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vendredi 25 septembre 2015

JUSTE UN RAPPEL !!! L' INTERVIEW DE CARL LANG ....



INTERVIEW DE CARL LANG POUR FRANCE TV INFO



Rédigé le Lundi 13 Avril 2015 à 11:30 |  



Jean-Marie Le Pen peut participer à la mise en place de la nouvelle droite nationale.

 « Ce qui se passe aujourd’hui est un événement aussi important que la création du Front national (...).


 C'est politiquement dramatique. 

Avec la disparition de Jean-Marie Le Pen, le contenu de son discours patriotique n’est plus défendu par personne. 

C’est la fin de quelque chose ou le début d’autre chose. 

C’est possible en créant les conditions à l’extérieur du FN ».



Interview de Carl Lang pour France TV info

Nous sommes le 9 avril 2015, jour de la parution des propos de Jean-Marie Le Pen dans Rivarol

Les réactions à l’intérieur et à l’extérieur du FN s’enchaînent. 
De nouveau, l’histoire du parti d’extrême droite attire les attentions. 
Pour s’exprimer sur cet épisode, je me suis tournée vers Carl Lang.  
Il est resté trente ans aux côtés de Jean-Marie Le Pen.
 Entré au FN en 1978, Carl Lang est délégué de l’Eure pendant les années 1980-1983. Il est nommé au Comité Central en 1982 et prend la direction du Front national de la Jeunesse (FNJ) entre 1983 et 1986. Il entre au Bureau Politique du FN en 1984. 
Conseiller régional de Haute-Normandie (1986-1992), député européen FN (1994-2009), il est nommé secrétaire général en 1988. Fin 2008, il quitte le FN et crée le Parti de la France (PDF).  
   

Entretien avec le président du PDF

   
« Ce qui se passe aujourd’hui est un évènement aussi important que la création du Front national. C’est, d’une certaine manière, la mise à mort du FN par la mise à mort politique de Jean-Marie Le Pen. 
Ce qui est incroyable, c’est que la classe politique française rêvait depuis 40 ans de liquider Jean-Marie Le Pen… et c’est sa fille qui porte le coup de grâce définitif. 
Ce doit être le summum du plaisir politique parmi les adversaires de Jean-Marie Le Pen.  
C’est du Sophocle. Ce pourrait être une poésie tragique grecque  
C’est un événement à la fois politique et humain. Madame Le Pen décide de renier politiquement et humainement son père politique et son père génétique.
 Elle n’existe au Front et elle n’y a existé que par la volonté de Jean-Marie Le Pen.
 Marine Le Pen s’est imposée au FN depuis de nombreuses années contre l’avis de beaucoup de dirigeants du parti. 
Jean-Marie Le Pen a fabriqué politiquement sa fille. Il l’a promue.
 Par elle et avec elle, il a transmis l’héritage familial. Chez les Le Pen, l’héritage c’est un bien de famille. Et elle a attendu d’avoir hérité pour l’euthanasier politiquement.  
Jean-Marie Le Pen ne peut être exclu immédiatement. La marche de manœuvre de l’actuelle présidente du FN est assez étroite. Que peut-elle faire ? En principe, et de toute manière, on est rentré dans une logique de confrontation qui ne peut que s’aggraver, me semble-t-il. Marine Le Pen peut difficilement décider d’exclure son père, suite à une déclaration qui n’est finalement rien d’autre que ce qu’il dit depuis 40 ans. Cela relève de l’hypocrisie et de l’imposture.  
Jean-Marie Le Pen est humilié et ulcéré par l’attitude de l’entourage de Marine Le Pen. Et il le signifie par ses déclarations. Il défie sa fille d’une certaine manière. 
C’est délibéré. C’est clair et net. D’où l’idée de revenir dans Rivarol sur le Maréchal Pétain, sur le principe de « réconciliation nationale » et de vouloir imposer le discours d’origine du Front. 
Marine Le Pen l’a déjà quasiment annoncé : elle désire retirer l’investiture de Jean-Marie Le Pen aux régionales.  
Deux cas de figure : soit Jean-Marie Le Pen est toujours Jean-Marie Le Pen et, dans ce cas, il continue dans sa stratégie. Il annonce qu’il sera toujours candidats aux régionales. Deuxième cas de figure : il rentre à la niche, la queue basse et il accepte. 
Ce qui me paraît à priori difficile et peu probable. S’il maintient sa candidature, Marine Le Pen doit trouver une autre tête de liste du FN face à la liste portée par Jean-Marie Le Pen.
 À partir du moment où M. Le Pen père se présente sur une liste FN non investi par sa fille, c’est la deuxième étape. Il va faire ce que j’ai fait en 2009.
 Il a les moyens financiers et politiques de rester candidat malgré tout et de lancer un appel dans sa région pour la constitution d’une grande liste de droite nationale.  
La bataille politique est perdue  
Les choses ont évolué. Les déclarations de Marine Le Pen sont définitives. Ce n’est pas une guerre mais une mise a mort politique. C’est une rupture politique. D’ailleurs, sur l’aspect politique, c’était dans l’ordre des choses. 
La logique de normalisation de Marine Le Pen conduit à la disparition nécessaire du FN de Jean-Marie Le Pen. Les évènements ont fait qu’elle choisit de se débarrasser du père.  
Reste à savoir si elle veut garder le nom FN. Son intérêt n’est pas nécessairement de liquider le FN à partir du moment où elle a liquidé son père. Jean-Marie Le Pen, lui, peut régler des comptes mais la bataille politique est perdue. C’est peut-être son dernier combat. Nous sommes dans le Front familial et non le Front national. 
Cet acte de reniement et d’hypocrisie révèle une personnalité forte à tous. Marine Le Pen considère que sa mission politique l’appelle à tuer son père. Elle a décidé d’euthanasier papa. C’est incroyable.  
Jean-Marie Le Pen a une bonne formule. Il dit : « Marine le Pen fait l’union nationale contre son père ». Elle porte le coup de grâce. Et Jean-Marie Le Pen récolte ce qu’il a semé. C’est lui qui l’a fabriquée. 
Et malgré plusieurs mises en garde, il a purgé le FN de ceux qui contestaient madame le Pen pour l’imposer en force. Ça se retourne contre lui. C’est politiquement et humainement assez extraordinaire.  
Le FN est devenu aujourd’hui un parti électoraliste, une écurie électorale. Comme tous les autres partis. J’ai toujours considéré que Jean-Marie Le Pen avait fait des erreurs médiatiques dans ses provocations. Et que la ligne politique de Marine Le Pen était de faire le FN de son père sans les provocations. Ce n’est pas ce qu’elle fait. Ça c’est ce que voulait faire Bruno Mégret. Marine Le Pen change totalement la ligne politique du FN lepéniste. Elle a transformé un mouvement de droite nationale en un mouvement souverainiste de gauche et populiste. Elle procède par démagogie.  
Florian Philippot est devenu une sorte de démon. Et au sein du FN, tous prennent leur position en fonction de l’état de l’opinion. C’est exactement le contraire de Jean-Marie Le Pen. Lui était capable de défendre ses idées même si elles n’étaient pas populaires. Sa fille défend ce qui est populaire quelque soient les idées. Elle s’en contre-fiche. C’est une professionnelle de l’électoralisme. Elle fait de très bons scores d’ailleurs.  
Les conditions sont là. À la limite, elle ne dirait rien que ce serait aussi bien. Il suffit de ramasser les fruits qui tombent tout seul. Depuis 2012, l’opposition ce n’est plus rien. Une donne nouvelle apparaît aujourd’hui : la montée en puissance de Sarkozy. Marine Le Pen a un boulevard… des conditions exceptionnelles et une stratégie mauvaise. Les gens sont déçus par la droite et la gauche. Quand on leur dit ce qu’ils ont envie d’entendre, c’est facile. Le FN porte un discours citoyen laïciste comme les autres. C’est électoralement efficace. On ne peut pas faire le reproche à Jean-Marie Le Pen de faire un discours par démagogie. Il l’a toujours fait par conviction. Le rêve des socialistes était de faire un second tour avec Marine Le Pen. Aujourd’hui, je considère que c’est mort. Il y aura un deuxième tour FN-Sarkozy.  
Je suis le seul cadre de l’histoire à avoir été exclu tout seul. Jean-Marie Le Pen a été mon juge d’instruction, le président du tribunal, le jury et l’exécuteur.
 Mon exclusion s’est déroulée en quelques minutes face à un homme et sans aucune convocation des instances du FN. 
Il ne voulait pas prendre de risque d’une abstention. 
Le seul moyen était de faire l’unanimité.  
Ce qui se passe aujourd’hui est politiquement dramatique.

 Avec la disparition de Jean-Marie Le Pen, le contenu de son discours patriotique n’est plus défendu par personne. C’est la fin de quelque chose ou le début d’autre chose. 
C’est possible en créant les conditions à l’extérieur du FN. Tout s’est décidé en 2007 quand Jean-Marie Le Pen a dégagé Bruno Gollnisch de la Délégation générale pour y mettre sa fille.

 C’était la donation avant la succession. Tous les opposants à Marine Le Pen ont été purgés. 
Ce qui se passe était donc écrit et annoncé depuis des années.  
Le FN est aujourd’hui un parti électoraliste sur le fond et sur la forme. C’est Marine Le Pen qui donne les mandats, les postes. Elle a le financement. En fonction de ce que va faire Jean-Marie Le Pen, elle va mesurer la qualités de ses amis. 
Je n’ai pas suivi Bruno Mégret en 1998 car je n’avais pas de désaccord politique de fond avec Jean-Marie Le Pen même si, comme Bruno Mégret, je considérais que les provocations lepénistes étaient nuisibles.
 Mais cela, c’était la forme des choses. Jean-Marie Le Pen défendait des valeurs qui étaient les miennes. Cela n’a pas changé.  
Aujourd’hui, Jean-Marie Le Pen peut participer à la mise en place de la nouvelle droite nationale. Il a la possibilité de redistribuer politiquement les cartes. Je ne suis pas fermé à la constitution d’un rassemblement national. 
Même si, personnellement, la rupture est consommée. Mais en termes politiques, c’est différent. Rien n’est à exclure. Je crois que les idées de Jean-Marie Le Pen sont conformes à l’intérêt du pays. Il existe un potentiel, un espace électoral. Il faut en trouver un politique et médiatique. 
Jean-Marie Le Pen n’a plus qu’à le créer. Et la clé, c’est l’argent.  

http://www.parti-de-la-france.fr/Interview-de-Carl-Lang-pour-France-TV-info_a630.html




ET AUSSI





CARL LANG, L’HOMME QUI ESPÈRE RÉCUPÉRER LES DÉÇUS DE MARINE LE PEN


Rédigé le Mercredi 23 Septembre 2015 à 09:24 |  

La disgrâce de Jean-Marie Le Pen aurait-elle eu pour effet de faire sortir Carl Lang de l’ombre?

 L’ancien secrétaire général du Front national, poussé dehors en 2008, verrait bien sa petite boutique du Parti de la France, 2000 adhérents, devenir « la structure d'accueil naturelle » des déçus de Marine Le Pen. 

L'intéressé, 58 ans, kiné le matin et homme politique l'après-midi, s'est fixé l'objectif de doubler ses effectifs en deux ans.





Carl Lang, l’homme qui espère récupérer les déçus de Marine Le Pen
Carl Lang avait adhéré au FN en 1978 « par anticommunisme et patriotisme » et face à « la droite faisandée et décadente de Giscard », à l’époque où Jean-Marie Le Pen apparaissait comme un possible « Reagan français »



Elu trois fois député européen, trois fois conseiller régional de Haute-Normandie puis du Nord-Pas-de-Calais, il voit sa carrière interrompue brutalement pour avoir défié Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais. 


Il part en 2009 fonder le Parti de la France avec des « historiques », des « durs de durs » comme Martine Lehideux, Bernard Antony, Martial Bild, Fernand Le Rachinel (l'ex financier du FN) et les anciens députés Roger Holeindre, Pierre Descaves (décédé en 2014), Jean-Claude Martinez et Christian Baeckeroot. 

Pour tous ceux-là, Marine Le Pen n’est qu’une « usurpatrice »« inapte à la gestion d’un parti, encore moins d’un pays », dit Carl Lang, qui la décrit comme « dangereuse, violente, brutale, méprisante», ayant «une gestion tyrannique du FN »

Mais pas Jean-Marie Le Pen, qui l'a pourtant poussé dehors ?« Il pouvait être autoritaire et cassant », reconnaît Carl Lang. 

Mais à l’entendre, en ces temps de « dédiabolisation », le « diable » du Front national serait une diablesse, et la rupture entre le père et la fille restera selon lui pour Marine Le Pen « une souillure morale », alors que son père « l'avait imposée contre vents et marées » à chaque échelon du parti. 


Ce qui lui fait ajouter, dans un alexandrin involontaire : « Il a creusé le trou dans lequel elle le jette. » 



Pire encore, aux yeux de Carl Lang, Marine Le Pen « est de gauche, pas de droite. Elle n’est pas légitime pour défendre les idées de la droite nationale.

 C’est une souverainiste réfugiée dans le populisme démagogique. Ses idées ne correspondent pas à celles du parti pour lequel votent ses électeurs. 
En 2007, elle a entraîné son père dans une campagne à la tonalité chevènementiste alors que Florian Philippot n'était pas encore arrivé »


Il lui reproche aussi de ne pas s’être associée aux manifestations contre le mariage homosexuel: « C’était le plus grand mouvement de protestation depuis les manifs pour l'école libre en 1984, accuse Carl Lang, et elle a réussi l’exploit de ne pas s’y associer. 
C’est une immense faute politique.» 
 


En face d’elle, Carl Lang, qui n'avait pas été choqué par l'interview de Jean-Marie Le Pen à Rivarol , veut « incarner la vraie droite »

Dans le programme de son parti, il écrit: « Le gouvernement de gauche organise la liquidation de la France française, de la France chrétienne, de la France de l’entreprise, du travail et de l’épargne. 

La persécution fiscale des ménages et des entreprises, le laxisme judiciaire, les naturalisations massives d’étrangers, le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, l’aggravation de la colonisation migratoire de notre pays et les gaspillages publics d’un pouvoir irresponsable sont des mesures de destruction de la France. »


 Il ajoute qu'il « revendique de représenter la droite nationale et la droite des valeurs, pour laquelle il y a un espace politique d’autant plus large que Marine Le Pen dérivera ». 


En fin d’année, il lancera « une première campagne de sensibilisation auprès des maires », dans l’espoir de recueillir les 500 parrainages. Sans conviction. 

En revanche, il entend présenter une centaine de candidats aux législatives, qui permettent de bénéficier du financement public. 

Aux départementales, les binômes du Parti de la France ont obtenu entre 1,5% et 4,3% des voix, avec un pic à 16% dans un canton de Charente où le FN ne présentait pas de candidats. 


Carl Lang a-t-il revu Jean-Marie Le Pen ? « Le contact a été rétabli », répond Lang.

 Le 5 septembre, à Marseille, certains de ses hommes, avec ou sans crâne rasé (« des voltigeurs de pointe », dit-il) assuraient le service d'ordre du déjeuner du fondateur du FN. 

Mais, affirme Carl Lang, « je ne pouvais pas engager davantage le parti »

Question subsidiaire: Le Pen pourrait-il, en 2017, appuyer une candidature Lang rien que pour tenter d'empêcher sa fille d'être au second tour de la présidentielle ? 

Pour l'instant, Jean-Marie Le Pen a choisi le combat au sein du FN. 

Mais pour Carl Lang, « tout est possible »