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mardi 29 septembre 2015

COMPRENDRE: POURQUOI ILS FONT LE DJIHAD ???


POURQUOI ILS FONT LE DJIHAD - Enquête sur la génération Mérah

POURQUOI ILS FONT LE DJIHAD

 

Enquête sur la génération Mérah



le 
 

Peut-on comprendre pourquoi et comment cet ouvrage génère une impression déplaisante ?

 Serait-ce la suffisance de l'auteur auto-présente, avec insistance, comme le meilleur spécialiste sur le sujet abordé, le seul apte à comprendre le phénomène dans son ensemble pour l'avoir ausculté sur le terrain, en journaliste-enquêteur ?


 Ne se pique-t-il pas aussi de la plus fine qualité d'expert en psychologie ? 


Mais la démarche choisie peut certainement participer aussi à la désagréable sensation provoquée.

Le questionnement, sans nette forme interrogative grammaticalement achevée, que prend le titre de ce bouquin, peut paraître intéressant, tant le sujet interpelle, étonne, et surtout inquiète. 



Il semblerait même intelligent pour annoncer une enquête sérieuse, vers une réponse constructive ; mais n'annonce-t-il pas plutôt une spécieuse possibilité de relativisation du phénomène investi, voire une recherche de dédouanement, de déresponsabilisation de cette masse croissante d'intéressés déviants, coupables potentiels, terroristes djihadistes en devenir  ? 


On chercherait à développer une victimisation de ces criminels programmés! Ils ne seraient que le fruit bien mûr d'un faisceaux de causes qu'ils subissent, et qui exacerbe, dans leur « innocence naturelle »,  leurs troubles ressentis et leurs compréhensibles créations !

Et alors ce qui devait arriver, advient. Ce qui se trame dans nos banlieues, arrive selon une sorte d'évolution logique d'une société malade, société par qui tout le mal constatable s'expliquerait. 

Elle aurait suscité l'irrémédiable, en trop laissant pourrir les odieuses situations ; elle est essentiellement responsable et coupable des déviances, de la radicalisation islamique des pauvres chéris laissés pour compte : ils furent si mal protégés, mal encadrés, mal éduqués, mal intégrés ! 



Totalement aveugle, cette bien pratique société a permis aussi que des modèles détestables puissent se proposer en odieux exemples consacrant les réussites par trafic, par violence et voyoucratie.

 Les profits immédiats faciles et les renommées des hauts délinquants qui ravissent les médias, sont autant de miroirs aux alouettes pour ces déboussolés. 

La police tente au mieux d'accomplir son sacerdoce, mais elle a toujours manqué de moyens indispensables au succès de sa mission ; pareillement, la justice, même en corrigeant son intrinsèque indolence,est débordée et ne peut juguler la désastreuse évolution de tous ces caïds de cités en postulants djihadistes : les procédures ne cessent de se complexifier et, en alourdissant le dispositif, entravent un peu plus le meilleur fonctionnement de services républicains indigents ;tout empêche une prévention efficace.

Les jeunes allogènes, déracinés dans ces banlieues sordides, inhumaines, confrontés à toutes ces carences administratives, totalement abandonnés, et perdus sans repères salvateurs, face à un vide angoissant, comment pourraient-ils réagir sainement, sans milieux familiaux sécurisants, sans biotope apaisant, sans cadre national encourageant ? 

Dans une éperdue recherche d'identification éthno-culturelle, ces incompris que rien ne peut stabiliser, auxquels aucun lendemain attractif ne peut être proposé, sont indirectement mais inexorablement poussés vers le djihadisme sublimé par des propagandistes non inquiétés et recruteurs patentés. Ne peuvent que plaire les suggestions éthnico-religieuses et promesses merveilleuses, si fallacieuses, pour des lendemains plus enchanteurs. 

Ailleurs, ils pourront exploiter leurs aptitudes à la violence, leur expérience de petits caïds, assouvir aussi leur vengeance contre cet état français qui les a trompés en ne tenant pas ses promesses ; ils lui reprochent son abominable passé colonial, sa culture dominatrice, ses valeurs si différentes de celles qu'un islam forcené proclame ; ils connaissaient bien mal ou si peu l'islam, mais ils ont trouvé la révélation dans son expression la plus radicale parce que celle-ci n'est qu'exclusion et haine et parce qu'elle se veut prosélyte et conquérante. 
Qu'ils agissent selon ses préceptes leur sera pleinement profitable : ne deviennent-ils pas de saints guerriers, peut-être même atteindront-ils le statut de martyrs pour ce bien flou Allah très grand, si transcendant !

Quoi qu'il en soit, en France, comme ailleurs en Europe aussi, les foyers de migrants d'origine musulmane, non seulement produisent et produiront un nombre de radicalisés, prêts à un farouche engagement djihadiste, mais encore, peut-on constater que leur nombre croît. Ils contaminent même d'ex non-musulmans tout aussi croyants et haineux. 

Et même si l'on peut douter de l’efficience des services de prévention, à cause d'idéologies perverses, de politiques courbes et d'intérêts louches, cela peut-il dédouaner la responsabilité de ces fous de Dieu en devenir ? 

Incontestablement, l'ennemi terroriste est là, il commence à apeurer, mais s'il faut le dénoncer, malgré le politiquement correct et son laxisme permanent qui jugule la dénonciation de délaissés, comment reconsidérer l'épineux problème et ses ignobles conséquences en accusant ces vecteurs d'abominable terrorisme ?



Alors, sous l'habile protection d'un pléthorique maillage de pseudo témoignages, que dire de la collaboration de l'auteur à la désinformation méticuleusement servie ? 
C'est la sacro-sainte révélation, fort alimentée, d'un complot facho-islamiste, anti-sioniste, anti-sémite. 

Ce seul aspect détermine, sans contestation possible, toute l'hyper-dangerosité de nos aspirants djihadistes que nous avons tant choyés et si excusés jusque là.

Cet écrivain journaliste, soi-disant enquêteur méticuleux de terrain, mais véhément donneur de leçons de morale, tenterait-il maintenant de brandir la thèse que le prétendant au djihad de nos banlieues ne serait pas si abominable sans les Dieudonné et autres immondes contestataires de la doctrine officielle ?

Or, à quoi cela rime-t-il de rejeter l'abominable responsabilité du phénomène djihadiste, chez nous, sur la société, ses erreurs, ses carences, ses incohérences et en charger sa gouvernance, quand il semble pour cet acteur qu' il ne peut, à l'évidence, pas s'extirper de l'irresponsabilité générale qu'il fustige pourtant : puisque, dans un second temps, seuls ces ignobles incitateurs, ces infâmes paraissent, selon sa profonde réflexion, les vrais coupables du fondamental problème djihadiste actuel et de tous ses abominables excès.


 Pour lui, ces malfaisants absolus ne cessent d'utiliser la détresse de pauvres âmes, de surfer sur leurs échecs, de jouer de leur dramatique et pitoyable mal-être ; il attisent ignoblement leur haine et les conduisent sûrement au fatalisme.


Maintenant évacués ces étonnants choix d'angle d'approche du phénomène djihadiste, et, dès lors que sont circonscrites les sources du malaise généré par la démarche intellectuelle de ce livre, la stricte étude se trouve libérée et le vrai traitement du sujet annoncé commence. Plus désormais de gêne, alors plus aucune retenue ! Peuvent se relever bon nombre d'informations sûres, sérieuses, et quelques réflexions pertinentes. 

On trouve une exposition claire des méthodes et mécanismes utilisés par les convertis à l'islam djihadiste pour former des cellules d'abord dormantes, pour intégrer des réseaux parfaitement organisés, utiliser leur compétence de voyous, de repris de justice, dans l'action discrète, la préparation méticuleuse de projets criminels. 

Après avoir déjoué les surveillances pour partir au Sham maintenant, avant c'était pour l'Afghanistan, la Tchétchénie...., pour rejoindre les frères, et se former à toute les exactions possibles après leur retour en Europe.

Sans désormais ménager les impétrants terroristes, contempteurs haineux d'Occident, en insistant avec une hargne toute neuve sur le danger qu'ils représentent, se détaille une histoire de terrorisme djihadiste qui a débuté bien avant la date fatidique du 11 septembre : différentes étapes successives montrent bien une évolution certaine, avec une belle aptitude à l'adaptation aux nouvelles situations et une science achevée de l'utilisation des nouvelles données. 


Il y a loin entre Jérôme Courtailler, Lionel Dumont, et Kaled Kelkal, entre Kelkal et Mohamed Merah, entre Merah et les Karachi et Coulibaly, de 1995 à 2015, mais c'est toujours les mêmes motivations, pour de semblables objectifs.

Ensuite, peu d'humilité vraiment pour se répandre avec insistance en avertissement prophétiques, recommandations impératives, conseils et incitations données aux professionnels des prévention, suivi et contrôle ! 

L'auteur ne s'est-il pas toujours présenté comme le connaisseur suprême du phénomène suivi et étudié sur « le terrain », et autoproclamé infaillible hyper-expert en prévention du terrorisme djihadiste ?

Quand trouvera-t-on plus de détermination pour enfin aborder convenablement le grave sujet de l'islam intégriste chez nous, pourvoyeur de vagues de terroristes djihadistes prêts à partir pour se forger une âme de criminel religieux, une renommée ! Par le meurtre et le sang répandu !

Bien que la conclusion à l'émotion magnifiquement travaillée puisse tomber plus pitoyable qu’apitoyant, elle restera d'un niveau bien supérieur à celui de la longue analyse alambiquée que Jean Paul Ney a tenu à proposer ? 
C'est enfin concis, direct ; finies les précautions, les circonvolutions. 

Des coupables, jusqu'ici noyés dans une généralisation sociétale, sont dénoncés, malgré le camouflage d'idéologie humaniste, de moralisme bienséant, pour leurs calculs minables. 

Les risques apparaissent trop immenses et imminents !


Jean-Paul NEY, Pourquoi ils font le djihad, Enquête sur la génération Mérah, Éditions du Rocher, août 2015, 262 pages – Prix : 19 Euro

Source et publication:  http://metamag.fr/metamag-3223-POURQUOI-ILS-FONT-LE-DJIHAD-Enquete-sur-la-generation-Merah.html