Google+ Badge

dimanche 27 septembre 2015

TRIBUNE LIBRE, RAPPEL ET MISE AU POINT .....


Les pieds-noirs étaient des Français, pas des migrants
Que cela plaise ou non aux Français de métropole, nous étions Français autant qu’eux, si ce n’est davantage.
Nous avions eu droit, autrefois, au mémorable« Je vous ai compris ».
Nous avons eu droit, récemment, au « Vous ne m’avez pas compris »du politologue Roland Cayrol, dans sa lettre de « repentance » adressée à tous ceux que sa prestation désastreuse lors de l’émission « C dans l’air » du lundi 7 septembre avait indignés… À la question posée par Yves Calvi : « La France peut-elle accueillir 24.000 réfugiés ? », le politologue n’avait pas hésité une seule seconde pour répondre :« La France a bien accueilli, en 1962, plus d’un million de pieds-noirs ! » .
Mais ce n’est pas fini ! Nous avons encore droit – et la surprise nous est venue de là où on ne l’attendait certainement pas – à « Je n’ai rien compris du tout, et ça se voit », de Véronique Grousset, journaliste au Figaro Magazine. Dans un article daté du 11 septembre 2015 intitulé « Réfugiés, ce que nous enseigne notre expérience en la matière », elle écrit : « 1,2 million de pieds-noirs et de harkis brutalement déracinés en 1962, par la décolonisation sanglante du Maghreb, n’ont pas été accueillis en France à bras ouverts, loin de là… » Bravo.
 Las, la suite est catastrophique : « …mais leurs descendants n’en sont pas moins devenus d’excellents Français ».
Donc, si je la comprends bien, et je crois bien la comprendre, nous, les pieds-noirs, arrivés en 1962, n’étions pas d’excellents Français et, fort heureusement, nos descendants le sont devenus… sans doute malgré nous !
Alors, je m’adresse directement, et personnellement, à Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Figaro Magazine : « Aurez-vous l’obligeance de nous tenir informés sur « l’admonestation » que, nous l’espérons, vous ne manquerez pas d’adresser à cette « demoiselle ». 
Ne serait-ce que pour lui conseiller de tremper sept fois sa plume dans l’encrier avant d’écrire de telles âneries !
J’espère, également, que vous nous rendrez tout de même cette justice d’admettre que nous nous sommes « intégrés » ou « assimilés » – à vous de choisir – bien plus facilement, et avec combien moins de problèmes (puisque nous avions les mêmes droits) que tous les « migrants » que la France si généreuse a accueillis depuis 1962 !
Et cela très facilement car, que cela plaise ou non aux Français de métropole, nous étions Français autant qu’eux, si ce n’est davantage car nous, nous nous sommes battus les armes à la main pour conserver ces départements à la France, aux côtés de l’armée française, jusqu’au jour où elle nous a trahis sur ordre, et sommes partis pour ne pas changer de nationalité.
Et ce n’est pas le cas de tous les Français aujourd’hui ! 
http://www.bvoltaire.fr/manuelgomez/pieds-noirs-etaient-francais-migrants,208398?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=30d293ff09-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-30d293ff09-30403221&mc_cid=30d293ff09&mc_eid=35158644a0



ET AUSSI




En 1962, pieds-noirs et harkis étaient moins bien accueillis que les migrants aujourd’hui
Où étaient-ils, ces gens si généreux aujourd’hui, si absents, si hostiles en 1962 ?
u’il y ait en ces jours rassemblements et pétitions pour ceux qui fuient les décapitations par les islamistes, c’est louable. Mais combien de Français se sont rassemblés ou ont pétitionné pour nous défendre en 1962 – j’avais 16 ans – à notre arrivée d’Algérie (française), notre terre natale ?
Le réalisateur Bernard Murat, suivi par 66 « pros » du spectacle, appelle à soutenir les réfugiés : « Nous ne pouvons pas rester claquemurés dans l’indifférence et le silence devant la tragédie de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qui meurent, faute d’être accueillis, victimes de la barbarie… » Que n’a-t-il écrit les mêmes phrases en 1962 à l’adresse des pieds-noirs et harkis, « victimes de la barbarie » d’autres égorgeurs ?
Né en… Algérie, à Oran, mais étant depuis longtemps à Paris, il avait alors 21 ans : a-t-il été parmi la minorité de Français nous ayant secourus ou parmi la majorité de « métropolitains » qui, à l’image d’un Jean-Paul Sartre ou du socialiste Gaston Defferre, futur ministre de l’Intérieur de François Mitterrand, ont été hostiles à notre venue ? A-t-il protesté contre ce Defferre haineux ordonnant « que les “pieds-noirs” aillent se réadapter ailleurs » ? A-t-il dénoncé Jean-Paul Sartre pour ses propos sur les Français d’Algérie : « … il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre : le survivant. »(préface des Damnés de la terre, du tiers-mondiste Frantz Fanon, 1962)
Ces mêmes questions sont à poser aux pétitionnaires qui, en 1962, étaient eux aussi en âge de réagir à notre exode : Line Renaud (34 ans) ou Pierre Arditi (18 ans)… Ainsi qu’aux Français ouvrant grand leurs bras à ceux qui, c’est vrai, méritent un havre de paix. Mais où étaient-ils, ces gens si généreux aujourd’hui, si absents, si hostiles en 1962 ?
C’est un fait : les photos d’enfants (cathos, juifs, musulmans) émasculés puis égorgés par leurs amis du FLN n’étaient pas publiées mais censurées ! Et mes parents, « les oppresseurs » selon Sartre, passaient pour des gens bardés d’or après avoir fait « suer le burnous » : mon père, fort de son « certif’ de maréchal-ferrant » (et j’en suis fier) a évolué jusqu’à mécanicien sur avion et ma mère se vantait (et je l’admirais) de son « certif’ de sténodactylo ». Avec cinq fils, ils ne roulaient pas sur l’or ! Qui était là pour nous accueillir ? Toutefois, notre malheur était encore enviable face au drame des harkis qui, au lieu d’honneur, étaient honnis par ceux qui, en cette fin d’été, ouvrent leur porte aux victimes d’une même barbarie…
Mais notre plus grand tort, alors, n’était-il pas, pour l’intelligentsia, que nous tous, pieds-noirs et harkis, n’étions que de modestes… Français ?