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vendredi 31 juillet 2015

BRETAGNE : LA LISTE " TROADEC " BAT DE L' AILE ......

Carhaix. A peine lancée, la liste « Oui la Bretagne » bat déjà de l’aile.

regionales
31/07/2015 – 07h00 Carhaix (Breizh-info.com) –  

Certains observateurs politiques y voyaient un « accord historique pour la Bretagne ». Force est de constater que la plateforme « Oui la Bretagne » pilotée par Christian Troadec, maire de Carhaix, pour les élections régionales, semble déjà battre de l’aile, moins d’un mois après son lancement.

Il est vrai que – selon que l’on soit de gauche, de droite ou du centre – les ralliements à la plateforme se justifient différemment. 

Pour l’UDB, l’Union Démocratique Bretonne, les choses sont claires : son jeune porte-parole Nil Caouissin prône toujours publiquement la lutte des classes et souhaite participer à une plateforme « de gauche progressiste ».
lutte_classes
Pour le Parti Breton, classé au centre-droit, cette plateforme avait plutôt vocation à rassembler toutes les énergies , au delà des étiquettes politiques, au service d’une Bretagne libérée. C’est d’ailleurs ce qu’avait rappelé Yves Pelle, son président, dans une interview qu’il nous a accordée récemment.
Ce dernier a récemment provoqué la colère des responsables de l’UDB, notamment pour cela. 

Tout ce qui n’est pas à gauche est forcément d’extrême droite si l’on en croit Gaël Briand, membre de l’UDB et rédacteur en chef du mensuel « Le Peuple Breton ». 

L’UDB en a d’ailleurs profité pour rappeler que le Parti Breton n’était pas membre officiel de la plateforme « Oui la Bretagne », laissant ainsi planer publiquement le doute sur cette alliance.
 briand
Outre ces attaques , c’est également sur le fond des idées qu’une profonde différence apparait, entre les composantes de « Oui la Bretagne ».  Christian Troadec n’hésitait pas il y a quelques jours à attaquer le Parti Socialiste mais aussi la majorité de gauche (dont l’UDB fait partie) au conseil régional de Bretagne sur sa gestion de la crise concernant les éleveurs et l’agriculture. Ceci lui a valu réprimande et condamnation de la part de Pierrick Massiot himself.
briand
Dans le même temps, Nil Caouissin, sur le site du Peuple Breton, fustige là encore Yves Pelle et le Parti Breton qui auraient commis la faute grave de critiquer la gestion budgétaire du Conseil Régional de Bretagne.  « Alors que la Région Bretagne était peu endettée, le déficit a explosé sous les présidences PS de Le Drian et Massiot ». Ce sont les mots du Parti breton. Que tʼinspirent-ils ? » demande le mensuel de gauche . 
 Et Nil Caouissin de répondre  : « Cʼest soit de la méconnaissance, soit de la mauvaise foi […] On retrouve là un vieux thème de la droite libérale : les investissements publics seraient forcement inutiles, du gaspillage […] Lʼéconomie de marché ne va pas créer elle seule, par génération spontanée, les secteurs économiques et les infrastructures qui nous manquent.».

Rappelons que Christian Guyonvarc’h est rapporteur du budget de la Région Bretagne et que Mona Bras tout comme Naig le Gars sont conseillers régionaux dans la majorité de gauche …tout en étant membre de l’UDB.

Face à ces attaques, le Parti Breton a demandé à Christian Troadec de réagir publiquement, ce qui se fait pour le moment attendre. Difficile pour le maire de Carhaix de réussir à concilier l’inconciliable, c’est à dire une gauche dure et versée avant tout sur l’idéologie et la posture , avec un centre plus ancrée dans le réel et acceptant d’aborder les questions sociétales, y compris « celles qui fâchent » . D’autant plus difficile qu’il s’avère compliqué de faire confiance à une équipe dont une partie travaille déjà à l’heure actuelle avec la majorité PS au Conseil Régional.

Christian Troadec est dans une position très inconfortable. Cette crise interne symbolise même un manque d’autorité, au delà de Carhaix, pour celui qui prétend également être candidat à l’élection présidentielle. 
L’électorat « Bonnets rouges » , sensible à la Bretagne, ainsi qu’au « vivre, décider et travailler au pays » ne se retrouve pas, majoritairement, dans l’idéologie progressiste à la sauce UDB (les résultats électoraux de cette formation ces dernières décennies le montrent d’ailleurs parfaitement).
Le baron du Poher semble néanmoins vouloir continuer à travailler et se laisser guider par cette minorité qui ne représente plus grand monde.

Or,  dans le même temps sur sa droite, des personnalités (proches de l’Institut de Locarn, du Parti Breton, de la société économique bretonne, des petites entreprises, en passant par certains comités des Bonnets rouges encore vivaces) ne demandent qu’à le suivre ou à l’épauler sur des bases libérées du socialisme archaïque du 20ème siècle.
Sans un recadrage et un éclaircissement rapide, le risque est désormais grand de voir le projet « Oui la Bretagne » capoter  hormis sans doute en Centre-Bretagne. 

Cela pourrait amener de potentiels soutiens à se tourner vers des listes plus traditionnelles, comme celle de Marc Le Fur et de Républicains pour les plus régionalistes ou celle de Gilles Pennelle et du Front national pour ceux qui veulent « rompre avec ce système ».

L’élection régionale de décembre 2015 se jouera sur le rejet – ou sur l’adhésion – à la politique menée par la majorité socialiste et ses alliés (UDB et EELV compris) en Bretagne depuis deux mandats, mais également sur les conséquences de la politique nationale gouvernementale. 

Certains paris semblent dès lors plus risqués que d’autres …


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