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dimanche 27 décembre 2015

LA BRETAGNE ET AR GEDOUR ..........( BREIZH INFO )

Ar Gedour. « Nous pensons que la Bretagne n’est plus une terre chrétienne mais une terre de mission » [interview]

ar_gedour
27/12/2015 – 08H00 Breizh (Breizh-info.com) –
 En Bretagne, parmi les pure-player Internet « à thème » qui existent, il en est un qui semble monter particulièrement ; il s’agit d’Ar Gedour, « actualité spirituelle et culturelle de Bretagne». Tenu par des jeunes catholiques bretons suivant les traces de Feiz Ha Breizh ( Foi et Bretagne, un magazine fondamental de la première moitié du 20ème siècle en Bretagne), le site recense toute l’actualité du catholicisme en Bretagne. 
Une foi catholique qui, loin d’être moribonde comme pourraient le laisser à penser les nombreuses églises vides de la région, renaît petit à petit au sein d’une jeunesse militante, et désireuse de conquérir de nouvelles ouailles par le biais d’un activisme enraciné, respectueux de la tradition tout en étant 2.0.
Rencontre avec Eflamm Caouissin, l’un des animateurs du blog qui a repris le flambeau d’une famille produisant à chaque générationplusieurs défenseurs résolus de la Bretagne.
Breizh-info.com : À quand remonte la création d’Ar Gedour ?
Rédaction Ar Gedour : AR GEDOUR a été créé en mars 2011.  Depuis, plusieurs collaborateurs formés l’ont rejoint (chroniqueurs, prêtres, journalistes, historiens, hagiographes, linguistes, traducteurs et Community Manager…), permettant de proposer un lieu important de ressources.
Breizh-info.com : Quels sont les fondements et les objectifs de votre média ? Poursuivez-vous les préceptes de Feiz ha Breiz et de l’abbé Perrot ?
Déjà le nom AR GEDOUR est en rapport avec le poète groisillon Yann-Bêr Kalloc’h (Jean Pierre Calloc’h) qui composa un poème nommé « Pedenn ar Gedour », qui signifie « La Prière du Veilleur / Guetteur » :
Me zo er Gédour braz én é saù ar er hleu.
Goud e hran petra on ha me oér petra hran :
Iné Kornog, hé douar, hé merhed hag hé bleu,
Oll kened er bed é, en noz-man, e viran »
Je suis le grand Veilleur debout sur la tranchée,
Je sais ce que je suis et je sais ce que je fais :
L’âme de l’ Occident, sa terre, ses filles et ses fleurs,
C’est toute la beauté du Monde que je garde cette nuit.
En lien aussi avec ce qu’avait dit Saint Jean-Paul II aux JMJ de Rome :« Vous êtes les veilleurs de l’aube, les sentinelles du matin ».
Ar Gedour est un blog d’information sur l’actualité spirituelle et culturelle en Bretagne (et au-delà si en lien avec la ligne éditoriale), mais il se veut aussi être l’un de ces veilleurs, un guetteur, un lanceur d’alerte sur tout ce qui a trait à la foi chrétienne et à la Bretagne. 
AR GEDOUR a aussi pour but de sensibiliser les Bretons et habitants de Bretagne à la dimension « Feiz ha Breizh – Foi et Bretagne » pour une vie de foi ancrée dans la culture et la langue bretonne. 
Evidemment, l’héritage de l’abbé Yann-Vari Perrot est bien présent. 
Quand on se penche sur la Bretagne actuelle, on s’aperçoit que de nombreux fruits actuels sont issus, directement ou indirectement, des semailles de l’abbé, notamment via le Bleun Brug, Feiz & Breiz, Feiz ha Breiz ar Vugale, …
L’abbé demandait un jour « Ne croyez-vous pas, Bretons, que votre Bretagne serait totalement différente de la Bretagne de vos Pères si la lumière de la foi ne rayonnait plus comme un astre solaire au-dessus de ses cités et de ses campagnes ? »
Les fondements de notre média sont là, dans cette constatation, et les objectifs se déclinent de manière aussi claire, en ces deux mots : Feiz ha Breizh / Foi et Bretagne. 
Nous pouvons donc aisément faire nôtre cette strophe de Camille Le Mercier d’Erm parlant de l’abbé : « Confesseur d’une foi tarie dans trop de cœur trop hésitants, Pour ta Bretagne veille et prie, Allume au ciel de ta patrie l’aurore d’un nouveau printemps. » (Le symbole du Martyr – 1943)
Nous ne pouvons envisager un renouveau breton profond sans prendre en compte la dimension spirituelle. 
L’un de nos objectifs est donc d’un côté de sensibiliser les chrétiens à la culture bretonne même s’ils en sont loin, et de l’autre d’évangéliser les Bretons loin de l’Eglise.
Par l’usage des deux langues, la rédaction d’Ar Gedour souhaite participer à promouvoir le breton dans la vie de tous les jours. Pour ce faire, elle s’adresse donc à un lectorat bretonnant, mais aussi à un lectorat sensible à certains sujets abordés, mais non brittophone. 
Le blog est donc principalement en français (mais pas que… ) car pour avancer il est nécessaire aussi de sensibiliser les francophones de l’intérêt du breton, de sa richesse… Il faut montrer que l’intégrisme linguistique est dans ceux qui refusent à la langue bretonne la place qui lui revient, non dans la demande de pouvoir célébrer et prier Dieu dans notre langue.
En habituant les lecteurs à l’usage régulier du breton, l’idée est qu’ils se l’approprient ensuite dans d’autres domaines, dans leurs paroisses, etc. Ensuite, ils pourront s’ils le souhaitent, se diriger vers des sites totalement en breton, qui sont régulièrement mis en avant sur Ar Gedour.
Breizh-info.com : Aujourd’hui, quelle fréquentation avez-vous ? Quelles sont vos ambitions à terme ?
Rédaction Ar Gedour : Nous avons environ 20 000 visites par mois. Et un peu plus de 400 abonnés à notre newsletter.
Nous avons constaté qu’il n’existe pas de médias bretons chrétiens : après Feiz & Breiz puis Ololê et l’aventure éphémère de l’Appel d’Ololê, Bleun Brug, Barr Heol war Feiz ha Breizh (de Maodez Glanndour), Dihunamb (de Loeiz Herrieu) ou Bro Guened, sans oublier la lettre Fidélité Catholique, un vide s’est créé. Il existe des publications comme An Doéré / Doeréieoù, Kannadig Imbourc’h… qui ont le mérite d’exister et ont un intérêt certain, mais il n’y a pas de grand média capable de diffuser tout ce qui se fait au niveau chrétien et breton.
 Ar Gedour essaie de combler ce vide, mais aussi de fédérer les différents acteurs de ce que l’on pourrait appeler un Emsav catholique. 
En bref, travailler tous ensemble au-delà des différences pour Dieu et la Bretagne, car nos adversaires, les adversaires du breton et de l’Eglise, surfent sur ces divisions. 
À nous de casser les murs qui existent entre nous, de faire effacer nos ego derrière l’intérêt breton, qui passe par une prise de conscience de ce qu’est l’âme bretonne.
Notre ambition est … ambitieuse et tient dans cette phrase de Calloc’h / Bleimor : « Apprends-moi les mots qui réveillent un peuple, et j’irai, messager d’espérance, les redire à ma Bretagne endormie » 
Si notre média peut participer à réveiller le peuple breton…
Breizh-info.com : Vous faites également un travail de traduction et de production d’ouvrages. Pouvez vous nous en parler ?
Rédaction Ar Gedour : Plus qu’un blog, nous initions ou participons à certains projets sur le terrain. Nous fournissons des ressources (textes, cantiques, partitions, prières, …) aux personnes qui nous en font la demande. 
Il arrive que des gens nous contactent pour avoir tel cantique pour un mariage, des funérailles, une célébration pour des enfants, une messe… 
Nous avons ainsi reçu des sollicitations de Bretagne mais aussi de la diaspora, d’Italie en Allemagne en passant par les USA, le Brésil ou la Suisse.
Nous travaillons à la formation des personnes notamment sur les thèmes de l’inculturation et de la liturgie, en proposant des conférences. 
Nous souhaitons que se mettent en place des noyaux un peu partout en Bretagne, qui permettent d’être des relais bretonnants chrétiens, efficaces et formés sur le terrain, notamment en paroisse. 
C’est déjà le cas en certains lieux mais c’est peu par rapport au travail de titan. Ar Gedour peut devenir une plate-forme vers laquelle se tourneront tous ceux qui ont besoin de soutien , d’aide … pour la promotion de la langue bretonne dans le cadre liturgique (et au-delà), pour la promotion de leurs projets ou événements…
Quant à la traduction et la diffusion d’ouvrages chrétiens bretons, elle est très limitée, mais elle existe. Nous pensons que plus il y a d’offres, plus il y aura de la demande. 
Il faut donc être présent partout. Le Minihi Levenez et les Editions Imbourc’h l’ont bien compris en publiant régulièrement des ouvrages et en étant présent au Salon du Livre de Carhaix. 
Il existe bien des initiatives, et des traducteurs (issus de divers horizons) donnent du temps pour proposer des choses ou répondre à nos sollicitations ( traductions de prières, textes, cantiques…).
Notre travail ne pourrait donc se faire sans ces différents acteurs qui nous font confiance. 
Ar Gedour devient un média de plus en plus lu, y compris par la diaspora bretonne qui retrouve ici un lien, et une possibilité de simplification de recherche, y compris des diverses publications existantes.
 Nous retrouvons parmi nos lecteurs de plus en plus de gens engagés en paroisse, comme nous pouvons le constater sur le terrain.
 Nous avons donc une visibilité que d’autres n’ont pas forcément et malheureusement. Nous mettons donc cette visibilité et la capacité de diffusion, voire l’aide technique au service des initiatives locales, paroissiales, diocésaines, interdiocésaines… si cela reste dans l’esprit Feiz ha Breizh.
Ce qui est intéressant, c’est que ce travail de traduction et/ou de production permet aux divers acteurs de travailler ensemble, de se connaître et d’avancer, au-delà de certaines différences (tout en s’assumant)…
 Nous avons pu ainsi travailler avec des protestants (américains) sur le film « Jésus » traduit en breton par Dizale et la version audio que nous comptons diffuser sous peu, avec les éditions Imbourc’h pour Buhez Santez Tereza (la vie illustrée de Ste Thérèse), avec Hervé Marie Catta sur plusieurs fascicules e brezhoneg (sur des thèmes qui posent question à des gens même loin de l’Eglise), avec l’Oeuvre Saint Joseph pour certains projets en cours, … L’un des outils que nous avons mis en place, le site www.kan-iliz.com , est aussi le fruit d’un travail entre divers acteurs, et qui évolue au fil du temps.
Ce travail en équipe est essentiel si on veut avancer, et nous nous rendons compte qu’il existe une vraie attente et un véritable potentiel. 
Cela se structure et avance petit à petit, mais c’est encourageant.
Breizh-info.com : La foi catholique ne s’estompe-t-elle pas en Bretagne aujourd’hui ? A quoi est-ce dû ? L’Eglise n’a t-elle pas un rôle majeur dans sa faillite actuelle, notamment idéologique ?
Rédaction Ar Gedour : Parfois, on peut se le demander. 
C’était d’ailleurs la question à la une d’un numéro récent du magazine « Bretons ». Mais la foi est certainement encore là même si d’un côté parfois le « catholique » se mêle à des croyances qui le sont moins. 
Car il y a une véritable attente, une quête de spiritualité et de transcendance que certains tentent de combler par un consumérisme se rapprochant du culte du veau d’or ou par les réponses données par des religions autres, voire par une recherche personnelle.
Nous pensons que la Bretagne n’est plus une terre chrétienne mais une terre de mission, peut-être culturellement catholique. Qui fait encore réellement sienne la totalité du Credo ou même simplement le kérygme ? 
Mais, contrairement à d’autres endroits, le christianisme fait partie intégrante de l’identité, de l’âme bretonne, et il y a encore un fond qui résonne en chacun, malgré le poison laïciste français qui infeste le milieu breton. 
A la croisée des chemins, dans les endroits les plus reculés, où calvaires, chapelles, fontaines et mégalithes montrent l’ADN de Bretagne.
Il y a de moins en moins de monde à la messe dans nos paroisses rurales, certainement. 
Mais prenez les pardons : eux aussi voient leur fréquentation diminuer au rythme des décès.
 A contrario, des initiatives comme le Tro Breiz ou la Vallée des Saints bénéficient d’un véritable engouement, non seulement de la part des cathos mais aussi d’un spectre plus large de personnes « en recherche ». 
D’autres pardons revoient le jour et ceux qui attirent sont ceux dont la liturgie tient la route et respecte ce que demande l’Eglise, et ceux qui prennent en compte les cantiques bretons et latins.
Il n’y a qu’à écouter quand le Da feiz hon tadoù kozh, le Pe trouz war an douar, Kantik ar Baradoz, le Credo III ou le Gloria des Anges, pour ne citer que ceux-ci, sont proposés : l’assemblée chante bien plus que lorsque sont choisis bien des chants qu’on n’irait même pas écouter en concert.
 Dans nombre de paroisses, on a jeté les chants ancestraux aux orties, on a coupé les racines, pour faire du hors-sol. 
Comment voulez-vous vous adresser aux gens si vous ne tenez pas compte d’eux et que vous leur imposez une vision étriquée issue d’une autre culture ?
Si la sécularisation de la société a un rôle qu’il ne faut pas minimiser dans la faillite actuelle, rappelons aussi que les Bretons, qui ont vu leur culture partir aux oubliettes, sont partis sur la pointe des pieds et ne sont pas revenus. 
Ils se sont investis dans le social, la politique, l’associatif, continuant occasionnellement à mettre les pieds à l’église, mais son message ne résonnait plus en eux. 
Ils ont glissé vers un catholicisme social, et ils ont remplacé peu à peu la personne du Christ par l’Homme.
Ne soyons donc pas étonnés si certaines communautés se retrouvent peu à peu à faire de la « maintenance ecclésiale » au lieu d’une véritable pastorale évangélisatrice. 
Or les racines du problème, nous le voyons, sont bien plus profondes que la difficulté de compléter un tableau Excel.
François-Xavier Bellamy disait dans L’urgence de transmettre que « la civilisation qui a perdu le sens de l’actualité de son héritage, qui a perdu le sens de la dimension profondément vivante de la tradition qu’elle a reçu, cette civilisation-là ne peut que s’écrouler de l’intérieur », ajoutant lors d’une de ses conférences que « la langue bretonne est ce par quoi des générations entières ont appris à apprivoiser leur propre condition humaine, à apprivoiser le milieu dans lequel ils vivaient, à apprivoiser la terre dans laquelle ils grandissaient… et tuer une langue, la combattre, la déconstruire, c’est toujours déconstruire cette puissance de vie, cette fécondité qu’est une langue, cette promesse de liberté qu’elle représente ». 
Mgr Centène disait quant à lui en février 2014 : « Il me parait important de transmettre ce patrimoine breton et de garder ses spécificités car elles font partie de notre identité profonde. Il faut réussir à sortir du complexe que l’on a imposé disant que parler breton était arriéré. Il faut retrouver cette fierté d’être breton. 
On voit qu’une culture dominante peut écraser des cultures spécifiques, et il faut lutter contre cela. Car pour savoir ou l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Et cela est essentiel dans nos temps troublés. Aujourd’hui, à travers les écoles bilingues, une génération refleurit. L’Eglise a eu un grand rôle dans la préservation de la langue bretonne. Aujourd’hui, il y a une résurgence des cultures locales. Il faut que l’Eglise reprenne sa place dans cette préservation, mais aussi pour évangéliser. Car nos cantiques bretons favorisent l’intériorité essentielle à l’évangélisation… »
L’Eglise a eu un rôle majeur dans la préservation de la langue et de la culture bretonne, et par là-même de la foi chrétienne que la langue véhiculait. 
Les cantiques bretons portaient en eux quelque chose de transcendant, un catéchisme musical qui porte vers le ciel et fait entrevoir les lumières du paradis. 
Un cri du cœur aussi, chantant les heures de dur labeur et les soirs de désespoir, les jours instants d’amour et les âmes en peine recherchant la miséricorde divine, s’offrant à Dieu dans une confiance totale. 
Des mots que nos pères, et les pères de nos pères… ont dit et chanté, que nous faisions nôtres dans une sorte de communion des saints. Elle a aussi sa part de responsabilité dans son abandon, comme elle a laissé bien des choses après 68, faisant dire au Concile tout et n’importe quoi pour justifier une idéologie rampante.
En laissant la langue bretonne de côté, en l’utilisant occasionnellement de manière parfois folklorique, elle a déconstruit cette fécondité qui a tant donné à la Bretagne et au monde, cette fécondité qui a offert des milliers de missionnaires et qui a forgé la Bretagne. 
Entre le patrimoine linguistique et le patrimoine liturgique, il n’y a pas eu à choisir : on a tout viré, c’était plus simple. On voit le résultat aujourd’hui. Comment voulez-vous que les gens aillent à la messe alors même que nombreux sont ceux qui traitent la liturgie par-dessus la jambe… ainsi que la langue bretonne ? On retrouve souvent les mêmes, d’ailleurs. 
L’abbé Perrot avait dit dans une lettre datant de 1941 : « Défiez-vous de la peste du laïcisme qui a tué la France et a déjà empoisonné une bonne partie de la Bretagne. Toutes voies autres que la voie chrétienne ne peuvent conduire qu’à la perdition ».
Il semble qu’il avait bien raison.
Une autre de ses citations précise que « Si la France est tombée si bas, pour peut-être ne plus se relever, c’est parce qu’en elle toutes les vertus chrétiennes se sont éteintes les unes après les autres. Si on veut restaurer la Bretagne, qu’on la construise sur la pierre angulaire qu’est le Christ : rien de durable ne se fera autrement »
Alors comme le dit Mgr Centène, il faut que l’Eglise reprenne sa place pour évangéliser. 
Une nouvelle évangélisation sans prise en compte de l’individu et de ses racines n’a aucun avenir. Il ne faudrait quand même pas oublier que le Christ s’est incarné et intégré à une culture propre.
 Le Pape François disait d’ailleurs dans « Evangelii Gaudium » que « Dans la piété populaire, puisqu’elle est fruit de l’Évangile inculturé, se trouve une force activement évangélisatrice que nous ne pouvons pas sous-estimer : ce serait comme méconnaître l’œuvre de l’Esprit Saint. Nous sommes plutôt appelés à l’encourager et à la fortifier pour approfondir le processus d’inculturation qui est une réalité jamais achevée. Les expressions de la piété populaire ont beaucoup à nous apprendre, et, pour qui sait les lire, elles sont  un lieu théologique auquel nous devons prêter attention, en particulier au moment où nous pensons à la nouvelle évangélisation. »
C’est parce qu’il existe encore ce fonds chrétien intrinsèquement lié à la Bretagne que nous sommes convaincus que le renouveau peut venir de la Bretagne. 
Il existe un véritable terreau dans la jeunesse catholique bretonne, sur lequel les Anciens – qui ont souvent beaucoup donné – pourraient s’appuyer. 
Pourquoi ne pas lui faire confiance pour contrer cette faillite ?
Breizh-info.com : vos projets pour 2016 ? Vivez-vous de votre travail ?
Rédaction Ar Gedour : Notre travail commence à être reconnu, même si parfois nous pouvons être un peu « poil à gratter » pour certains. Nous allons donc avant tout continuer à tisser ce réseau qui permettra d’avancer pour Dieu et la Bretagne. 
Si les bretonnants, même s’ils sont loin de l’Eglise et malgré les écueils, pouvaient s’impliquer dans chaque paroisse, nous sommes persuadés que cela changerait la donne. 
La Sainte Vierge aurait dit en 1948 à Kerizinen, que « c’est par la Bretagne, qui m’est restée le plus fidèle, que Je veux rechristianiser la France qui, revenue au Christ, revêtira un caractère tellement religieux qu’elle redeviendra la lumière des peuples païens » 
Ces apparitions n’ont pas été reconnues mais le message n’en est pas moins missionnaire. Notre premier projet 2016 reste donc l’évangélisation.
Par ailleurs, plusieurs projets sont en cours d’étude, avec différents partenaires. 
Citons notamment le projet principal qui est l’édification d’une statue monumentale de Sainte Anne. 
Il s’agira de la plus grande statue jamais réalisée à ce jour en Armorique, et qui a vocation à montrer concrètement aux Bretons que Sainte Anne veille sur eux, dans l’Armor comme dans l’Argoat, et qu’ils peuvent compter sur elle ! 
Pour ce projet, nous avons fait appel à Marc Mosnier, dessinateur de talent et nous travaillons avec Philippe Abjean, qui connaît bien le sujet. 
Nous travaillons aussi avec la société E-Mage-In 3D de Camaret pour proposer un aperçu 3D de la statue avant édification. Nous avons d’ailleurs lancé un premier appel aux dons (toujours en cours) permettant cette première phase. 
Ce premier projet collaboratif en a décliné d’autres, qui, nous l’espérons verront le jour au fil du temps.
Nous allons aussi aider une association de Pont-Croix à mettre en place une exposition sur les Trésors liturgiques, en proposant un financement participatif (crowdfunding).
 Dans la même ligne, notre équipe s’implique dans diverses structures, permettant là aussi de travailler tous ensemble plutôt que de chacun s’épuiser dans son coin.
Nous essaierons de mettre en ligne des supports d’approfondissement catéchétique e brezhoneg car nous avons une réelle demande de la part d’instituteurs.
Nous avons des projets de publications qui devraient voir le jour en 2016, ainsi que l’enregistrement d’un album de cantiques bretons par Louis Mélennec, qui a une très belle voix.
 D’autres publications de vie de saints et de prières sont à l’étude.
Enfin, le site www.kan-iliz.com proposant les cantiques bretons va évoluer. Si certains ont des partitions de cantiques et des fichiers sonores, ils seront les bienvenus car le travail est immense. 
Il ne s’agit pas de notre outil mais d’un outil pour tous les Bretons. Chacun peut donc se sentir concerné.
Nous ne vivons pas de notre travail. Tout est fait bénévolement, pour Dieu et la Bretagne. 
Nous savons que Saint Anne, Saint Joseph, et tous nos saints bretons nous aident… mais les Bretons sont les bienvenus pour nous soutenir, activement, financièrement ou … ce qui est le plus important, par la prière !
Photo : DR[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.