre, lors des fouilles, qu’une antique patrie charnelle où l’âme n’est plus ? C’est peut-être dans l’étrange diaspora de Richard Millet, diaspora de l’intérieur, que nous entrerons sans joie, afin de régénérer un nous qui saura, dans l’ombre de la Croix et de l’étoile de David, accepter d’être un nous en guerre, et d’abandonner ce moi post-moderne empêtré dans « de vieilles idées chrétiennes devenues folles ».

« Nous sommes en guerre»

Alors qui nous dira en vérité qui est l’ennemi, si ce n’est l’ennemi lui-même ? L’ennemi, d’abord, nous désigne et nous enchaîne à lui par ce baiser de mort qu’il appose depuis mille ans sur les lèvres fébriles d’un Occident devenu fébrile et timoré.
Voilà bien longtemps qu’il s’est révélé à nous, l’ennemi... Mais si, essaie de te souvenir : peut-être avons-nous voulu l’oublier mais rassure-toi, lui ne nous oubliera pas : il saura se rappeler à notre bon souvenir dès que nous nous laisserons aller à nouveau à la douce oisiveté, à l’illusion de paix.
Jusqu’à ce qu’enfin, nous entrions en guerre. Car il désire la mort, il l’implore de tout son être : soyons chrétiens, donnons-la lui et prions pour son âme.
SOURCE : Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gédéon Pastoureau pour Dreuz.info.


935ecc0f-5931-4e9e-9270-149a8f4c1597
NOUS SOMMES EN GUERRE (2)


Source : Publié par Dreuz Info le 27 janvier 2016



Vous n’allez pas comprendre
Aujourd’hui, je crois pouvoir d’autant plus comprendre qu’on ne puisse rien comprendre que j’ai moi-même longtemps été dans l’impossibilité de comprendre quoi que ce soit.
La difficulté à changer de paradigme n’est pas mince : si notre vision du Monde, ou d’un élément essentiel de notre vision du Monde, peut assez vite vaciller sous le coup d’une « révélation », quelle que soit la forme que celle-ci puisse prendre (lecture, actualité, événement vécu personnellement), il faut admettre que tout fut entrepris, depuis les années 80, afin que ce qui nous arrive aujourd’hui ne puisse être pensé. Cette impossibilité chronique de voir ce que l’on voit, de penser ce qui nous arrive, est le résultat de forces pesant sur ce que l’on appelle l’opinion, c’est-à-dire l’imaginaire social tel qu’il peut s’exprimer dans la vie courante.
Laissons de côté ceux qui ont déjà mesuré la gravité de la situation, même si nous ne nous entendons pas forcément sur les détails ni sur les moyens à déployer pour résister ; laissons aussi de côté, bien évidemment, ceux qui savent mais qui ont tout intérêt à ce que personne n’ait accès à ce savoir.
Mais les autres ? Ceux qui nient toujours ce qui nous paraît l’évidence, mais qui, pour diverses raisons, pourraient envisager qu’ils se sont trompés jusqu’alors ; ceux qui ne demandent qu’à comprendre mais qui ont du mal à y voir clair dans le flux de données contradictoires ; ceux qui entrevoient par moments que quelque chose ne tourne pas rond mais qui sont trop occupés pour creuser la question…
C’est à eux que doivent s’adresser nos arguments, c’est à eux que nous devons parler, c’est eux que nous devons convaincre par nos patientes explications.



La défaite de la pensée
Les attentats de janvier et de novembre 2015 ont fait dire à certains qu’il y aurait un avant et un après. Un certain nombre d’éléments me laissent penser qu’il n’en sera rien. Ces événements, pour traumatiques qu’ils puissent être à l’échelle de la France et de l’Europe, vont plutôt s’inscrire dans un continuum, dont les viols de la nuit de la Saint Sylvestre constituent le dernier épisode marquant.
Si nous sommes effectivement dans un après, c’est dans la mesure où les services de contre-terrorisme sont aujourd’hui plus actifs que jamais, que cette menace terroriste est désormais très élevée et qu’il en sera longtemps ainsi. Mais les attentats déjà perpétrés ne sont qu’une répétition de ce qui adviendra avec plus de violence : si le contre-terrorisme se renforce à chaque nouvel attentat, les terroristes eux-mêmes apprennent à chaque coup porté et inscrivent leur puissance démoniaque dans une dynamique évolutive effrayante, sachant exploiter tout le savoir que la modernité (c’est-à-dire nous…) peut leur offrir.
Oui, j’ai déjà pu voir les consciences évoluer : depuis une quinzaine d’années, date de mon point de bascule, je mesure le chemin parcouru. Je me souviens d’abord un peu de Salman Rushdie ; je me souviens ensuite et surtout de la lecture du Théâtre des opérations de Maurice G. Dantec. Ce fut mon épiphanie au sujet de l’islam. Si ma dette envers l’écrivain dépasse largement ce point précis, le choc provoqué par la vision brûlante et lucide de Dantec fut fondateur. Par la suite, hormis le fracas du 9/11, d’autres lectures vinrent étayer plus précisément ma perception du problème posé par l’islam, entre autres Jacques Ellul, Bat Ye’or et Ibn Warraq.
Je me souviens donc très clairement ce que pouvait valoir une critique de l’islam il y a quinze ans : rien à voir avec ce que l’on peut dire et entendre aujourd’hui en société, rien à voir avec l’omniprésence du sujet lui-même. Je me souviens des années blogs, qui formèrent le creuset de ce qu’on a appelé la réacosphère et qui furent à l’origine des échanges les plus stimulants qui soient pour qui se sentait un peu isolé pour cause de pensées hétérodoxes. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, ce qui s’écrivait à l’époque sous couvert d’anonymat, se publie sans faux-semblant ou presque.
Mais paradoxalement, la complaisance envers l’islam a toujours cours, et il semble qu’elle se développe et se renforce de manière assez subtile et efficace, un peu comme se renforce le terrorisme à chaque attentat : par exemple, quiconque ayant accès aux grands médias est, sciemment ou non, contraint d’effectuer une distinction bien artificielle entre islam, objet intouchable puisque religion de « millions de musulmans pacifiques » dont nous connaissons la « sensibilité », et islamisme, sorte d’anomalie cancéreuse à traiter afin, urgence ultime, de guérir l’islam lui-même…
Pour l’essentiel, cette distinction veut se justifier par la volonté de ne pas stigmatiser : qu’elle procède d’une visée électoraliste, d’un scrupule humaniste, ou de toute autre projection, nous la voyons s’arrimer solidement et devenir un préalable anodin mais inamovible à tout débat impliquant l’islam. Journalistes, intellectuels et commentateurs de tous poils qui s’emparent courageusement de la question, rares sont ceux qui, ayant un accès facile aux grands médias, se permettent de ne pas se prêter à ce désamorçage.
Concrètement, si en quinze ans, le sujet « islam » est passé de « confidentiel » à « grand public », ce n’est pas uniquement grâce à une intelligence accrue sur le sujet, c’est surtout que les dégâts commencent à être difficilement dissimulables. Islamisation des mœurs en certains territoires, combien de mosquées construites en quinze ans, combien de musulmans en plus depuis quinze ans ? L’islamisation que certains souhaitent par la guerre, d’autres l’espèrent et la construisent par la démographie et le patient travail de terrain (Frères Musulmans, salafistes).
En raison de ce facteur démographique, le padamalgamisme, par l’action sournoise et consciente du CCIF mais aussi de toutes les associations anti-racistes pourvoyeuses de mauvaise conscience sous couvert de générosité et de lutte contre la Bête Immonde, semble avoir gagné une bataille, sinon la guerre.



World War III
La guerre. Nous avons déjà oublié que nous sommes en guerre !
Sur Facebook, ils ont disparu comme ils étaient venus, les drapeaux tricolores. Moins vite que les Je-suis-Charlie, sans doute plus rapidement que le prochain gadget de l’Union Nationale™ qui ne manquera pas de fleurir après la prochaine secousse. Cette guerre qui nous arrive, que nous n’avons pas déclarée, voulons-nous la mener ? Sommes-nous capables, jour après jour, de ne pas perdre de vue que l’islamisme, c’est l’islam, et ce depuis le VIIème siècle ? Voulons-nous comprendre ce que cela signifie en regard de la population musulmane déjà installée en Europe et dont les rangs continuent de croître de manière vertigineuse avec des flux migratoires massifs ?
Militairement, nous pouvons vaincre l’État Islamique. Médiatiquement, il est possible que l’on vienne à bout du CCIF. Qu’importe : après Daech, un autre avatar nous frappera, après le CCIF, d’autres officines de propagande nous harcèleront. Ces batailles, bien que nécessaires et courageuses, seront vaines tant que nous ne nommons pas l’ennemi :
l’islam et son corpus aliénant.
Relayons ceux qui disent la vérité, mettons les musulmans face à leurs responsabilités, ne soyons pas tels ces parents qui n’osent admonester leur enfant de crainte de ne plus en être aimés et qui se retrouvent bien vite avec un tyran à la maison : nous avons déjà trop tardé.



France, qu’as-tu fait de ta vocation ?
L’histoire d’Israël, pour peu que l’on veuille bien prendre la peine de chercher un peu les bons livres dans la somme d’écrits et d’informations biaisés, doit nous être riche d’enseignements à maints égards. En ce qui nous concerne ici, la naissance géopolitique d’Israël en terre conquise par l’islam et la vigueur de la jeune nation juive à combattre les poussées mortifères d’une cause palestinienne dont l’existence haineuse s’enracine dans l’islam, peut d’abord nous éclairer sur un avenir possible de la France en tant que tête de pont de la civilisation chrétienne : puisque la raison d’être commune à tout le monde islamique, c’est la haine des Juifs et la destruction d’Israël, la reconnaissance de la proximité spirituelle de l’Europe et d’Israël doit s’accompagner d’une reconnaissance de la perniciosité de la présence islamique en Europe. La nocivité de l’islam pour le Juif est nocivité de l’islam pour le Chrétien, et in fine, nocivité de l’islam pour tout ce qui est non-islamique.
En 1967, dans la Nation Française, Pierre Boutang écrivait : «L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël […] ».
Je ne sais si l’heure de l’éveil a sonné, mais si la présence agissante de l’islam en France pouvait avoir un effet bénéfique sur la vocation des Chrétiens, ce serait celui-ci : Israël étant la Loi, travaillons à ce que la France redevienne le Cœur, renouons ainsi, autour de Jérusalem «confiée à la garde de l’État et du soldat Juifs », avec notre souveraineté et retrouvons enfin fidélité à la Loi irriguée du sang de ce Cœur sacré.


Au nom du Père
Lorsque je regarde mes enfants avec l’attention au monde que requiert cette bénédiction, la joie ineffable du père couvant du regard sa progéniture insouciante et en bonne santé se voile presque inévitablement d’une sourde inquiétude.
Si engendrer constitue l’acte d’espérance ultime, la crainte de se voir infiniment meurtri dans cette nouvelle chair nous révèle à la fois notre fragilité et la force terrible de cet amour que nous ne connaissions pas avant que d’être père. Mais la crainte aiguë de cette douleur infinie qui menace d’advenir, une fois patiemment domptée, se transforme et donne vie à un souci raisonné.
C’est lui qui me fait écrire aujourd’hui : je préférerais me consacrer à l’amour de la littérature, de la musique, de la peinture, à tout ce que l’Occident à pu laisser aux humbles héritiers dont je suis et pour qui la dette infinie ne cesse d’être plus pesante à mesure que l’on se découvre inculte, mais ce souci que je veux dresser comme une barrière contre l’horreur à qui je refuse de laisser dicter mon destin, il m’accompagne désormais comme une aimable croix.



Gédéon PASTOUREAU
Reproduction autorisée avec la mention suivante : ©Gédéon Pastoureau pour Dreuz.info.