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vendredi 31 juillet 2015

L' INFLUENCE DU CATHOLICISME.......

L’influence du catholicisme sur la qualité de vie


La tradition catholique pourrait avoir une influence bénéfique sur la qualité de vie d’une région.

Professeur honoraire 
 


Une étude, publiée dans Les Échos du 16 juillet 2015, mesure la qualité de vie dans plus de trois cents bassins d’emploi en France. Elle prend en compte neuf critères : la croissance de la population, l’espérance de vie, le revenu des ménages, la pauvreté, les familles monoparentales, le chômage, les salariés précaires, les diplômés du supérieur et les licences sportives. 

On ne s’étonne guère que le Genevois soit premier du classement général, avec le plus faible niveau de pauvreté et la deuxième meilleure croissance démographique, malgré le nombre important de familles monoparentales. Ni que Lens-Hénin se situe à la dernière place avec un taux important de chômage. Il est plus surprenant de constater que la Bretagne s’en sort globalement bien, tandis que la Côte d’Azur figure dans la dernière partie du peloton.

Sans doute certains des critères retenus sont-ils interdépendants, le revenu des ménages étant en relation directe avec le chômage, par exemple. En outre, on peut rester dubitatif devant la tendance à tout traduire en chiffres, comme si la qualité de vie pouvait se calculer mathématiquement et qu’il suffirait de remédier aux critères déficients pour rendre heureux les hommes. 

Ce genre d’étude reste cependant instructif pour qui souhaite mieux connaître la situation sociologique du pays et chercher des solutions pour tenter de l’améliorer. Hervé Le Bras, auteur d’un Atlas des inégalités – Les Français face à la crise, apporte à cette analyse un éclairage original : selon son interprétation, « les zones qui vont à peu près bien en France sont, non pas les régions avec une forte tradition d’intervention de l’État, mais d’anciennes zones religieuses où le catholicisme était une résistance à l’État. On y trouve plus de solidarité, plus de pratique associative. Le tissu de solidarité s’est donc maintenu. »
 
Ainsi donc, si ce constat est vérifié, la tradition catholique pourrait avoir une influence bénéfique sur la qualité de vie d’une région. Celles qui ont toujours été du côté républicain, depuis la révolution de 1789, « attendent beaucoup de l’État, sans doute trop maintenant où l’on souhaite plutôt des initiatives et des innovations ». Voilà de quoi bousculer les idées reçues et faire réfléchir nos responsables politiques. 

Le catholicisme, longtemps considéré comme conservateur, serait porteur dans la société de valeurs de solidarité. Bien plus : ces valeurs s’inscriraient historiquement dans les mentalités et seraient mises en œuvre plus efficacement dans des régions de tradition catholique que dans les autres.

On peut sans doute en tirer la conclusion que les défenseurs des valeurs républicaines auraient tort de considérer les valeurs chrétiennes comme concurrentes. Celles-ci nourrissent au contraire l’esprit de solidarité, de tolérance et même de laïcité – qu’il ne faut pas confondre avec un laïcisme militant. Les zones où l’État intervient beaucoup auraient une propension pour l’assistanat, sans que l’individu soit suffisamment sollicité pour se reprendre en main et améliorer sa situation en bénéficiant du soutien actif de ses concitoyens. 

Plus généralement, on peut penser que l’Europe, devenue un machin technocratique, est en déficit d’âme. Ne devrait-elle pas commencer par renouer avec ses racines chrétiennes et les reconnaître ? 

Quand on fait table rase du passé, on ne peut construire que du précaire et de l’inhumain.