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samedi 31 octobre 2015

LE CINÉMA D' AUTEUR ET LA LIBERTÉ D' EXPRESSION !

Cheyenne-Marie Carron : un météorite dans le cinéma d’auteur

 

Vu sur : 24h Actu, écrit par : Philippe Lesage
Je connais bien Cheyenne Marie Caron et je suis avec beaucoup d’intérêt sa carrière cinématographique, mais à ma grande honte, je n’ai pas encore vu son dernier film, réalisé dans des conditions extrêmes de dénuement, tout le monde ne peut plaire au CNC, ni aux producteurs friqués.


Film courageux , abordant un thème quasi-impossible aujourd’hui, nous reproduisons une critique intelligente de Philippe Lesage, mais nous reviendrons sur le phénomène Cheyenne Marie Caron, car il y a beaucoup de chose à dire sur ce cinéastre patriote.

Cheyenne
Par les temps qui courent, Il n’y a guère plus de cinéastes comme ce petit bout de femme. 
Sujets difficiles, dialogues soignés, rythmes et jeux émotionnels parfaitement maîtrisés, la huitième œuvre de Cheyenne-Marie Carron arrive en salle : «Patries», ou le racisme anti-blancs. 
 
Elle signe une chef d’oeuvre.

Cheyenne-Marie Carron présente donc «Patries», un film audacieux sur un sujet tabou en France : le racisme anti-blanc. Sujet brûlant caché par les médias de propagande, la scénariste-réalisatrice en dévoile les réalités vécues, en dissèque les ressorts culturels et psychologiques, sans pudeur ni parti-pris. 
Son film construit tout à la fois une histoire, une réflexion, une image et un style narratif, qui nous plonge dans la désespérance et les espoirs de personnages déracinés et ô combien humains. 
Comme ce film nous ressemble !

Comment Cheyenne-Marie Carron a-t-elle pu réussir un tel monument du cinéma d’auteur avec un budget aussi ridicule, à peine le prix d’une minute de clip publicitaire ? 
Pourtant, Cheyenne-Marie Carron cisèle ce bijou d’orfèvre rare. Comment est-ce possible ? Si mal chaussée et si bien arrivée, Il y a là, la marque indicible du génie.

Ni matraquage publicitaire, ni esbroufe ou faux scandale, rien de ce que fait Cheyenne-Marie Carron ne ressemble à notre société consumériste et compulsive. 
A 39 ans et venue de son Ardèche adoptive, sa cinégraphie est déjà impressionnante avec deux courts et cinq longs métrages à son actif de réalisatrice talentueuse.

Les films de Cheyenne-Marie Carron gagnent lentement mais sûrement la notoriété qu’ils méritent, rencontrent assurément la sympathie de leur public, pourquoi ? 
 
Parce que le cœur de Cheyenne anime chacun de ses plans, parce que l’âme de Cheyenne imprègne les visages de ses acteurs, comme autant de miroirs cristallins fidèles à l’inspiration de la réalisatrice.

Le film «L’Apôtre», avait certes mis à l’épreuve la sacro-sainte liberté d’expression à la française, pas si libre que cela en définitive si on se souvient des interdictions de la projection, notamment à Nantes. 
 
Au fond, «L’apôtre» avait été un juste révélateur de la dictature de la pensée unique sous le régime de laquelle les Français vivent aujourd’hui, avec la peur au ventre, peur permanente de la délation ou de la sanction, médiatique ou judiciaire.

Mais n’est-ce pas précisément cela un film d’auteur ? Un film qui nous révèle qui nous sommes ; un film qui nous fait prendre conscience des non-dits de notre lâcheté collective ; un film qui nous permet de nous grandir en humanité, dans notre France bigarrée, telle qu’elle est aujourd’hui ?

«Patries», c’est tout cela à la fois : une histoire, une analyse, un révélateur, un acte courageux de création artistique au service du bien commun dans une pauvreté de moyens presque insoutenable : une oeuvre singulière et magnifique. 
Bravo l’artiste !

Patries