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jeudi 29 octobre 2015

IL TIRE SUR LE BATONNIER AVANT DE SE DONNER LA MORT !


Drame au tribunal de Melun: un avocat tire sur le bâtonnier et se suicide



Le tribunal de Melun a été jeudi matin le théâtre d'un drame qui a suscité l'effroi: avant de retourner l'arme contre lui, un avocat a tiré à plusieurs reprises sur le bâtonnier, qui se trouve "dans un état critique".

Touché alors qu'il était dans un bureau du tribunal, Henrique Vannier, 43 ans, a été transféré à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), ont indiqué des sources proches du dossier. Il est "dans un état critique et stable", a affirmé l'une d'elles. 

"Notre bâtonnier Henrique Vannier est, Dieu merci, encore en vie", a déclaré, depuis le palais de justice de Melun, Me Florence Lampin, élue en juin pour le remplacer comme bâtonnier en 2016.
Les faits se sont déroulés aux alentours de 09H30. Le tireur, l'avocat Joseph Scipilliti, 63 ans, qui avait défendu par le passé des collectifs d'extrême droite, avait rendez-vous avec le bâtonnier qui devait lui notifier sa suspension, a indiqué une source proche du dossier, sans préciser le motif de cette suspension.

"On le connaît tous. Il est arrivé comme tous les matins, les yeux perdus dans le vague. C'est quelqu'un de poli, qui dit bonjour, comme ce matin encore", a raconté à l'AFP un des agents de sécurité du tribunal.

De nombreux journalistes étaient présents au tribunal jeudi matin pour le procès d'assises des parents de la petite Inaya, bébé de 20 mois retrouvée enterrée dans la forêt de Fontainebleau en 2013.
Les coups de feu n'ont toutefois pas été entendus depuis la salle d'audience, les bureaux étant situés à l'opposé du bâtiment. Mais la présidente de la cour d'assises a suspendu l'audience vers 10H00 en évoquant des "événements graves", selon un journaliste de l'AFP.

Après la stupeur, le calme était revenu au tribunal à la mi-journée. Certaines parties du bâtiment étaient bouclées pendant que des enquêteurs recueillaient des témoignages du personnel.


Dans un communiqué, la ministre de la Justice Christiane Taubira a fait part de son "effroi" après cette "terrible agression". "Il n'est pas concevable que nos juridictions et les maisons de l'ordre des avocats deviennent pour eux des lieux dangereux".

Interrogée par l'AFP, le président du Conseil national des barreaux (CNB) Pascal Eydoux, qui représente l'ensemble des avocats français, s'est dit "stupéfait, consterné et ahuri" par ce drame.
"On est tous sous le choc", a déclaré Me Sophie Prunier, trésorière du Conseil de l'ordre, en décrivant une ambiance habituellement "sereine, familiale" au sein du barreau de Melun.


- Un journal aux airs de pamphlet -

Joseph Scipilliti avait toutefois confié son hostilité envers Henrique Vannier dans un "journal" qu'il avait envoyé à plusieurs personnes, dont des membres de "Riposte Laïque", collectif considéré comme proche de l'extrême droite qu'il représentait.

Pierre Cassen, le fondateur de Riposte Laïque, a raconté avoir reçu à "05h42 du matin" ce texte. "On a toute de suite senti qu'il allait se passer quelque chose", a-t-il expliqué à l'AFP. "On s'est dit: +il est possible qu'il mette fin à ses jours ou qu'il s'en prenne au bâtonnier+".


Dans ce document aux airs de pamphlet, Me Scipilliti jugeait sur un ton véhément que l'état de droit en France était "une imposture".


Ce "système s'est incarné en l'occurrence par le nouveau bâtonnier H.V. qui dès avant sa prise de fonction pour les années 2014-2015, avait fait connaître son intention d'en finir avec moi", écrivait-il.
"Il incarnait à lui seul tout ce que je combattais depuis le début de ma carrière. (...) Il était le candidat idéal", affirmait-il encore.


En 2010, Joseph Scipilliti avait également défendu Christine Tasin, la fondatrice de Résistance républicaine, un groupe qui avait organisé avec 26 associations un apéritif républicain "contre l'offensive islamiste" (l'apéro "saucisson-pinard"), alors menacée de mort. 


Il avait aussi défendu en 2014 à Orléans un militant du Bloc identitaire jugé pour des tags anti-islam, notamment sur des devantures de boucherie halal.


ET AUSSI

"j'accuse".


Ils ont tué Joseph Scipilliti notre avocat, faites circuler son testament : "j'accuse".
Illustration : Joseph, au premier plan, de profil,  lors du procès de Belfort de Christine Tasin 
 Joseph Scipilliti est mort ce matin, après avoir tiré 3 coups de feu sur le bâtonnier Henrique Vannier. 


Avant de mourir, il a envoyé à un certain nombre de destinataires, dont nous, qu'il avait si brillamment défendus plusieurs fois, un livre sous pdf à télécharger ici où il décrit le processus inexorable qui l'a conduit à son acte de ce matin : 

Il y décrit un système fait pour broyer celui qui ose être, qui ose dire non, qui ose désobéir, ne pas ramper...
L'émotion nous submerge. 
Le regret, infini. La révolte, terrible.   
Nous rendrons un peu plus tard à Joseph tout l'hommage qu'il mérite. 
Lisez son testament, faites-le circuler. 
C'est le meilleur hommage à ce qu'il fut, à son patriotisme
. jospeh
Parce que Joseph était un patriote. Il a été un des premiers à adhérer à Résistance républicaine en 2010, en nous offrant sa compétence d'avocat. 

Au début, il ne voulait même pas qu'on le paye (et quand on lit son ouvrage on comprend qu'il était dans une situation financière très difficile... ) ; c'est nous qui avons insisté pour qu'il accepte une juste rémunération eu égard au travail qu'il effectuait pour nous, à Résistance républicaine comme à Riposte laïque. 

Naturellement la machine à broyer le patriote, celui qui dénonce le mur des cons se met en marche.Ils osent écrire qu'il aurait eu des problèmes personnels quand c'est tout le système qui s'est acharné contre lui. 

Ne les croyez pas, lisez, faites circuler son testament. C'est vital


Pierre Cassen et Christine Tasin