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vendredi 31 juillet 2015

IMMIGRATION, INVASION ! TRIBUNE LIBRE !

L’invasion 


Ils arrivaient par petits groupes, par clans, par tribus, sans armes et sans intentions hostiles, en quête d’asile, de terre, de stabilité. Puis ce furent des peuples entiers qui se lancèrent dans de grandes migrations.

 
Journaliste et écrivain 
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais. Co-fondateur de Boulevard Voltaire, il en est le Directeur de la Publication
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Bien loin de haïr Rome, ils l’admiraient – de loin. Le renom de la ville incomparable avait depuis longtemps gagné jusqu’aux confins du monde. Ses monuments, ses forums, ses avenues, son confort, ses fastes, ses richesses enchantaient leurs rêves.
C’est tout naturellement qu’ils traversèrent les forêts, qu’ils franchirent les fleuves, qu’ils escaladèrent les palissades, qu’ils se présentèrent à la porte des fortins qui marquaient la frontière de l’Empire.
Ils arrivaient par petits groupes, par clans, par tribus, sans armes et sans intentions hostiles, en quête d’asile, de terre, de stabilité. Puis ce furent des peuples entiers qui se lancèrent dans de grandes migrations, chassés de leurs terres natales par la misère, la faim, la guerre, fuyant devant la poussée d’autres peuples belliqueux et sauvages.


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Au mépris de l’humanité la plus élémentaire, sans égard pour le caractère pacifique de ces incursions, la République romaine avait opposé ses lois et ses légions à ces populations déplacées. Marius, pour avoir écrasé et exterminé les Cimbres et les Teutons en fut récompensé par les honneurs du triomphe.
Victime de son immensité et de sa prospérité, l’Empire fut bientôt en quête de bras pour son agriculture, de recrues pour ses armées, d’enfants pour le renouvellement des générations. 
L’habitude se prit d’installer les nouveaux venus sur les territoires désertés, de les installer sur des colonies, d’en faire les gardiens d’un limes devenu poreux, d’en faire des alliés, des auxiliaires, des citoyens romains, de leur conférer honneurs et commandements.
Vint le temps où les visiteurs ne prirent plus la peine de demander une permission pour s’établir, où ils ne virent plus pourquoi ils mourraient pour une patrie qui n’était pas la leur. 
Vint le temps où ils s’aperçurent qu’ils étaient plus jeunes, plus combatifs et plus nombreux que leurs hôtes et où ils commencèrent à s’emparer par la force de ce qu’on était d’ailleurs tout prêt à leur laisser de plein gré. Les arrêtés, les décrets et les lois des préfets, des consuls et des empereurs mêmes devinrent lettre morte. On ne savait plus où les loger, comment les employer, comment les assimiler. Ils se logèrent tout seuls, ils trouvèrent tout seuls un emploi à leur force, ils imposèrent leurs mœurs, leur langue, leurs croyances et leur domination à leurs anciens maîtres.

 Vint le temps où ils firent main basse sur Rome, mais où Rome n’était plus. 

Il va de soi que toute ressemblance entre ces époques lointaines et la nôtre ne saurait qu’être fortuite et dépourvue de toute signification comme de toute exemplarité.