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lundi 25 janvier 2016

POLITIQUE ET CONFIANCE ! UN GOS MOT ? TRIBUNE LIBRE !

Ecrit le 25 jan 2016 à 11:19 par Christian Vanneste dans Poing de vue
 

Pas de démocratie sans société de confiance !

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Pas de démocratie sans société de confiance !
Le régime politique de la France est théoriquement celui d’une démocratie libérale. Qu’elle soit une République, dont on nous rebat les oreilles, ou une monarchie est secondaire.

 Les meilleurs exemples de démocraties libérales sont souvent des monarchies constitutionnelles et les pires des dictatures des républiques si possible populaires et socialistes. Le peuple français désigne ses représentants et son chef de l’Etat par des scrutins en majorité honnêtes. Il est donc libre dans la mesure où il obéit à la loi qu’il se donne par son vote.

 La France est un Etat de droit où l’exercice du pouvoir est contrôlé, l’exécutif par le législatif, lui-même soumis à la Constitution sous le contrôle du Conseil Constitutionnel. La Justice jouit d’une certaine indépendance, celle des juges, que leurs organisations professionnelles s’empressent de défendre. 

La hiérarchie des normes d’une part, l’éventail des recours protègent les citoyens et les justiciables des excès des pouvoirs. L’édifice, la machine ne manquent pas d’allure que notre vieux pays aime souligner par des cérémonies qui mettent en valeur nos corps constitués dans une mise en scène parfois fastueuse.
Et pourtant, en regardant la façade, on ne peut écarter un doute. En voyant fonctionner l’appareil, on sent bien que ça ne marche pas. Certains souhaiteraient changer des pièces selon eux défectueuses.
 D’autres voudraient revoir le plan d’ensemble, modifier une fois de plus la Constitution, bâtir une sixième république. D’où vient le malaise ? D’abord, dans la fierté française blessée jour après jour par le sentiment que notre grand pays à l’Histoire si prestigieuse recule, descend inexorablement. 

Notre économie affiche de mauvais résultats qui se traduisent notamment par la faiblesse de nos créations d’emplois : entre Juillet 2013 et Septembre 2015 huit fois moins que l’Allemagne, onze fois moins que l’Espagne, cinq fois moins que l’Italie ! Notre apparente démocratie libérale demeure un pays structurellement socialiste, avec 57% de dépenses publiques dans son PIB, un Etat obèse dont on attend tout, des collectivités territoriales trop nombreuses, aux compétences mal définies et beaucoup trop dépensières. 
L’inflation des élus et des mandats a créé une caste trop nombreuse, volontiers cumularde, à l’abri le plus souvent des problèmes vécus par la population et qu’elle est censée résoudre. L’enchevêtrement et la limitation des pouvoirs, notamment au sommet par l’abandon de la souveraineté au profit de la technocratie européenne, suscitent un sentiment d’impuissance que l’absence de courage des élus devant les réformes nécessaires accroît encore. Les signes d’essoufflement et de déclin des institutions dont nous étions les plus fiers, comme l’éducation, soulèvent un doute sur l’avenir. 

La politique familiale est en berne alors que le changement de population fait que la France ne se reconnaît plus.
Le moteur d’une démocratie libérale a besoin d’un carburant. Il s’appelle la confiance, et il fait de plus en plus défaut. Les Français s’inquiètent pour le futur du pays. Ils se méfient d’une partie de la population dont la fidélité est suspecte. Ils se défient des politiciens qui sont prêts à trahir l’intérêt national au profit de leurs espoirs de carrière et qu’on jauge plus à leur habileté manoeuvrière qu’à leur sens du bien commun. Ils perdent confiance en eux à force de voir leur passé remis en cause, leur capacité d’initiative individuelle entravée, leur liberté de pensée soumise au politiquement correct, et les mauvaises performances du pays s’accumuler. 

C’est un gaulliste, libéral et conservateur, qui avait formulé le diagnostic tout au long de ses écrits, Alain Peyrefitte. 

La clef de la réussite, ce qui nous manque, c’est ce qu’il appelait la « Société de confiance ». On peut bien sûr s’enfermer dans l’idée qu’une mentalité ne s’invente pas, que les Français ne sont pas protestants, qu’ils ne sont ni anglais, ni scandinaves.
 Mais on peut aussi cerner quelques décisions politiques capitales qui nous orienteraient vers cette libération mentale. Ce serait une révolution, mais elle pourrait n’être que la somme de réformes importantes et nécessaires.
La première réforme consisterait à introduire dans notre système le référendum d’initiative populaire à la suisse pour redonner aux Français le sentiment et le goût de maîtriser leur destin. La seconde viserait à restaurer une nation français unie et homogène, non par une base ethnique hypothétique, mais par la culture, la langue et surtout les valeurs au premier rang desquelles figurent la liberté et le patriotisme, inséparables. 

Ceci réclame une redéfinition légale de la nationalité. La troisième permettrait de limiter le nombre des élus, de leur interdire le cumul des mandats et la professionnalisation. Le « recall » de certains Etats américains, comme la Californie, permet de destituer en cours de mandat un élu qui a perdu la confiance de ses électeurs. 

Une telle mesure obligerait les nôtres à associer l’honnêteté absolue au courage, car la corruption comme l’inefficacité pourraient être immédiatement pénalisées. 

Redonner confiance aux Français dans leur pouvoir, leur unité et leurs représentants, ce serait aussi leur redonner confiance dans leur avenir qui ne doit tomber ni du ciel ni de la main des dirigeants, mais de l’énergie d’un peuple enfin réveillé.

Source:    http://www.ndf.fr/poing-de-vue/25-01-2016/