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mardi 26 janvier 2016

COMMUNIQUÉ DU " MOUVEMENT NORMAND " !

Mouvement Normand

Communiqué n° 234 - Semaine 4 - 26 janvier 2016


 

Tous les Français sont égaux,mais il y en a qui sont plus égaux que d’autres !…

Une fois de plus la Normandie est sacrifiée à l’égalitarisme idéologique et au clientélisme servile. 


Sans doute s’y mêle-t-il un désir secret ou refoulé de certains milieux jacobins voulant rabaisser le caquet à ces Normands si glorieusement heureux de se retrouver enfin reconnus dans leur identité pleine et entière de région enfin cohérente, au renom international trop flatteur…

La tentative ministérielle de diminuer le nombre des classes bi-langues dans les collèges (avant de les éradiquer toutes sans doute) soulève l’indignation des professeurs de langues autres que l’anglais et des quelques parents d’élèves mis devant le fait accompli. Elle relève tout simplement du scandale en Normandie dont les Académies sont parmi les plus touchées par cette régression pédagogique.

Avant d’essayer d’en expliquer les obscures motivations, dressons le bilan comparatif inter-académique du saccage ministériel (chiffres fournis par l’Association pour le développement de l’Enseignement de l’Allemand en France) :

Nombre de 6e bi-langues anglais-allemand (Public + Privé)

Acédémies    2015    2016    Évolutions en %


Amiens    176    94    -40,60%
Besançon    96    52    -45,90%
Bordeaux    87    59    -38,60%
CAEN    60    3    -95%
Clermont    74    63    -15%
Grenoble    282    61    -78,40%
Lille    194    79    -59,30%
Limoges    41    24    -41,50%
Lyon    226    68    -68,90%
Montpellier    83    75    -9,70%
Nantes    240    187    -22,10%
Nice-Toulon              -10%
PARIS    100%    des classes    maintenues
Poitiers    114    25    -78,10%
Reims    75    28    -62,70%
ROUEN    130    30    -77%

Cette liste est fastidieuse, d’ailleurs incomplète, mais, ô combien éclairante !

D’abord, qu’entend-t-on par classes bilangues ? Ce sont les classes de 6e des collèges où les élèves, d’emblée, apprennent deux langues vivantes. En l’occurrence, il ne s’agit que de l’association de la langue anglaise – quasi obligatoire – et de la langue allemande, mais le phénomène est identique avec d’autres langues (espagnol, italien, russe, chinois). 


Ces classes sont destinées à former des élèves au multilinguisme, bagage irremplaçable dans le contexte de la mondialisation. Évidemment, elles sont destinées à des élèves jugés capables de se lancer dans de telles études. 

C’est l’émergence d’une élite : c’est, là, que le bât blesse aux yeux des niveleurs par le bas qui tiennent le haut du pavé dans les couloirs du ministère de l’Éducation, dite nationale, certainement par antithèse !

En effet, si l’on considère la situation présente de la rentrée 2015, on peut observer une disparité inacceptable entre les académies… que rien ne justifie.

La mesure gouvernementale, initiée par Madame Najat Vallaud – Belkacem, qui entrera en vigueur à la rentrée 2016, amplifie le phénomène… selon des critères qui accroissent les disparités inter-académiques au point qu’elles deviennent caricaturales. La presse nationale a relevé le sort réservé à l’Académie de Caen : - 95 %, celui réservé à celle de Rouen (- 77 %) est peut-être moins pire, mais montre, au passage, que pour les Jacobins du ministère, l’idée même de cohérence normande leur est totalement étrangère…

Est-il besoin de rappeler que, pour la Normandie, région maritime de première importance, ouverte sur le monde, une telle politique de nivellement par le bas est un non-sens radical ? Un véritable coup de poignard dans le dos pour l’attractivité de la région ? Comment un cadre viendra-t-il s’installer en Normandie quand il s’apercevra que, pour ses enfants, une voie royale d’éducation leur est interdite ? 


D’autant plus que, dans les académies limitrophes de la région Île-de-France, 100 % des classes bilangues y sont maintenues. Comment justifier que les jeunes Parisiens soient ainsi protégés alors que les jeunes Normands sont condamnés à ne connaître qu’un enseignement des langues… atténué ?

Le système des classes bilangues, dont chacun s’accorde à dire que c’était un succès éducatif remarquable, avait l’immense défaut aux yeux des idéologues si fort en cour chez les Socialistes de dégager une élite.

Élite. Le gros mot est lâché. Au nom d’un égalitarisme imbécile, on pourchasse toute ambition élitiste. On a déjà fait le coup avec les matières décriées du latin et du grec. Hier, c’étaient les humanités qu’on voulait faire disparaître. 

Aujourd’hui, c’est le multilinguisme qui doit passer sous la toise de la médiocrité institutionnalisée… À moins que, là-haut, à Paris, on considère que la Normandie ne soit pas capable de dégager une élite… ou que le niveau général des élèves normands ne permette pas à ces derniers de s’élever à l’égal de leurs condisciples parisiens. Ce mépris des « bo-bos » parisiens pour la Province est une honte absolue. À l’inégalité sociale, bête noire des idéologues niveleurs, le ministère consacre l’inégalité territoriale, certainement plus scandaleuse.

L’émergence d’une élite est-elle à ce point condamnable ? Les vrais pédagogues feront remarquer qu’une véritable méritocratie permet justement l’ascension sociale des plus méritants, des plus motivés… et il s’en trouve dans toutes les classes sociales, fort heureusement.

Et puis, que signifie cette primauté absolue et imposée accordée à l’étude de l’anglais ? Personne ne conteste la nécessité de bien connaître la langue de Shakespeare, mais quel réductionnisme de tant vouloir favoriser l’étude de la langue la plus usitée dans les échanges internationaux ! Croit-on un seul instant qu’il faille faire l’impasse sur la langue allemande quand l’Allemagne reste le principal partenaire économique de la France ? Il paraît que le Gouvernement fédéral d’Allemagne ne décolère pas devant le peu de considération que l’Éducation nationale française porte à la langue de Goethe. Que dire du chinois et du russe, futurs partenaires incontournables de notre avenir économique ?

Les esprits à courte vue des idéologues niveleurs sont et seront responsables du déclassement de la France dans le concert des nations.

On peut s’étonner que la Normandie soit si mal traitée dans cette affaire. Les dirigeants locaux de l’Éducation nationale ont particulièrement fait du zèle pour appliquer cette politique aberrante. Faut-il voir dans la promotion d’un recteur de Normandie rejoignant le « staff » du Président de la République le salaire d’une certaine complaisance à devancer les desiderata d’une ministre cherchant à imposer, par la réforme – très contestée – des collèges, une vision démobilisatrice, mais soit-disant égalitaire, de l’enseignement ?

C’est aux Normands de répondre à ce coup de massue qui les frappe. Nous en appelons aux Élus des conseils départementaux, chargés des collèges, aux Conseillers régionaux, qui, eux, ont leur mot à dire sur les lycées, de se rassembler pour – unanimement – protester contre cette politique rétrograde.

L’Éducation dite nationale, par les disparités qu’elle instaure, perd une grande partie de sa légitimité. Nous sommes de ceux qui revendiquent la régionalisation de l’enseignement.

Dans l’immédiat, le Mouvement Normand préconise la tenue d’assises de l’enseignement en Normandie, ne serait-ce que pour faire le constat des résultats médiocres (en général deux points au-dessous de la moyenne nationale) de nos établissements, et pour essayer, enfin, d’y remédier.



DIDIER PATTE, Président du Mouvement Normand

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