Les Champs-Elysées. 
Ses larges trottoirs, ses boutiques et restaurants de luxe, ses touristes, frimeurs, ou simples passants, son défilé de voitures ininterrompu au pied de l’Arc de Triomphe. 
Une vision de carte postale, si l’on se contente de regarder droit devant. Au sol, mégots, papiers, chewing-gum, parfois des bouts de verre… « Et encore, ici, c’est propre, s’exclame Clara, une jeune femme qui ramasse méthodiquement les déchets à l’aide d’une longue pince. 
 À Strasbourg-Saint-Denis, le mois dernier, c’était autre chose ! »
(Photo : Nicolas Montard)
À la base, des Japonais expatriés
Clara ne fait pas partie du Service propreté de la ville de Paris. En ce samedi ensoleillé, elle a choisi de se joindre à une trentaine d’autres personnes pour l’opération mensuelle de nettoyage de l’association Green Bird. 
Des Parisiens à l’assaut de la saleté de leur capitale ? Pas tout à fait. Green Bird Paris a été créée en 2007 par des… Japonais expatriés dans la capitale française, sur le modèle de l’association mère au pays du Soleil-Levant.  
« Ce groupe d’expatriés considérait la capitale comme l’une des plus jolies villes du monde, explique Yoshiko Inaï, sa responsable. 
 Mais aussi comme une ville aux trottoirs sales ! » Depuis, ils se réunissent une fois par mois pour une heure de nettoyage express. Yuma, étudiant originaire de Yokohama, est l’un des membres les plus actifs. « Je viens depuis un an. 
En fait, j’avais entendu parler de l’initiative au Japon… Je trouve ça utile ».
À ses côtés, une autre étudiante, au français plus hésitant, justifie son engagement d’un regard désignant les mégots coincés sous une grille au pied d’un arbre : « C’est sale, non ? »
(Photo : Nicolas Montard)
Les Parisiens s’y mettent aussi
Bonne nouvelle : les Japonais ne sont pas les seuls à se préoccuper des trottoirs de Paris. 
En ce beau samedi d’automne, sur la plus belle avenue du monde, la majorité du groupe est composée de Franciliens qui ont découvert l’initiative par des connaissances et les réseaux sociaux. 
Il y a Liliane qui, elle, revient du Japon et participe à toutes les activités parisiennes en rapport avec l’île nippone. 
Christophe, lui, a rencontré la présidente Yoshiko lors d’une balade urbaine et a réussi à motiver cinq participants dans son sillage. Il y a aussi Michel, vendeur dans un grand magasin et qui a même échangé un jour de repos pour être là. 
Tous ont un credo : la propreté est l’affaire de tous les habitants de la « ville lumière ».
(Photo : Nicolas Montard)
C’est d’ailleurs l’un des objectifs de ces opérations mensuelles : faire prendre conscience aux locaux que la propreté est l’affaire de tous.
 D’où une intervention en escouade – « on reste groupé », ordonne gentiment Yoshiko –, chacun étant vêtu d’une chasuble, floqué de deux oiseaux devant. « On n’interpelle pas les gens qui passent. 
Mais souvent, ce sont eux qui viennent à nous, curieux. » Samedi, c’était le cas. 
Certains mettant même la main à la pâte, quand d’autres prenaient quelques informations… ou des photos. 
Le mois prochain, Green Bird recommencera : dans un lieu touristique, devant une gare ou dans un quartier résidentiel. 
La lutte pour la propreté, un éternel recommencement…
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)
(Photo : Nicolas Montard)