Google+ Badge

mercredi 1 avril 2015

ÉDUCATION NATIONALE : LE COMMUNIQUÉ DE SOS ÉDUCATION !



Madame, Monsieur,
chers amis,

Il y a quelques semaines, le gouvernement répétait que la maîtrise de la langue française et la restauration de l'autorité des professeurs étaient la priorité des priorités en matière d'éducation.

Les savoirs fondamentaux étaient sortis du placard... on allait voir ce qu'on allait voir !

Eh bien, on a vu : le projet de réforme du collège, que vient de présenter la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem ne comporte pas la moindre trace de ces belles intentions.
Au contraire, le train de mesures annoncées est tout entier inspiré par l'idéologie des pédagogues qui ont sapé l'école depuis une quarantaine d'années.

Jugez-en plutôt :

- il s'agit avant tout, au détriment des horaires de français, d'histoire ou de mathématiques, de réinstaurer les "enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI)". Vous avez bien lu... les "pédagogies de projets", ces vieilles usines à gaz, déjà testées et abandonnées en 1973, c'est là tout le cœur de la nouvelle réforme ! Concrètement, on va demander aux professeurs de saupoudrer un peu de leur matière sur des thématiques telles que le "développement durable", ou bien "communication et citoyenneté".

Qui peut croire qu'on s'attaque ainsi aux vrais problèmes, alors que dans les collèges des zones d'éducation prioritaire, près de 60% des élèves sont complètement illettrés ?

- il s'agit ensuite d'avancer la pratique de la LV2 (langue vivante 2) à la classe de 5ème, à raison de deux heures par semaine. Tous les spécialistes s'accordent sur le fait que ce volume horaire est bien trop faible pour espérer faire apprendre aux élèves une nouvelle langue.

La plupart ne maîtrisent déjà pas correctement le français ! Et pour financer cette mesure, le ministère a dû déshabiller le nombre d'heures consacrées à la LV1. Quand on voit le niveau des jeunes Français en anglais, qui ne cesse de baisser, on se dit que franchement, c'est le grand n'importe quoi à tous les étages.

- il s'agit enfin de supprimer les filières européennes, ainsi que l'enseignement du grec et du latin, au motif que ce sont là des options "élitistes".

On lutte encore contre les inégalités en nivelant par le bas, c'est-à-dire en empêchant les bons élèves, surtout dans les quartiers défavorisés, de se rassembler pour bénéficier de conditions d'enseignement à peu près correctes.

Et au passage, on tente de faire un peu plus oublier aux enfants d'où ils viennent, pour mieux leur laver le cerveau avec les manuels d'histoire et de littérature "revisités" que le Conseil Supérieur des Programmes est en train de préparer...

Ce qui est en train de se passer est très grave, car avec le latin et le grec, de nombreux collégiens (plus d'un demi-million chaque année, tout de même) avaient la chance de pouvoir comprendre l'orthographe des mots, travailler la grammaire, étudier les auteurs classiques, bref, tout ce qu'ils font malheureusement de moins en moins pendant les cours de français.

On raconte que les élèves ne s'intéressent plus aux langues anciennes, mais ce n'est pas vrai : à preuve, dans l'académie de Créteil par exemple, de 2000 à 2009, les effectifs inscrits en latin et en grec ont augmenté de plus de 40% !
Ces cours sont pour les collégiens et lycéens l'opportunité de passer plus de temps pour apprendre et réussir, souvent en petits groupes et dans une atmosphère de travail sereine.

 De plus, étant souvent nés de parents étrangers, ils sont heureux de pouvoir découvrir et partager avec leur famille, qui ne les connaissent pas, les apports de l'Antiquité à la culture française. N'est-ce pas là pour eux une merveilleuse voie d'intégration ?

Partout, des initiatives remarquables fleurissent pour transmettre ce patrimoine : l'enseignement du latin comme une langue vivante, par exemple, qui avait été initié dans les années 50, recommence à se répandre en France.
Ou encore, le festival européen latin grec, qui avait lieu la semaine passée à Lyon : quand on a vu, devant une scène de théâtre, des adolescents rire aux éclats devant leur camarades déguisés en Romains et jouant en latin une comédie de Plaute, on ne peut plus douter que les langues anciennes aient encore un bel avenir devant elles !

Nous devons absolument nous mobiliser pour sauver ce qui fonctionne encore dans l'Éducation nationale. Alors, dès aujourd'hui, je vous invite à signer cette pétition pour demander au ministre de revenir sur sa décision d'éradiquer le latin et le grec. Le concours de recrutement des professeurs de lettres classiques est en passe d'être lui aussi supprimé.

Si nous n'agissons pas maintenant, c'est toute la transmission des humanités qui sera menacée, et surtout, ce sont des centaines de milliers de jeunes qui vont être privés de la possibilité de s'en sortir grâce au latin. Pour eux, je vous en prie, signez cette pétition initiée par un groupe de jeunes professeurs de lettres classiques courageux, et partagez-la auprès de tous vos amis.

Je vous remercie.
Claire Polin
Présidente de SOS Éducation

P.S. : Vous avez peut-être vu que plusieurs parlementaires ont interpellé Najat Vallaud-Belkacem au sujet de la suppression des langues anciennes : il faut absolument que nous soyons des dizaines de milliers à les soutenir pour faire reculer les idéologues du ministère. Signez dès maintenant cette pétition, et faites-la suivre à tout votre carnet d'adresse !



logo de SOS EducationSOS Éducation - Association Loi 1901, d’intérêt général
120 boulevard Raspail, 75006 Paris, France
Tél. : 01 45 81 22 67 - Fax : 01 45 89 67 17