C’était il y a un tout petit peu plus d’un an. Le 19 janvier 2015 exactement. 
Ce jour-là, Stéphane Mahias, 46 ans, artisan maçon carreleur, et Marvinn, son fils âgé de 16 ans, travaillent dans le grenier d’une maison, rue des Moutons, dans le centre de Ploërmel (Morbihan).
« D’un coup, je me suis senti fatigué, pas bien. Le sol s’est dérobé puis, pour moi, le trou. Le vide. 
La suite m’a été racontée », dit Stéphane, en guise d’introduction.
Le souvenir est tout autre pour son fils, à ses côtés : « Je vois papa s’écrouler, j’ai juste le temps de lui demander où nous sommes avant d’appeler les pompiers J’étais en panique.
 Je tremblais. Je pleurais. J’ai débuté un massage cardiaque que les pompiers m’ont demandé de ne surtout pas arrêter, explique Marvinn, qui en a encore les larmes aux yeux, un an après.  
Je le suppliais de rester avec moi, lui disais que je serais perdu sans lui. L’arrivée des secours m’a paru durer une éternité. » 
 En fait, les pompiers sont arrivés très rapidement sur les lieux.

Équipes médicales d’urgence
Stéphane Chefdor, sergent-chef, pompier professionnel de Ploërmel, se souvient : « C’était dans le vieux Ploërmel, un endroit difficile d’accès. 
Malgré la gravité, les opérations se sont très bien enchaînées. Une succession de petites choses qui font qu’il a la vie sauve aujourd’hui. »
Depuis le 1er janvier 2015, le centre de secours de Ploërmel possède un système de garde postée. 
Trois pompiers sont, de 8 h à 18 h, en permanence dans la caserne. « Avant, nous étions prévenus sur nos « bips ». 
Pour porter secours à M. Mahias, nous avons gagné 6 à 8 minutes, ce qui est énorme », commente le pompier.
Le Smur est venu de Ploërmel. « Nous pourrions avoir les plus beaux camions rouges du monde, sans les équipes médicales d’urgence sur place, c’est plus compliqué. 
C’est une chance pour nous de les avoir si proches », complète Stéphane Chefdor.
Stéphane Mahias est pris en charge par les médecins urgentistes. 
Dans le même temps, le sergent-chef alerte ses collègues du Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (Grimp) de Vannes, car l’évacuation sera difficile.
L’artisan maçon, lui, se bat pour rester en vie, mais le combat est difficile ; il fait trois arrêts cardiaques. 
Pendant ce temps, le Grimp s’active : poulies, cordes sont mises en place, la toiture est démontée. C’est de là que Stéphane Mahias est évacué, avant d’être transféré à Vannes.

Le massage cardiaque : vital
Pendant toute l’opération, Stéphane Chefdor, le pompier, rassure Marvinn. « Sans son massage cardiaque, son père était condamné. 
Alors il fallait lui dire, lui répéter qu’il avait fait tout ce qu’il pouvait du haut de ses 16 ans. »
À Vannes, pendant trois jours, Stéphane Mahias reste dans le coma, son pronostic vital est engagé. 
Après diverses opérations, la pause d’un défibrillateur sous la peau en permanence, il sourit de nouveau à la vie et a pu reprendre son travail. Avec, toujours à ses côtés, son fils.
« Je reviens de loin. Pendant de longs mois, il était difficile d’en parler avec Marvinn sans que l’un de nous ne s’effondre, mais aussi par pudeur. 
Aujourd’hui c’est un peu mieux », avoue Stéphane. Il ajoute :« Je n’ai pas assez de mots pour remercier les personnes qui m’ont sauvé. Je témoigne aussi pour Marvinn qui a été le premier à m’avoir ramené à la vie. »
Père et fils sont très complices. « Avec cet accident de la vie, j’ai découvert qu’il était important de pouvoir dire à mon fils : je t’aime »,glisse le long d’un sanglot Stéphane.
 Et Marvinn, se sent-il comme un héros ? « Non sûrement pas. 
C’est normal de l’avoir fait, c’est mon papa. Je tiens à lui plus que tout. »

Source:   http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/669/