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vendredi 30 octobre 2015

DRAME DE MELIN: L' AVOCAT JOSEPH SCIPILLITI TIRE SUR UN BATONNIER ???

Drame au tribunal de Melun: un avocat tire sur le bâtonnier et se suicide 
Le tribunal de Melun a été jeudi matin le théâtre d’un drame qui a suscité l’effroi: avant de retourner l’arme contre lui, un avocat a tiré à plusieurs reprises sur le bâtonnier, qui se trouve « dans un état critique ».
Touché alors qu’il était dans un bureau du tribunal, Henrique Vannier, 43 ans, a été transféré à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), ont indiqué des sources proches du dossier. Il est « dans un état critique et stable », a affirmé l’une d’elles.
« Notre bâtonnier Henrique Vannier est, Dieu merci, encore en vie », a déclaré, depuis le palais de justice de Melun, Me Florence Lampin, élue en juin pour le remplacer comme bâtonnier en 2016.
Les faits se sont déroulés aux alentours de 09H30. Le tireur, l’avocat Joseph Scipilliti, 63 ans, qui avait défendu par le passé des collectifs d’extrême droite, avait rendez-vous avec le bâtonnier qui devait lui notifier sa suspension, a indiqué une source proche du dossier, sans préciser le motif de cette suspension.
« On le connaît tous. Il est arrivé comme tous les matins, les yeux perdus dans le vague. C’est quelqu’un de poli, qui dit bonjour, comme ce matin encore », a raconté à l’AFP un des agents de sécurité du tribunal.
De nombreux journalistes étaient présents au tribunal jeudi matin pour le procès d’assises des parents de la petite Inaya, bébé de 20 mois retrouvée enterrée dans la forêt de Fontainebleau en 2013.
Les coups de feu n’ont toutefois pas été entendus depuis la salle d’audience, les bureaux étant situés à l’opposé du bâtiment. Mais la présidente de la cour d’assises a suspendu l’audience vers 10H00 en évoquant des « événements graves », selon un journaliste de l’AFP.
Après la stupeur, le calme était revenu au tribunal à la mi-journée. Certaines parties du bâtiment étaient bouclées pendant que des enquêteurs recueillaient des témoignages du personnel.
Dans un communiqué, la ministre de la Justice Christiane Taubira a fait part de son « effroi » après cette « terrible agression ». « Il n’est pas concevable que nos juridictions et les maisons de l’ordre des avocats deviennent pour eux des lieux dangereux ».
Interrogée par l’AFP, le président du Conseil national des barreaux (CNB) Pascal Eydoux, qui représente l’ensemble des avocats français, s’est dit « stupéfait, consterné et ahuri » par ce drame.
« On est tous sous le choc », a déclaré Me Sophie Prunier, trésorière du Conseil de l’ordre, en décrivant une ambiance habituellement « sereine, familiale » au sein du barreau de Melun.
– Un journal aux airs de pamphlet –
Joseph Scipilliti avait toutefois confié son hostilité envers Henrique Vannier dans un « journal » qu’il avait envoyé à plusieurs personnes, dont des membres de « Riposte Laïque », collectif considéré comme proche de l’extrême droite qu’il représentait.
Pierre Cassen, le fondateur de Riposte Laïque, a raconté avoir reçu à « 05h42 du matin » ce texte. « On a toute de suite senti qu’il allait se passer quelque chose », a-t-il expliqué à l’AFP. « On s’est dit: « il est possible qu’il mette fin à ses jours ou qu’il s’en prenne au bâtonnier » ».
Dans ce document aux airs de pamphlet, Me Scipilliti jugeait sur un ton véhément que l’état de droit en France était « une imposture ».
Ce « système s’est incarné en l’occurrence par le nouveau bâtonnier H.V. qui dès avant sa prise de fonction pour les années 2014-2015, avait fait connaître son intention d’en finir avec moi », écrivait-il.
« Il incarnait à lui seul tout ce que je combattais depuis le début de ma carrière. (…) Il était le candidat idéal », affirmait-il encore.
En 2010, Joseph Scipilliti avait également défendu Christine Tasin, la fondatrice de Résistance républicaine, un groupe qui avait organisé avec 26 associations un apéritif républicain « contre l’offensive islamiste » (l’apéro « saucisson-pinard »), alors menacée de mort.
Il avait aussi défendu en 2014 à Orléans un militant du Bloc identitaire jugé pour des tags anti-islam, notamment sur des devantures de boucherie halal.

http://www.bvoltaire.fr/breves/drame-au-tribunal-de-melun-un-avocat-tire-sur-le-batonnier-et-se-suicide,215713 




JOURNAL


INDELICAT
J

Joseph SCIPILLITI Avocat
1

C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites.
Montesquieu : « De l’esprit des lois »
Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice.
Montesquieu : « Considérations sur les causes de la grandeur des Romains »
Le raisonnement de l’humanité tient tout entier dans cette bassesse : « si je ne te crains pas, je me fous de toi »
Georges COURTELINE : « l’article 330 »
La démocratie c’est le pouvoir pour les poux de manger les lions
Georges CLEMENCEAU
2



SOMMAIRE
1. ETAT DE DROIT, INSTANTANES DE LA VIE SOCIALE 14
2. VIE QUOTIDIENNE DE L’AVOCAT, DU MYTHE A LA REALITE 51

3. CONSEIL DE L’ORDRE, QUEL ORDRE ? 74
4. LE BÂTONNIER, MONARQUE EN SON ROYAUME 90
5. LE JUGE, TROISIÈME OU PREMIER POUVOIR ? 114
6. AIDE JURIDICTIONNELLE, ALIBI DES BONNES CONSCIENCES 130 7. PERMANENCE PENALE. 143
8. PROCEDURE DISCIPLINAIRE : LA DISCIPLINE, PAS LA JUSTICE 152 9. L’ENTREPRISE AVOCAT 168

ANNEXES 223 



Drame de Melun : pas de conclusions hâtives
Un avocat, Me Joseph Scipilliti, a tiré trois coup de feu sur Me Henrique Vannier avant de retourner l’arme contre lui.
C’est un véritable drame qui s’est déroulé hier matin dans le bureau du Bâtonnier de l’Ordre des avocats au Barreau de Melun, au second étage du Palais de Justice : un avocat, Me Joseph Scipilliti, a tiré trois coup de feu sur Me Henrique Vannier avant de retourner l’arme contre lui. 
Le Bâtonnier, grièvement blessé, semble hors de danger. Son agresseur est mort.
Me Scipilliti faisait partie des contributeurs occasionnels de Boulevard Voltaire. Il était également l’avocat de Riposte Laïque et de Résistance républicaine, deux circonstances qui ont immédiatement permis à la presse de gauche de préciser qu’il était proche de l’extrême droite. Comme si avoir défendu Klaus Barbie avait fait de Jacques Vergès un nazi… 
Deux circonstances qui ne retirent rien à la folie meurtrière d’un homme dont rien n’excuse le geste. 
A cet égard, la réaction très émotionnelle et presque instantanée de Pierre Cassen et Christine Tasin appelle quelques réserves. Sous le titre « Ils ont tué notre avocat », les deux animateurs des mouvements précités ont publié sans délai le document de 230 pages, intituléJournal Indélicat, sorte de testament en forme de témoignage dont la lecture laisse un arrière-goût amer.
Ce drame a ému, à juste titre, l’ensemble de la profession. Il est sans doute le fait d’un homme profondément perturbé, dont il est difficile de juger des motivations. 
Ce que les journalistes appellent un "déséquilibré" lorsqu’il s’agit d’un islamiste. 
Déséquilibré semble le terme exact à la lecture de son journal.
L’évènement, pour être exceptionnel, n’en est pas moins révélateur d’un grave malaise dans une profession dont on ne dira jamais assez qu’elle est malade.
Malade du politiquement correct : l’avocat qui, par ses propos ou ses écrits, s’écarte de la ligne gentiment droit-de-l’hommiste obligatoire au barreau comme ailleurs est vite catalogué, au mieux comme un original dont il faut se méfier, au pire comme un dangereux extrémiste.
Malade de sa paupérisation : Joseph Scipilliti semblait être en grave difficulté financière. Il faut tordre le cou à l’opinion répandue d’une profession opulente. La réalité économique des avocats de province n’est pas brillante. 
Tous les barreaux savent ce que la pauvreté de certains signifie, et nombreux sont ceux qui, dans la discrétion, exonèrent tel confrère de cotisations ordinales ou mettent en place un fonds de secours pour ceux qui, au sens propre du terme, crèvent la faim.
Que la profession soit largement responsable de cet état de fait n’enlève rien à cette réalité. Le geste de Joseph Scipilliti semble bien, aussi, celui d’un désespéré qui ne peut plus vivre de son métier, non seulement parce qu’il est acculé par les charges, mais aussi parce qu’il est marginalisé par ceux-là même qui se disent ses confrères.
Ne tirons cependant pas de ce terrible évènement de conclusions trop hâtives. 
Qu’un avocat en arrive à de telles extrémités, alors qu’il existe des recours et de nombreux mécanismes pré-contentieux pour régler les problèmes internes au barreau reste, et restera, impossible à prévenir. 
L’annonce de Christiane Taubira d’un renforcement de la sécurité des tribunaux n’y changera rien non plus : le public n’y entre plus sans une fouille complète, et il est impossible de soumettre à ce traitement tous les professionnels qui y entrent plusieurs fois par jour.
Au-delà de l’émotion, que ces coups de feu en plein Palais de Justice réveillent nos instances représentatives sur la nécessité de réfléchir, sans tabou ni idéologie, sur le malaise d’une profession dont on oublie un peu vite le caractère indispensable au fonctionnement de toute société civilisée.
http://www.bvoltaire.fr/francoisteutsch/drame-de-melun-de-conclusions-hatives,215846