Ma petite enquête du jour, que je partage avec vous en mode “live”. (spécial école de “journalisme”©)
Un bel exemple de propagande journalistique du XXIe siècle.

I. Libération : “L’élimination de Zahran Alloush, le combattant islamiste que tous adoraient détester, par Hala Kodmani”

Voici l’article de Libération. Lisez-le et exercez votre esprit critique. Mon analyse suit.
Source : Liberation, Hala Kodmani, 27-12-2015
Zahran Alloush, le 21 juillet, dans son fief de Douma. Photo AMER ALMOHIBANY. AFP
Le décès à la suite d’une frappe russe, près de Damas, du chef du groupe Armée de l’islam, qui était prêt à discuter dans des négociations de paix, risque de rendre mort-né le processus voulu par l’ONU.
« Non je ne me réjouis pas que Zahran Alloush ait été tué par les Russes, malgré l’énorme différend personnel et public qui m’oppose à lui.» C’est un ennemi juré du chef du groupe Armée de l’islam, qui réagit ainsi vendredi à la confirmation de sa mort dans un raid aérien près de Damas. L’écrivain syrien Yassin al-Haj Saleh accuse Alloush de l’enlèvement à Douma de sa propre femme, disparue depuis fin 2013 au côté de l’avocate des droits de l’homme Razan Zaitouneh et de deux autres de leurs compagnons. La réaction de l’intellectuel opposant démocrate aujourd’hui exilé en Turquie illustre les sentiments ambivalents des nombreux et divers adversaires du chef de guerre salafiste que tout le monde adorait détester.
Puissant chef et fondateur de la formation la plus importante de la rébellion syrienne dans la région de Damas, estimée à 45 000 hommes, Zahran Alloush, 44 ans qui régnait en maître incontesté sur la Ghouta orientale était un personnage hautement controversé. Libéré au début de l’été 2011 du célèbre « pavillon islamiste » de la prison de Sednaya en même temps que des dizaines de salafistes et jihadistes, à la faveur d’une amnistie de Bachar al-Assad, il annonce aussitôt vouloir renverser le régime par la force, au grand dam des militants de la révolution encore pacifique, qui le soupçonnent de complicité objective avec le régime. Il s’installe dans sa ville natale de Douma, 100 000 habitants à 10 km au nord-est de la capitale, où son père était déjà connu comme prédicateur salafiste proche de l’Arabie Saoudite, devenue le principal soutien du fils Alloush. Après avoir participé à la «libération» de la région des forces du régime fin 2011, Zahran parvient à unifier les différents groupes d’opposition armés rivaux sous la bannière de l’Armée de l’islam, imposant un ordre, loin du chaos d’autres zones rebelles au nord de la Syrie.
Assiégée, affamée et régulièrement bombardée par l’armée de Bachar al-Assad, l’enclave, comparée par un chercheur américain à une «bande de Gaza géante» survit miraculeusement. «Du fait de la corruption et du ravitaillement par les tunnels contrôlés par le seigneur de guerre», disent les détracteurs d’Alloush. «Grâce à une gestion politique et militaire rigoureuse», considèrent au contraire ses partisans de Douma, banlieue sunnite longtemps marginalisée et farouchement opposée au régime. «Nous avons à Ghouta des ressources comme l’eau et l’agriculture, mais aussi de nombreux professionnels parmi les citoyens qui se sont montrés très créatifs pour assurer les besoins vitaux de la population», assurait Zahran Alloush. Dans une interview publiée le 15 décembre sur le site The Daily Beast, du New York Times, au lendemain de la réunion à Riyad des différentes composantes politiques et militaires de l’opposition syrienne, dont un représentant de l’Armée de l’islam, Alloush se pose  en maître du pragmatisme. «Nos priorités restent celles des débuts de la révolution syrienne : débarrasser notre pays de toute forme de dictature et de terrorisme. Comme toutes les autres forces révolutionnaires, nous combattons tant les forces d’Assad que la mentalité takfiriste de l’Etat islamique», expliquait il.
Fort de ses succès contre les forces de l’Etat islamique qu’il a réussi à chasser de toutes les régions qu’il contrôlait près de Damas, le chef de l’Armée de l’islam s’est présenté comme un exemple pour une rébellion syrienne islamique mais non jihadiste. Le profil parfait aujourd’hui pour les Saoudiens, qui lui ont toujours apporté un soutien politique et financier solide et généreux. «L’armée d’Alloush est exclusivement composée de Syriens, sans combattants étrangers ou anciens jihadistes d’Irak ou d’Afghanistan», souligne Hadeel Oueiss, jeune journaliste syrienne, chrétienne d’Alep, qui l’a interviewé par téléphone pour le Daily Beast. «Installé à quelques kilomètres du palais présidentiel de Damas, il est une cible de choix pour les frappes russes», écrivait la journaliste, dix jours avant l’assassinat ciblé de Zahran Alloush.
Logiquement, les médias du régime Assad ont célébré «la mort du grand terroriste des Saud», les hommes du Hezbollah ont distribué des pâtisseries dans la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’Iran se réjouissait de l’élimination du «terroriste wahhabite» et que la Russie rappelait les attaques de l’Armée de l’islam contre les habitants de Damas. Les plus heureux de sa disparition étaient les hommes de l’Etat islamique qui ont salué «la fin d’un traître à l’islam». En revanche, dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime. «C’est la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawyé.
Source : Liberation, Hala Kodmani, 27-12-2015

II. Analyse de texte

Le décès à la suite d’une frappe russe, près de Damas, du chef du groupe Armée de l’islam, qui était prêt à discuter dans des négociations de paix, risque de rendre mort-néle processus voulu par l’ONU.
Déjà, le sous-titre est mythique… Salauds de Russes, oser tuer le chef de l’armée de l’Islam !
« Non je ne me réjouis pas que Zahran Alloush ait été tué par les Russes, malgré l’énorme différend personnel et public qui m’oppose à lui.»
Donc là, la journaliste dès la première phrase vous dit clairement quoi penser. 1/ sa mort est regrettable 2/ salauds de Russes (bis)
C’est un ennemi juré du chef du groupe Armée de l’islam, qui réagit ainsi vendredi à la confirmation de sa mort dans un raid aérien près de Damas. L’écrivain syrien Yassin al-Haj Saleh accuse Alloush de l’enlèvement à Douma de sa propre femme, disparue depuis fin 2013 au côté de l’avocate des droits de l’homme Razan Zaitouneh et de deux autres de leurs compagnons. La réaction  de l’intellectuel opposant démocrate aujourd’hui exilé en Turquie illustre les sentiments ambivalents des nombreux et divers adversairesdu chef de guerre salafiste que tout le monde adorait détester.
Dans le texte de la journaliste, il ne ressort aucune ambivalence, c’est au contraire très clair…
Amnistie.
Admirez le choix du mot mis en exergue…
Puissant chef et fondateur de la formation la plus importante de la rébellion syrienne dans la région de Damas, estimée à 45 000 hommes, Zahran Alloush, 44 ans qui régnait en maître incontesté sur la Ghouta orientale était un personnage hautement controversé. Libéré au début de l’été 2011 du célèbre « pavillon islamiste » de la prison de Sednaya en même temps que des dizaines de salafistes et jihadistes, à la faveur d’une amnistie de Bachar al-Assad, il annonce aussitôt vouloir renverser le régime par la force, au grand dam des militants de la révolution encore pacifique, qui le soupçonnent de complicité objective avec le régime.
Ca m’a donné l’occasion de creuser une bonne fois pour toutes cette historie d’amnistie, qui ressort souvent.
Que nous dit (ou sous-entend) la propagande ? Que, pour lutter contre les gentils manifestants démocrates, l’infâme dictateur sanguinaire de sinistre mémoire “Bachar” a alors libéré les masses d’islamistes qu’il avait emprisonnés afin qu’ils aillent combattre à sa place les gentils démocrates, bref qu’il a instrumentalisé – si ce n’est créé – al-Qaïda en Syrie et Daech. Ce que la journaliste ici reprend sur le monde “on le soupçonne de complicité avec “le régime”©”. Bien.
Qu’en est-il ?  L’AFP indiquait le 31 mai 2011 : « ”Le président Assad a décrété un décret accordant une amnistie générale à tous les crimes commis avant le 31 mai 2011″, a indiqué l’agence officielle Sana. “L’amnistie touche tous les détenus politiques ainsi que les membres de la confrérie des Frères musulmans.”» Une amnistie générale donc. Combien, et pourquoi ? Il faut quitter les médias français pour comprendre. Le Washington Post précise : « The amnesty could affect about 10,000 people who Syrian activists say have been rounded up since the anti-government protests broke out in mid-March. The release of political prisoners has been a key demand of the opposition.» « L’amnistie pourrait concerner environ 10 000 personnes dont les manifestants syriens indiquent qu’elles ont été emprisonnées depuis que les protestations anti-gouvernementales ont éclaté mi-mars. La libération des prisonniers politiques était une demandé clé de l’opposition. » Al Jaseera confirme : « The amnesty decree is believed to be a part of the overtures by the Syrian government to its opposition, largely seen as symbolic. But it is also seen as an appeal to protesters, as one of their main demands has been the release of political prisoners » « Cette amnistie est considérée comme faisant partie des ouvertures du gouvernement syrien à son opposition. Mais elle est est aussi vue comme un appel direct aux manifestants, puisqu’une de leur principale revendication était la libération des prisonniers politiques» 
Donc après que le gouvernement syrien ait arrêté des milliers de manifestants, il a décidé de faire un geste d’apaisement par une amnistie générale, libérant des milliers de prisonniers, dont des “dizaines” d’islamistes – vu que c’était la principale revendication des manifestants.
Et la propagande utilise désormais ça pour laisser entendre qu’Assad est allié des islamistes : quand Bachar arrête les islamistes, c’est un tyran, quand il les libère (avec des milliers d’autres opposants), c’est un complice de Daech – fantastique. Je vous renvoie enfin à la déclaration de Robert Baer, ancien responsable de la CIA pour la région qu’on interrogeait sur ces accusations de complicité Assad / islamistes: “C’est tout simplement délirant. Ces gens sont guidés par le Coran et le divin, ce sont de vrais fanatiques.
Mais pourquoi écouter les pros quand on a des “journalistes”© ? Et donc, Mme Kodmani reprend des rumeurs complotistes de complicité, et c’est tellement crédible qu’elle indique que le “complice” a aussitôt indiqué vouloir renverser Assad par la force, ce qu’il a immédiatement commencé à faire. Que la réalité ait montré le niveau de délire de l’accusation n’empêche donc pas la “journaliste”© de toujours reprendre ces ragots fin 2015.
Bon, voilà, une demi-heure de recherche sur Internet. Et je vous avoue que, bien que rodé, une part de moi reste toujours sidérée de la façon dont les médias nous prennent vraiment pour des imbéciles, et en quoi on ne peut pas leur faire confiance pour rapporter honnêtement des évènements à l’international…
Il s’installe dans sa ville natale de Douma, 100 000 habitants à 10 km au nord-est de la capitale, où son père était déjà connu comme prédicateur salafiste proche de l’Arabie Saoudite, devenue le  principal soutien du fils Alloush. Après avoir participé à la «libération» de la région des forces du régime fin 2011, Zahran parvient à unifier les différents groupes d’opposition armés rivaux sous la bannière de l’Armée de l’islam, imposant un ordre, loin du chaos d’autres zones rebelles au nord de la Syrie.
Euh, donc “vive l”armée de l’islam” et son ordre, quoi ? Je signale que Daech est aussi apprécié sur place car il ramène l’ordre, et a une réelle action sociale…
«Takfiriste»
Assiégée, affamée et régulièrement bombardée par l’armée de Bachar al-Assad, l’enclave, comparée par un chercheur américain à une «bande de Gaza géante» survit miraculeusement. «Du fait de la corruption et du ravitaillement par les tunnels contrôlés par le seigneur de guerre», disent les détracteurs d’Alloush. «Grâce à une gestion politique et militaire rigoureuse», considèrent au contraire ses partisans de Douma, banlieue sunnite longtemps marginalisée et farouchement opposée au régime. «Nous avons à Ghouta des ressources comme l’eau et l’agriculture, mais aussi de nombreux professionnels parmi les citoyens qui se sont montrés très créatifs pour assurer les besoins vitaux de la population», assurait Zahran Alloush. Dans une interview publiée le 15 décembre sur le site The Daily Beast, du New York Times, au lendemain de la réunion à Riyad des différentes composantes politiques et militaires de l’opposition syrienne, dont un représentant de l’Armée de l’islam, Alloush se pose  en maître du pragmatisme. «Nos priorités restent celles des débuts de la révolution syrienne : débarrasser notre pays de toute forme de dictature et de terrorisme. Comme toutes les autres forces révolutionnaires, nous combattons tant les forces d’Assad que la mentalité takfiriste de l’État islamique», expliquait il.
Ben oui, on le sent super démocrate le gars, “ennemi des dictatures financé par l’Arabie Saoudite” (il vaut mieux lire ça que d’être aveugle)… Comme la “journaliste”© ne précise pas, les takfiri sont des extrémistes islamistes adeptes d’une idéologie ultra-violente.
Fort de ses succès contre les forces de l’État islamique qu’il a réussi à chasser de toutes les régions qu’il contrôlait près de Damas, le chef de l’Armée de l’islam s’est présenté comme un exemple pour une rébellion syrienne islamique mais non jihadiste.
OB : Ah, j’imagine que c’est donc ça un “rebelle modéré” ? En tous cas, on peut reconnaitre qu’il y a pire comme traitement médiatique pour un combattant islamiste. On se croirait face à un “journalisye”© nous parlant de l’Afghanistan en 1980…
Le profil parfait aujourd’hui pour les Saoudiens, qui lui ont toujours apporté un soutien politique et financier solide et généreux. «L’armée d’Alloush est exclusivement composée de Syriens, sans combattants étrangers ou anciens jihadistes d’Irak ou d’Afghanistan»,
Ok. Le gars a 45 000 combattants, et PAS UN étranger, ni djihadiste. Chapeau. J’imagine qu’elle pointé la liste des 45 000, chapeau, sacré boulot.
souligne Hadeel Oueiss, jeune journaliste syrienne, chrétienne d’Alep, qui l’a interviewé par téléphone pour le Daily Beast.
Ah pardon, non. La source est une “jeune journaliste”© syrienne, qui l’a interviewé par téléphone, et qui répète donc simplement ses déclarations. Bref, c’est juste lui qui le dit, mais on habille ça pour que ça fasse professionnel…
L’Interview du Daily Beast est ici. On apprend qu’elle est jeune en effet, 23 ans… Du lourd. (des fois, je me dis que tout ceci est un cauchemar et que je vais me réveiller). Elle est cependant courageuse, car elle a manifesté contre Assad en 2011, et indique avoir été arrêtée et torturée par les forces de sécurité. Elle reprend sans distance les accusations sur le bombardement au gaz de 2013.
C’est dommage que Mme Kodmani ne reprenne pas certaines perles de l’interview, comme “Q : “Dans vos précédentes interviews, vosu disiez que vous n’aviez pas de différences fondamentales avec le front al-Nosra, la franchise d’al-Qaïda en Syrie, et que votre conseiller en charia n’avait pas de divergence avec le leur [...]  R : je faisais allusion à Abu Maria al-Qahtani, l’un des conseillers de la charia [d'al-Nosra]. Nous avons vu que Qahtani montrait un visage modéré et nous voulions encourager ces efforts. Maintenant al-Nosra a différents conseillers de la charia, et la nôtre a désormais de nombreux désaccords avec eux, idéologiquement et intellectuellement.” OK, l’idéologue modéré d’al-Qaïda…
Et aussi : “Nous croyons que, à l’avenir,la Syrie après Assad devrait être dirigée par un corps technocratique qui aurait les compétences et les qualifications. Nous ne croyons pas que la Syrie devrait être dirigée par des factions sectaires ou partisanes, mais par un organisme technocratique qui représenterait la diversité du peuple syrien. ” OK. Le type a donc toutes les qualifications requises pour intégrer l’ENA…
«Installé à quelques kilomètres du palais présidentiel de Damas, il est une cible de choix pour les frappes russes», écrivait la journaliste, dix jours avant l’assassinat ciblé de Zahran Alloush.
Pâtisseries
Logiquement, les médias du régime Assad ont célébré «la mort du grand terroriste des Saud», les hommes du Hezbollah ont distribué des pâtisseries dans la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’Iran se réjouissait de l’élimination du «terroriste wahhabite» et que la Russie rappelait les attaques de l’Armée de l’islam contre les habitants de Damas.
Que du bon : dans la même phrase Assad, Hezbollah, Iran et Russie, carton plein – avec bonus “pâtisseries”, quels barbares ces russo-chiites… Important d’avoir toujours une image (sans intérêt en l’espèce) qui va frapper l’esprit…
Les plus heureux de sa disparition étaient les hommes de l’État islamique qui ont salué «la fin d’un traître à l’islam». En revanche, dans le camp des opposants syriens,
parce que l’État islamique, ce n’est pas un “opposant syrien”, hein, c’est un complice…
dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur«Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.
«Cest la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawia.
La conclusion est formidable. Limite délirante, en tous cas sans le moindre conditionnel, sans la moindre analyse, chapeau, l’article se conclut comme il a commencé… Salauds de Russes !
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Mais qui était Zahran Alloush ?

Difficile de le savoir à la lecture de sa page Wikipedia en français, elle est très limitée.
Sa page anglaise est au contraire éclairante – veinards, on vous l’a traduite (avec nos excuses, c’est approximatif vu que c’est la traduction en français de la traduction en anglais d’insultes arabes):

Zahran Alloush (Arabic: زهران علوش Zahrān `Alūš; 1971 – 25 December 2015) Zahran Alloush Jaysh al-Islam est un membre central du Front Islamique dont il était le chef militaire et était décrit comme un des personnages les plus important dans la partie de la Syrie occupée par les rebelles. Alloush appellait au nettoyage de tous les Alaouites et Chiites de Damas., déclarant plus tard aux journalistes occidentaux que cette déclaration et d’autres similaires avaient été causé par la pression et le “stress psychologique” auquel il fut exposé lors du siège gouvernmental de Ghouta. Il a été tué le 25 décembre 2015 et son successeur est Essam al-Buwayadha.

Début de vie

Zahran Alloush (né en 1971 à Douma, Rif Dimashq) était marié à 3 femmes. Il était le fils du Cheik Abdullah Alloush, un prêcheur Salafiste de Damas qui avait vécu en Arabie Saoudite
Il a commencé une Maîtrise à la faculté de Droit de l’Université de Damas et à terminé une Maîtrise en droit de la Charia à l’Université Islamique de Médine. La division Palestine du renseignement Syrien l’a arrêté en 2009 pour possession d’armes. Il a été relâche de la prison de Sedanaya en 2011 lors de l’amnistie générale décrétée trois mois après le déclenchement de la rébellion syrienne.

Guerre Civile Syrienne

Après sa libération, il a fondé un groupe rebelle nommé « le Bataillon de l’Islam » pour combattre le gouvernement Assad. Le groupe a grandi et s’est renommé Brigade de l’Islam. En 2013, il s’est joint à d’autres factions pour créer l’Armée de l’Islam, toujours sous la direction d’Alloush. Il est devenu le groupe le plus puissant opérant dans la zone de Damas.
De nombreuses figures de l’opposition syrienne ont accusé Alloush d’être responsable du kidnapping de l’activiste syrien Razan Zeitouneh et de sa compagne à Douma le 9 décembre 2013. Alloush à nié ces allégations.
Alloush a prononcé un discours sur les mérites du Hadj (le pèlerinage à la Mecque) en 2013 et a s’est adressé à Osama ben Laden en l’appelant par les titres honorifiques de « Cheik » et de « rahimahu Allah » pour avoir fait son Hadj aux environs de 1991-92 quand Alloush était à l’Université Islamique de Médine. Alloush considérait Jabhat al-Nosra, filiale syrienne d’al Quaïda, comme « nos frères » disant que « la conclusion de cette question est que nous, à Jaish al-Islam, louons nos frères du Front al-Nosra et ne les considérons pas comme Khawarij (terroristes) comme il est dit d’eux. Nous combattons à leurs coté et ils combattent à nos côtés. »[15]
Alloush a fait une déclaration durant le Ramadan de 2013 où il attaquait les Chiites en les qualifiant de “Rafidis”, les Alouites qu’il appellait “Nusayris” et les “Majus” (Zoroastrians), déclarant que «  les Moudjahidin de Shaam vont nettoyer Shaam des immondices des Rafidis et du Rafidisme, ils vont nettoyer à jamais « in sha Allah », puis ils vont nettoyer la terre de Shaam des immondices des Majoos (adorateurs du feu) qui combattent la religion d’Allah le Tout-Puissant », « les Chiites sont méprisables et pitoyables depuis toujours“, “Et je vous annonce, vous immondes Rafidis : comme Banu Umayya vous a écrasé dans le passé, le peuple de Ghouta & Shaam vous écrasera bientôt. Ils vous feront goûter le douloureux tourments de ce monde, avant qu’Allah vous les fasses goûter dans l’Au-Delà, vous Rafidis impurs. Vous vous confronterez avec l’incroyable puissance des Combattants de l’Islam.[16][17][18][19][20][21]
Alloush a injurié les Chiites, Alaouites et Iraniens des noms de “Rafidi”, “Nusayri”, et “Majusi” (Magi, un terme référent aux Zoroastriens).[22]
Alloush a déclaré que les Alaouites était «  plus infidèles que les Juifs et les Chrétiens » (أكفر من اليهود والنصارى), qualifiant les Alouites de “Nusayri” (النصيرية).[23] terme issu d’une fatwa sur les Alaouites émise par Ibn Taymiyyah.[24]
Alloush déclara que « notre nation a soif d’un état Islamique » et a attaqué la démocratie après qu’un journaliste ait demandé à Alloush «  pouvez-vous accepter un état laïque, démocratique et pluraliste ? ».[25][26][27][28][29][30][31]
Zahran Alloush a déclaré que celui que « celui qui regarde les temps modernes voit que depuis que le Jihad s’est établi dans le monde islamique depuis l’Afghanistan jusqu’à la Tchétchnie, la Bosnie-Herzgovine, le Kosovo, l’Afrique, l’Irak, la Somalie et maintenant la Syrie, l’Ouest traite le Jihad avec un double standard. D’abord il veut utiliser le Jihad pour disséminer l’extrémisme puis il importe les fils du monde islamique pour les unir sous une idéologie qui fait haïr La Religion par la majorité des musulmans ».[32]
Alloush s’est aussi moqué des médias sociaux.[33] L’ancien compte Twitter officiel de Zahran Alloush,zahran1970,  qui fut suspend par Twitter, envoya de multiple messages directs appelant les gens « soldats de l’armée électronique Nusayri » et « servant des Juifs ibn Saba’“, et des « ennemis d’Allah » en même temps que la dernière partie du Coran verset 3:119 (قل موتوا بغيظكم إن الله عليم بذات الصدور) qui dit au gens de mourir en colère et qu’Allah sait ce qui se passe en eux.[34]
Alloush’s Jaysh al-Islam a diffusé une vidéo glorifiant les Ommeyades et la conquête du Levant par les musulmans.[35][36]
Zahran Alloush a émis un discours exhortant ses combattants à combattre les « Magi et les Rafidi ennemis » qu’il a accusé d’essayer d’établir un « Etat Magi » et un « Etat Perse.[37][38]
En avril 2015, Zahran Alloush apparu soudainement dans la ville turque d’Istanbul. Un porte-parole de l’Armée de l’Islam déclarât qu’Alloush voulait rencontrer les dirigeants des groupes rebelles à Istanbul pour discuter de la manière de lever le siège de Ghouta. Il a été critiqué par le public. Dans les média, nombreux sont ceux qui se sont demandé comment il a pu voyager en Turquie et revenir alors que la ville était encerclée.[39]
Le 9 avril 2015, le compte officiel Twitter d’Alloush zahranalloush a retweetté le discours du Ramadan de 2013 appelant à l’extermination des Chiites et des Alaouites du Levant.[40]
Alloush a rejeté la démocratie et a appelé à un état islamique pour succéder à Assad, même si lors d’une interview avec les journalistes de McClatchy, Alloush a utilisé une rhétorique modérée, déclarant que les Syriens devraient décider dans quel sorte d’état ils voulaient vivre, que les Alaouites faisaient partie du peuple syriens et que seuls ceux qui avaient du sang sur les mains devaient en rendre compte. Son porte-parole a déclaré que la rhétorique sectaire et islamique qu’Alloush avait utilisé précédemment était à consommation interne pour rallier ses combattants.[3][41][42]
En juillet 2015, Alloush a accusé les « forces internationales » de mener une guerre de médias contre les Jihadistes tel son propre groupe Jaysh al-Islam.[43]
Zahran Alloush a dénoncé le PKK [44] et a déclaré que « ce Parti des Travailleurs du Kurdistan avait adopté le philosophie de Hegel comme son idéologie… Hegel est un communiste.”[45][46][47]
Le capitaine Islam Allouche, un cousin de of Zahran Alloush, est porte-parole de Jaysh al Islam et gère le compte Twitter (ndt : anglophone) islamallousheng,[48] et le compte arabe  islamdamas1980.[49] Islam Alloush a annoncé que Jaysh al-Islam’s appuyait l’offensive turque contre le PKK.[50]

Mort

Il a été déclaré tué dans le village d’Utaya à l’Est de Damas le  25 December 2015 par une frappe de l’armée de l’air syrienne.[51]

Allégations de crimes de guerre

Alloush a été accusé de la disparition de l’activiste syrien des droit civils et avocat des droits humains  Razan Zaitouneh, qui a été enlevé par des hommes armés, en même temps que sa femme et deux autres collègues, de leur bureau dans la zone controlée par Jaysh al-Islam à Douma en décembre 2013.[52]
Le 1er novembre 2015, il a été rapporté que les forces de Jaysh al-Islam forces paradaient avec des civils alaouites enfermés dans des cages à l’est de Ghouta pour se protéger de frappes aériennes russes.[53][54]
Il a été confirmé que Jaish Al-Islam a participé au massacre d’Adra [55] commis par le Front Islamique (dont il est membre).
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Bien bien bien…
Bon, je vous abandonne quelques minutes, je vais aller manger des pâtisseries….
En attendant, si quelqu’un pouvait compléter la page Wikipedia en français du monsieur, ce serait bien – voir d’améliorer ensuite les traductions. Me contacter si besoin.

Mais qui est Hala Kodmani ? (la journaliste de Libé)

Alors là, la page Wikipedia en français est  encore plus limitée, mais très éclairante…
Ancienne attachée de presse de Boutros Boutros-Ghali à l’Organisation internationale de la francophonie et ancienne collaboratrice du délégué de la Ligue arabe à Paris, elle est aujourd’hui responsable de la rubrique Syrie à Libération après avoir dirigé la rédaction arabe de la chaîne France 24,
Elle a participé à divers travaux documentaires sur le Moyen-Orient, notamment sur Damas en Syrie.
Elle est la sœur de Bassma Kodmani, cofondatrice du Conseil national syrien (organe de l’opposition syrienne basé à Paris).
Elle a fondé en mai 2011 et préside l’association française Souria Houria (Syrie Liberté) qui milite pour le renversement du régime de Bachar el-Assad.
Elle a gagné en 2013 le prix de L’Association de la presse diplomatique française (l’APDF) pour sa couverture de la situation en Syrie.
Ah oui, quand même… La responsable de la rubrique Syrie à Libération a créé une association militant pour le renversement d’Assad : chapeau la déontologie. Donc on a à Libération des responsables de rubrique Syrie ou Russie totalement biaisés anti-gouvernement local (et donc dans le sens de notre gouvernement), et ceux des États-Unis et de Bruxelles totalement biaisés dans l’autre sens (et toujours dans le sens de notre gouvernement).
Et accessoirement sa soeur (dont elle n’est en rien responsable, bien entendu – j’en parle juste car elle a un rôle important sur le sujet Syrien) a cofondé le Conseil National Syrien, organe fantoche, contrôlé en majorité par les Frères Musulmans, et que la France a reconnu comme représentant légitime de la Syrie…
Le jour où je créé un journal, j’exigerait que chaque responsable de revue soit indépendant et non biaisé, sans avis préconçu, et qu’il change de rubrique tous les 4 ou 5 ans. Charge à lui d’interroger largement des spécialistes, des témoins, pour se faire son avis, le tout en s’en tenant le plus possible aux faits, et aux analyses croisées d’experts divergents…
(Moi, je vous préviens, le jour où Fabius me donnera une médaille pour la qualité de mes articles, je songerai au suicide pour cause de honte – notez au passage la terreur sur son visage face au 4e pouvoir qui se dresse devant lui…
Je plaisante un peu, mais c’est AUSSI à cause de personnes de ces 2 genres qu’on a eu 130 morts à Paris. Si les citoyens étaient réellement informés, ils ne toléreraient pas notre politique étrangère actuelle)
Mais continuons.

Mais qui est Bassma Kodmani ?

Qui est la soeur alors ?
“Bassma Kodmani est la fille de Nazem Kodmani, ancien ambassadeur de Syrie en France, artisan du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Syrie après la crise du canal de Suez et diplomate responsable du département Europe occidentale au ministère syrien des Affaires étrangères à son retour à Damas ; arrêté quelques mois peu après la guerre des Six Jours pour avoir critiqué son ministre de tutelle, il finit par rejoindre Beyrouth, Londres, puis l’UNESCO accompagné de sa famille. Sa mère, Hyam Mardam-Bey, est la nièce de Jamil Mardam-Bey, un dirigeant syrien de l’époque post-indépendancedu mandat français”
Ah, on n’avait pas précisé que le père était ambassadeur de Syrie donc – un détail.
“Bassma Kodmani acquiert un doctorat en science politique à Sciences-Po Paris
Aïe aïe aïe…
avant d’intégrer en 1981 l’Institut français des relations internationales (IFRI). Cette année-là, elle crée à l’IFRI le programme d’études sur le Moyen-Orient et l’Islam, qu’elle dirige jusqu’en 1998, date à laquelle elle quitte l’IFRI. Elle est par ailleurs maître de conférences à l’Université Paris I Sorbonne et Marne-La-Vallée où elle enseigne les relations internationales. De 1999 à 2005, elle dirige le programme « Gouvernance et Coopération Internationale pour le Moyen-Orient » à laFondation Ford, basée en Égypte avec pour mission de soutenir les institutions de recherche arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En septembre 2005, elle fonde et devient directrice exécutive de l’Initiative de Réforme arabe, un consortium d’instituts de recherche du monde arabe initié par le think tank américain Council on Foreign Relations et travaillant en partenariat avec des instituts européens et américains sur les questions de réforme et de transition démocratique dans le monde arabe. Elle occupe ensuite les fonctions de chercheur visiteur au Collège de France de 2005 à 2006, chercheur associé au CERI – Sciences Po de 2006 à 2007 et chargée de mission à la direction internationale du CNRS de 2007 à 2009.”
Tiens, c’est un clone de Marie Mendras ? Trèèèèès proche des Américains donc (voir le CFR).
Engagement politique
Elle participe aux réunions du groupe Bilderberg en 2008 et en 2012
Bien sûr…
 En 2011, dans le contexte de la guerre civile syrienne, elle participe à la fondation du Conseil national syrien (CNS) dont elle intègre le comité exécutif. Elle est également porte-parole et responsable des relations extérieures de l’organisation.
La Page Wikipedia du CNS indique :
Pour Haytham Manaa, responsable à l’étranger du CNCD, les personnalités qui occupent les postes de premier plan du CNS « ne sont qu’une façade, afin de mieux cacher les islamistes, qui dominent le CNS »5. De fait, un tiers des membres du CNS sont issus desFrères musulmans, ce qui les rend majoritaires au sein du Conseil5,4. Or, les Frères musulmans syriens sont financés essentiellement par le Qatar et des pétromonarchies du Golfe19,47. Kamal al-Labwani, ancien membre du CNS ayant démissionné en mars 2012, accuse également les Frères musulmans de détourner les fonds financiers et les moyens du CNS, notamment des armes, pour « bâtir leur propre base populaire »32. Imad Houssari, démissionnaire du CNS et membre des comités locaux de coordination, affirme de son côté que les Frères musulmans veulent contrôler le budget de l’organisation et que certains d’entre eux financent des groupes salafistes41. Enfin, Walid Al Bounni, adhérent du CNS, a quitté le mouvement pour protester contre leur influence48.
Ok ok…
Le 28 août 2012, alors que le CNS est en perte de vitesse auprès des acteurs syriens et internationaux, elle annonce, avec d’autres membres, sa démission de l’organisation en déplorant son absence de crédibilité3 et en déclarant notamment que « le CNS ne travaille pas bien avec les autres groupes d’opposition »13. Elle retourne alors à ses activités universitaires et se consacre à l’effort humanitaire pour le peuple syrien14. Si Kodmani affirme qu’elle n’a pas démissionné à cause de tensions, un article – anonyme – sur le site du magazine Jeune Afrique estime qu’elle ne supportait plus les attaques à son encontre12. Pour l’universitaire Fabrice Balanche, « cela faisait longtemps que Bassma Kodmani, vue comme la représentante du camp occidental au sein du CNS, était fragilisée »15.
En septembre 2012, elle participe à la création de l’association “Initiative pour une nouvelle Syrie” dont l’action est dédiée à l’assistance humanitaire et à des projets pour favoriser une transition réussie. Elle en est également la trésorière16.
En février 2013, elle soutient la proposition de dialogue faite au régime syrien par Mouaz al-Khatib, président de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution17.
En juillet 2013, elle signe une lettre ouverte à François Hollande réclamant la mise en place en Syrie d’une zone d’exclusion aérienne, « la mise au ban diplomatique du régime syrien » et « une aide substantielle sur le plan militaire aux brigades de l’Armée libre »18.
Voilà voilà…

Mais le meilleur reste à venir : les deux derniers témoins cités dans le texte, vous savez :
dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.
«C’est la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawia.

Mais qui est Nahed Badawia ?

Cela va aller vite, je n’ai pas trouvé grand chose sur Nahed Badawia, c’est apparemment juste une “ingénieure et journaliste” syrienne réfugiée en France, opposante de longue période à Assad, militante de gauche.
Elle intervient d’ailleurs dans des collèges, et j’imagine que les élèves sont donc désormais bien informés de la complexité de la situation syrienne.
D’ailleurs un lycée a même fait un article après leur rencontre :
“Le gouvernement syrien répond aux manifestations pacifistes par les armes. D’abord en éliminant des activistes et leurs familles, puis en allant jusqu’à torturer et tuer des enfants [OB : Et des nourrissons aussi ?] .
Les opposants au régime s’organisent alors au sein de groupes rebelles armés, des plus modérés comme l’Armée Syrienne Libre (ASL) fondée par des militaires syriens favorables à l’instauration d’un régime démocratique [Robert Baer : "L’Armée syrienne libre n’a jamais vraiment existé"], aux extrémistes djihadistes qui prônent un régime islamiste (Front Islamique, JabhatAl Nosra, Etat Islamique en Irak et au Levant ou EIIL). Plus de 150 000 syriens ont déjà été victimes de cette guerre, en majorité des civils [Probablement faux : 90 000 soldats Syriens morts et à peu près autant de rebelles armées en tous cas], y compris des enfants.
Bashar-el-Assad a un double discours : à l’extérieur il dit être contre le terrorisme qui sévit dans son pays, tandis qu’en interne il dit qu’il y a un complot international [Mais où va-t-il chercher ça ce complotiste© ?].
Dans ce contexte, les journalistes, témoins gênants de la répression, deviennent des ennemis d’État.”)
Ainsi, avec un peu de chance, 1 ou 2 devraient intégrer Sciences-Po…
Bref, c’est une personne sans autorité spéciale. Mais la “journaliste”© a donc décidé que c’est sa vision qui restera dans notre esprit…

Mais qui est Riad Hijab ?

Riad Hijab est l’avant dernière personne citée dans l’article de Libération :
dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.
Sa page Wikipedia française indique :
Issu d’une famille sunnite de Deir ez-Zor1, Riad Hijab est nommé ministre de l’Agriculture et de la Réforme le 14 avril 2011. Un an plus tard, le 6 juin 2012, il est nommé Premier ministre par le président Bachar el-Assad2 et forme son gouvernement le 23 du même mois3,4, durant le conflit syrien de 2011-2012.
Le 6 août suivant au matin, alors que la télévision d’État annonce que Riad Hijab a été limogé, on apprend que celui-ci a fait défection et a fui en Jordanie, où sa famille se trouvait déjà depuis quelques jours5. Il condamne des crimes contre l’humanité commis par le régime et affirme son soutien à la rébellion6,7,8. Il affirme aussi qu’il a dû accepter le poste de Premier ministre sous des menaces de mort. Il abandonne également son portefeuille de l’Agriculture.
En décembre 2012, il serait le favori des États-Unis et de l’Arabie saoudite pour diriger un gouvernement de transition après une éventuelle chute du régime de Bachar el-Assad. Mais le Qatar et la Turquie lui préféreraient Mouaz al-Khatib, président de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution (CNFOR), tandis que Georges Sabra, président du Conseil national syrien, juge que « les Syriens ne sont pas prêts à l’accepter pour le moment »9. Après avoir été effectivement évoqué dans des discussions au sein de la CNFOR, il décide de ne pas se porter candidat, notamment à cause des réticences des Frères musulmans à son égard : Ghassan Hitto est finalement élu10.
Tiens, très bizarre donc cette histoire : ce type est donc le seul ministre  monde qu’il aurait fallu menacer de mort pour qu’il accepte le poste de Premier Ministre – et qui a ensuite fait défection. Je regarde alors sur lapage anglaise, un peu plus complète :
Defection – According to Hijab’s former spokesman Mohammad Otari, Hijab resigned, and he and his family had defected to Jordan on 6 August 2012.[2][11] Syrian state TV reported that Hijab had been “sacked” and that Deputy PM Omar Ibrahim Ghalawanji would become the head of a new caretaker government.[2] Hijab released a statement through Otari criticizing the current Syrian government, calling it a “terrorist regime”. The statement declared “I am from today a soldier in this blessed revolution“. According to Otari, Hijab had been planning his defection for months with the help of the Free Syrian Army.[11][12][13][14] Hijab was reportedly heading for Qatar, an active supporter of the Syrian rebels.[15] Speaking in Amman, Jordan, on 14 August 2012, Hijab alleged thatAssad’s current government was collapsing “morally, financially and militarily“, allegedly only controlling a mere 30% of the entire country still. He called on the Syrian Arab Army and its officers to join the rebellion against president Assad and the Ba’ath party government and for the opposition forces to unite.[5] On 17 August, Hijab held meetings in Doha, Qatar, to discuss Assad’s toppling and to attempt unification of Syrian opposition forces.[16]
According to his spokesman Otari on August 6, Hijab also encouraged other officials to defect,[11] and opposition sources claimed that three other ministers as well as three army generals defected on the same day. However, one of the ministers named by the opposition, Treasurer of Syria Mohamad Gillati appeared on Syrian television later in the day to deny the rumors of his defection to the rebellion.[2]
Though Hijab was not considered a member of Assad’s inner circle,[11] BBC News described his departure as the “highest-profile defection since the uprising began in March 2011″ and “a stunning blow to President Assad”.[12] Guardian writer Ian Black called it “a propaganda coup for the opposition” but not a “fatal blow”.[15] The United States government stated that the “defection” showed Assad’s government was “crumbling from within”. The Barack Obama administration again called for al-Assad’s resignation.[17]
Bref, défection très surprenante, et propos très durs contre Assad. OK.
Mais le plus beau est la dernière phrase de la page : “According to Der Spiegel, Hijab and other prominent Syrian defectors were bribed by the French secret services inside the country as well as by Qatar.[19] ” “Selon Der Spiegel, Hijab et d’autres éminentes personnalités ayant fait défection ont été soudoyés par les Services secrets français dans le pays ainsi que par le Qatar“.
Ah oui, quand même… Bon, il dit quoi le Spiegel le 21 aout 2012 ?
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a commenté sur le nombre croissant de défections de la semaine dernière en disant que: “Tout cela montre que les gens de toutes sortes ont décidé d’abandonner le régime.” Ils ont tous reconnu, a-t-il dit à l’agence de nouvelles française AFP que le régime d’Assad fait actuellement assassiner son propre peuple. Il a ajouté “D’après les informations que nous avons, mais nous verrons si cela est confirmé dans les jours qui viennent, il y a d’autres défections spectaculaires qui se produisent”
Mais les transfuges semblent avoir non seulement des raisons politiques. Comme le “Times” a rapporté mardi également le versement de fonds. Les pays européens ont donc payé conjointement avec certains états du Golfe des pots de vin à des responsables syriens pour les amener à se détourner du régime d’Assad. Lors d’une réunion de diplomates européens en mai dans la capitale qatarie Doha, il a donc été convenu que des “incitations” devraient être donnés à des représentants du régime syrien pour qu’ils rompent avec Assad . La réunion des ambassadeurs a été décidée alors que la politique avait détruit tout espoir de succès du plan de paix de l’ancien médiateur de l’ONU, Kofi Annan. La Russie avait bloqué avec la Chine une condamnation claire du régime Assad ou même des sanctions.
[ Je n'ai pas trouvé la source du "Times" (si quelqu'un trouve, me contacter merci...)]
Elle n’est pas  belle cette histoire ? Ce type expliquait d’ailleurs urbi et orbi que le régime était au bord de l’effondrement en aout 2012 (voilà le souci quand on paye les gens, c’est comme quand on les torture, ils racontent n’importe quoi, et surtout ce que vous voulez entendre…). Il  donc contribué à intoxiquer nos dirigeants. ¨Pourtant quand on lit ce que le héros de Libération veut faire aux Alaouites, on comprend qu’ils ne vont pas lâcher l’affaire facilement…
Mais il y a encore mieux.
Après avoir pas mal farfouillé, je suis tombé sur cet article de Jean-Loup Izambert, un journaliste d’investigation relativement sérieux. Voilà ce qu’il nous raconte dans son livre 56 – L’État français complice de criminels  (propos qu’il faut donc prendre au conditionnel, à creuser) :

“Volcan de Damas et Séisme syrien”

“Riad Hijab ?
Né en 1966 à Deir ez-Zor, [...] il est nommé ministre de l’Agriculture et de la Réforme (avril 2011 à août 2012), puis Premier ministre, le 23 juin 2012, par le président Bachar el-Assad.
Mais, les services de renseignement russes, qui s’intéressent à son activité et à son entourage, avertissent leurs homologues syriens de la préparation d’une tentative de coup d’État orchestrée par des services occidentaux avec sa participation. Une opération montée en deux temps par Washington et Paris, avec la participation des dictatures du golfe arabo-persique, et baptisée “Volcan de Damas et séisme syrien” devait renverser le gouvernement par un second coup d’État faisant suite à celui – mis en échec – des Frères musulmans en 2011.
(Source : L’Obs. Voir aussi le long article sur Wikipedia anglais)
Ce plan prévoyait l’intervention de groupes de mercenaires pour décapiter par des attentats les directions des organes de sécurité syriens et de l’armée. Après plusieurs attentats, dont l’un qui détruisit le Siège de la Sécurité nationale et causa la mort de plusieurs dirigeants du Conseil de sécurité nationale, Washington et Paris pensaient que des officiers supérieurs feraient défection avec leurs unités et se retourneraient contre le gouvernement civil.
L’Élysée impliqué dans le coup d’État du 18 juillet 2012
Les services secrets des puissances liguées contre la République arabe syrienne – notamment les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar – ont envisagé ce coup d’État lors d’une réunion qui s’est tenue il Tunis à la fin février 2012. L’attentat eut bien eu lieu le 18 juillet suivant, date prévue pour déclencher le coup d’État, tuant le ministre de la Défense, le vice-ministre de la Défense ainsi que le chef de la cellule de crise, et blessant de nombreuses autres personnes. Le ministre des Affaires étrangères Fabius refusa de condamner l’attentat qui coûta la vie à plusieurs civils et militaires.
Lors de ce coup d’État, Riad Hijab devait prendre la direction du gouvernement de transition préparé dans la coulisse des états-majors occidentaux. Pour lancer cette opération, plusieurs milliers de mercenaires, principalement libyens, jordaniens, tchétchènes et tunisiens, sont entrés en Syrie en quelques jours, essentiellement par les frontières jordanienne et turque, Près de trois mille d’entre eux viendront semer la mort jusque dans la capitale et sa banlieue, pensant renverser le gouvernement qu’ils imaginaient isolé et déstabilisé par les attentats suicides de la mi-juillet.
Mais, contrairement aux prévisions de Washington et de Paris, l’armée syrienne, aidée par la population et ses Comités de défense populaire, les délogera des quartiers de Damas. Au bout d’une semaine de combats acharnés quartier par quartier, rue par rue, leurs survivants devront battre en retraite. Hijab porte donc une lourde responsabilité dans ce complot. Démasqué, il est aussitôt démis de ses fonctions. Il parvient a s’enfuir le 5 août, juste avant d’être arrêté, avec l’aide de la brigade AI-Moetassem, un groupe de l’ASL, et se réfugie en Jordanie. Là, il retrouve sa famille qui l’avait précédé bien auparavant, par précaution, en raison de son activité conspiratrice.
Plus tard, son porte-parole, Mohamed Otri, s’exprimant depuis la Jordanie reconnaîtra que “M. Hijab travaillait secrètement au renversement de Bachar el-Assad bien avant d’accepter les fonctions de président du Conseil des ministres ».
En France, Le Canard Enchaîné, sous la plume de Claude Angeli, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire, révélera le “complot barbouzard contre Bachar el-Assad”. La plupart des médias français se feront très discrets sur ce coup d’État manqué auquel les services français (DGSE) sont associés. [...]
Les conseillers étasuniens et saoudiens le récupéreront ensuite pour conduire le « gouvernement provisoire» destiné à diriger la Syrie en cas de renversement du gouvernement. Il se heurtera alors à nouveau à l’opposition du Qatar et de la Turquie, qui feront désigner à sa place, le 18 mars 2013, Ghassan Hitto. Cet homme d’affaires présente toutes les« qualités » pour ce poste puisqu’il est proche des Frères musulmans et est étroitement lié à la société syrienne pour vivre… aux États-Unis depuis 1980 ! [...]
Le 9 juillet 2013, un an après la tentative de coup d’État avortée de l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie », des informations indiquent l’arrivée en Jordanie de soldats étasuniens, anglais et français pour des manœuvres militaires. Celles-ci se présentent comme une répétition d’une nouvelle opération militaire visant à créer une zone tampon en territoire syrien, près de la frontière turque, par la destruction de cibles civiles et militaires…”
Note Izembert : Les services secrets syriens ont expulsé discrètement vers la France, via la Turquie, une vingtaine de militaires français, parmi lesquels un colonel du service des transmissions de la DGSE. Ces militaires ont été arrêtés fin janvier- début février 2012 près des villes de Homs et d’Azouz. Nicolas Sarkozy, alors Président de la République française, et le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, négocieront leur libération avec Damas par l’intervention d’un pays tiers. L’accord pour le rapatriement de ces militaires a été pris au plus haut niveau du pouvoir politique syrien. (Source : TheTelegraph)
“Il y avait deux réunions à Tunis, s’amuse un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay. La première, la conférence dite « des amis de la Syrie », regroupait des représentants d’une soixantaine de pays, dont Hillary Clinton ou Alain Juppé. Le bilan n’est pas glorieux.
Une autre se voulait plus discrète et réunissait des gens en principe mieux armés que les diplomates, les hommes des services secrets. « On leur souhaite bon vent pour dégommer Bachar..» Réaction sur le même ton d’un officier d’état-major : « C’est la meilleure solution. On ne peut pas refaire le même coup qu’avec la Libye et bombarder une armée syrienne autrement plus solide que celle de Kadhafi et dont les blindés se baladent tranquillement dans des villes insurgées. Et puis, cette fois, l’ONU ne donnera pas son feu vert. »
Putschistes à convaincre vite
Exact. Russes et Chinois y mettraient leur veto. Reste alors la méthode déjà utilisée en Libye : fournir des armes efficaces aux insurgés, voire des conseillers en guérilla urbaine. Des livraisons sont prévues, dit-on au Quai d’Orsay et à la Direction du renseignement militaire (DRM), via des pays arabes, comme le Qatar. Mais il y a mieux, et c’est aujourd’hui d’actualité, selon les connaisseurs : « préparer un coup d’État ». Encore faut-il trouver, sur place, des interlocuteurs valables, discrets, courageux. Et cela suppose de sacrés efforts de persuasion.
A Tunis, la semaine dernière, des représentants des services secrets de plusieurs pays : Qatar, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Turquie, Arabie Saoudite, notamment – ont envisagé cette solution. L’idée est d’exploiter d’éventuelles divergences au sein des forces de sécurité et du clan Assad. A en croire un officier de renseignement, des militaires syriens, jusque-là plutôt loyaux, considèrent désormais qu’il n’y a pas d’autre issue à la crise actuelle qu’une rupture avec Bachar et sa famille. Selon lui, les princes saoudiens sont prêts à mettre de l’argent sur la table pour aider à la conversion de ces futurs rebelles.
Quant à l’opposition syrienne, « elle est fragmentée, divisée sur le plan ethnique, idéologique ou stratégique », constate un analyste de la DRM. D’un côté, le Conseil national syrien, « un faux nez des Frères musulmans », dit-on. De l’autre, le Comité de coordination nationale, qui regroupe des intellectuels et des opposants favorable une solution entre Syriens. Sans compter les déserteurs de l’Armée syrienne libre. Et pas forcément tous d’accord sur les ingérences étrangères et sur l’avenir du pays, une fois Bachar écarté.
Ce n’est pas joué, et les comploteurs réunis à Tunis savent que le régime peut encore tenir avec ces quelque 40 000 militaires du clan alaouite (branche du chiisme) – trois divisions blindées la Garde nationale, les Forces spéciales – et grâce à des services de sécurité omniprésents. Face sunnites, leur loyauté est aussi une question survie dans cette guerre civile entre musulmans, sans armistice ni pacifistes à l’horizon.
Claude Angeli – Le Canard Enchainé N° 4766 du 29 Février 2012
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Bref, évidemment, on sera prudent sur tout ceci, mi cela mériterait de lourdes enquêtes parlementaires – si on était en Démocratie, bien entendu.
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En conclusion, merci donc à Libération pour ce beau moment.
S’ils ont un peu de temps, entre le “pic de chaleur”, “bientôt la neige”, “alerte terroriste” et “la cousine de la grand-mère du logeur du kamikaze”, ce serait bien qu’ils creusent par exemple l’existence de cette opération “Volcan de Damas et séisme de la Syrie”, et interrogent l’exécutif (mais si, rappelez-vous, le Watergate, tout ça, tout ça…).
Et comme quoi, en creusant un seul article, on tombe rapidement sur des pépites…
Mais cela confirme hélas ma vision.
On a une guerre qui va crescendo entre la Russie et l’Islamisme radical, nouveau fascisme qui menace nos sociétés (depuis l’extérieur, je précise, tomber dans le piège de l’inquiétude intérieure type “5e colonne” est exactement ce qu’attendent de nous nos ennemis. Et ces gens ne passeraient guère à l’acte sans formation et soutiens extérieurs).
Et nos élites vont faire le choix plus ou moins conscient et officiel de l’islamisme, comme on le voit depuis 35 ans (Afgahnistant, Bosnie, Kosovo, Arabie, Irak, Libye, Turquie…) , et comme on le voit toujours avec leur courbettes devant les dirigeants de l’Arabie, du Qatar et de la Turquie….
On le voit ici, la “journaliste”© nous invite mezza voce à haïr ces Russes irresponsables qui ont tué un chef islamiste, dont on veut nous faire croire qu’il était indispensable à un “accord politique” –  sauf que les accords politiques c’est bien, gagner la guerre (ou être en position de le faire) c’est mieux…
En attendant, bonnes pâtisseries à tous – orientales, évidemment :)
P.S. merci de me signaler les coquilles…

Source et Publication:   http://www.les-crises.fr/